UNOG - United Nations Office at Geneva

06/04/2026 | News release | Distributed by Public on 06/05/2026 00:08

L’océan sous la loupe de la plus vaste évaluation jamais réalisée

Dans les salons lambrissés de l'Explorers Club, à Manhattan, les portraits des grands explorateurs du passé observaient mardi soir une assemblée tournée vers l'avenir.

Diplomates, scientifiques et défenseurs des océans s'y étaient réunis pour découvrir les premiers enseignements de l'Évaluation mondiale de l'océan, un rapport colossal que plusieurs intervenants n'ont pas hésité à qualifier du « livre potentiellement le plus important jamais écrit sur l'océan ».

Ce document de 1 600 pages, qui sera publié le 8 juin à l'occasion de la Journée mondiale de l'océan, est le fruit de plus de cinq années de travail mené par 550 experts originaires de 86 pays. Son ambition, dresser le tableau le plus complet possible de l'état de l'océan mondial, des menaces qui pèsent sur lui et des réponses nécessaires pour enrayer sa dégradation.

Pour Steven Hill, Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux affaires juridiques, le rapport délivre un constat sans ambiguïté : « la science est indispensable ».

Selon lui, cette somme de connaissances fournit les outils nécessaires pour comprendre « les profondes transformations en cours, qu'il s'agisse des changements provoqués par le climat ou de l'érosion de la biodiversité, et pour élaborer des réponses efficaces à l'échelle locale comme à l'échelle mondiale ».

© Mission permanente des Pays-Bas auprès de l'ONU De gauche à droite : Bahia Tahzib-Lie, représentante permanente adjointe des Pays-Bas auprès des Nations Unies, Richard Vevers, fondateur de The Ocean Agency, Sylvia Earle, océanographe, et Fabien Cousteau, défenseur des océans, à l'Explorers Club de New York, le mardi 2 juin 2026.

L'immensité de l'inconnu

L'évaluation rappelle toutefois à quel point la connaissance des océans demeure incomplète. De vastes régions marines, notamment les grands fonds, restent encore largement inexplorées.

La célèbre océanographe Sylvia Earle, qui participait à l'évènement, a insisté sur cette réalité.

« Une autre tâche essentielle, qui remplira encore de nombreux volumes, consiste à mesurer l'étendue de ce que nous ignorons encore », a-t-elle déclaré.

Reprenant une formule souvent attribuée à Mark Twain - « Ce qui nous attire des ennuis, ce n'est pas ce que nous ignorons. C'est ce que nous tenons pour acquis alors que c'est faux » - Mme Earle a rappelé que les scientifiques disposent aujourd'hui d'un savoir sans précédent, tout en restant confrontés à d'immenses zones d'ombre.

« Nous ne devrions pas être trop présomptueux au point de croire que nous détenons toutes les bonnes réponses », a-t-elle ajouté.

© Mission permanente des Pays-Bas auprès de l'ONU Steven Hill, Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux affaires juridiques, lors du lancement en avant-première de la troisième Évaluation mondiale de l'océan, à l'Explorers Club de New York, mardi 2 juin 2026.

Une course contre la montre

Car le diagnostic est désormais suffisamment clair pour imposer l'action.

« Le savoir, à lui seul, ne suffit pas », a averti Steven Hill. « Nous sommes à un moment où les écosystèmes marins s'approchent de seuils critiques, et où les choix que nous faisons, fondés sur les meilleures connaissances scientifiques disponibles, détermineront l'avenir de l'océan ainsi que les bénéfices qu'il pourra continuer d'apporter. »

Pour le responsable onusien, cette mobilisation doit dépasser les frontières et les disciplines. Elle suppose également d'intégrer les savoirs des peuples autochtones et des communautés locales aux travaux scientifiques.

Le même appel à l'action collective a été lancé par Fabien Cousteau, petit-fils du commandant Jacques Cousteau.

« Au bout du compte, nous formons une seule et même communauté et nous devons tous ramer dans la même direction (…) la seule façon de sortir de cette situation est d'agir ensemble », a-t-il déclaré.

Bahia Tahzib-Lie, représentante permanente adjointe des Pays-Bas auprès des Nations Unies et coprésidente de l'évaluation, a estimé que ce rapport constituait « une feuille de route puissante pour l'action grâce à la coopération internationale et au multilatéralisme ». Selon elle, il pourrait s'agir de l'analyse la plus complète jamais réalisée sur l'océan.

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