IMF - International Monetary Fund

06/26/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/26/2026 18:40

Le Conseil d’administration du FMI achève les sixièmes revues des accords au titre du MEDC et de la FEC et la cinquième revue de l’accord au titre de la FRD en faveur de la[...]

Washington. Le Conseil d'administration du Fonds Monétaire International (FMI) a achevé les sixièmes revues des accords au titre du Mécanisme Elargi de Crédit (MEDC) et de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) et la cinquième revue de l'accord au titre de la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD) en faveur de la Côte d'Ivoire. L'achèvement de ces dernières revues met à disposition 247,774 millions de DTS au titre du MEDC, 123,884 millions de DTS au titre de la FEC, et 243,9 millions de DTS au titre de la FRD, ce qui équivaut à environ 832,8 millions de dollars. Ces accords ont aidé la Côte d'Ivoire à rétablir la stabilité macroéconomique, à réduire considérablement les déséquilibres budgétaires et extérieurs, à renforcer la viabilité de la dette et à améliorer la résilience de l'économie face aux chocs climatiques.

La mise en œuvre du programme appuyé par le MEDC/la FEC, approuvé en mai 2023 pour un montant de 2 601,6 millions de DTS (soit 400 % de la quote-part, ou 3,5 milliards de dollars), est restée solide. Tous les critères de réalisation quantitatifs pour la fin décembre 2025 dans le cadre des accords au titre du MEDC/de la FEC ont été respectés et tous les repères structurels pour les sixièmes revues ont été atteints. Durant la mise en œuvre du programme au titre de ces accords, les autorités ont mis en place un rééquilibrage budgétaire soutenu fondé sur les recettes, ce qui a ramené le déficit budgétaire en 2025 au plafond de 3 % du PIB fixé par l'UEMOA, et le déficit des transactions courantes s'est considérablement contracté. Le ratio dette publique/PIB a baissé pour la première fois depuis plus de dix ans et le risque de surendettement de la Côte d'Ivoire s'est amélioré, passant de modéré à faible d'après l'examen du cadre de viabilité de la dette des pays à faible revenu (CVD-PFR).

En parallèle, l'accord au titre de la FRD, approuvé en mars 2024 pour un montant de 975,6 millions de DTS (soit 150 % de la quote-part ou 1,3 milliard de dollars), a favorisé le programme de réformes des autorités en vue de renforcer la résilience face aux chocs climatiques et réduire les risques qui pèsent sur la stabilité future de la balance des paiements. Toutes les mesures de réforme restantes au titre de la FRD ont été mises en œuvre, y compris celles liées à l'assurance contre les risques climatiques dans l'agriculture, l'approbation d'une stratégie de taxation du carbone, les réformes en faveur de véhicules plus propres et l'achèvement du processus d'appel d'offres pour deux centrales électriques photovoltaïques solaires.

L'économie de la Côte d'Ivoire demeure résiliente bien que les perspectives soient exposées à une incertitude accrue. La croissance du PIB réel devrait ralentir pour s'établir à 6 % en 2026 contre 6,5 % en 2025, sous l'effet d'une demande extérieure plus faible dans un contexte de guerre au Moyen-Orient et de montée de l'incertitude dans le monde. L'inflation, qui était quasiment nulle en 2025, a commencé à rebondir, et devrait atteindre une moyenne de 3,3 % en 2026 en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires et de l'énergie. Le déficit des transactions courantes devrait se creuser à 2,3 % du PIB en 2026 après avoir été proche de l'équilibre en 2025 tandis que les réserves communes de la région restent confortables, représentant plus de huit mois d'importations. Les autorités prévoient un assouplissement temporaire et modéré de l'objectif de déficit budgétaire de 3,8 % du PIB pour 2026, contre un objectif initial de 3 % du PIB, afin de tenir compte d'une moins-value de recettes et de préserver les investissements prioritaires. Elles restent déterminées à ramener le déficit budgétaire au plafond de l'UEMOA, fixé à 3 % du PIB, d'ici à 2028.

Les perspectives à moyen terme restent favorables grâce à la vigueur de la consommation et de l'investissement des ménages, à la poursuite de l'expansion des secteurs des hydrocarbures et des mines et au programme de réformes des autorités dans le cadre du Plan National de Développement 2026-2030. La poursuite de la mise en œuvre de la Stratégie de Mobilisation des Recettes à Moyen Terme, une gestion prudente de la dette, une gestion des finances publiques renforcée et des réformes pour continuer à améliorer le climat des affaires, la gouvernance, l'intégrité financière et les capacités statistiques seront importantes afin de préserver la stabilité macroéconomique et soutenir les progrès de la Côte d'Ivoire vers le statut de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.

À l'issue des débats du Conseil d'Administration, M. Okamura, Président par intérim et Directeur Général Adjoint, a fait la déclaration suivante :

« Les résultats de la Côte d'Ivoire dans le cadre des programmes soutenus par le FMI sont restés solides, signe de l'attachement durable des autorités à la stabilité macroéconomique et à la mise en œuvre des réformes. Ces programmes ont contribué à rétablir la stabilité macroéconomique, ramener le déficit budgétaire au plafond de l'UEMOA de 3 % du PIB en 2025, réduire les déséquilibres extérieurs, reconstituer un niveau de réserves régionales confortables et améliorer l'évaluation de la viabilité de la dette, qui passe d'un risque de surendettement modéré à faible.

« L'assouplissement temporaire et modéré par les autorités de l'objectif de déficit budgétaire de 2026 est approprié compte tenu des répercussions de la guerre au Moyen-Orient, notamment des pressions sur les recettes pétrolières et celles issues du cacao et des conséquences pour les ménages vulnérables. La détermination des autorités à ramener le déficit au plafond de l'UEMOA en 2028 est bienvenue. Une mise en œuvre prudente des mesures de soutien ciblées et temporaires, associées à des efforts de mobilisation des recettes et à une application continue du mécanisme d'ajustement des prix des carburants, sera essentielle en vue de préserver la viabilité budgétaire et protéger les dépenses prioritaires.

« La poursuite de l'exécution de la Stratégie de Mobilisation des Recettes à Moyen Terme reste essentielle pour consolider les gains de recettes au-delà de la période couverte par le programme. Parmi les domaines prioritaires, on compte l'élargissement de l'assiette fiscale, la simplification et la modernisation du système fiscal, l'amélioration de la fiscalité des entreprises et des règles applicables aux prix de transfert, le déploiement de la facturation électronique, le renforcement de l'analyse des dépenses fiscales et l'amélioration des outils de conformité fondés sur les données.

« La gestion prudente et proactive de la dette par les autorités a contribué à améliorer la dynamique de la dette et réduire les vulnérabilités en la matière. Il sera important de poursuivre une stratégie d'emprunt prudente dans un contexte mondial incertain, malgré un renforcement de la capacité d'endettement et un accès aux marchés favorable.

« Il importera de maintenir la dynamique des réformes structurelles pour favoriser une croissance inclusive tirée par le secteur privé dans le cadre du Plan National de Développement 2026-2030. La poursuite des efforts de réduction de l'économie informelle, de renforcement de la gouvernance et de l'intégrité financière, d'amélioration du climat des affaires et de développement des capacités statistiques renforcera la confiance des investisseurs et aidera à obtenir le statut de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.

« L'achèvement de toutes les mesures de réformes prévues dans l'accord au titre de la FRD est un résultat notable. Le programme de réformes des autorités dans le domaine du climat contribuera à renforcer la résilience, à favoriser la transition écologique et à réduire les risques qui pèsent sur la stabilité future de la balance des paiements. Une mise en œuvre pérenne au-delà de la période couverte par le programme sera essentielle pour que ces avantages se concrétisent intégralement. »

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