Council of Europe

06/30/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/30/2026 06:29

Les dirigeants doivent montrer l'exemple dans la lutte contre la corruption et la promotion de l'intégrité

Les personnes exerçant les plus hautes fonctions dans les gouvernements centraux ont un rôle crucial à jouer en montrant l'exemple afin de promouvoir une culture d'intégrité et de tolérance zéro envers la corruption à tous les niveaux de l'administration publique, des institutions et de la société dans son ensemble, souligne le Groupe d'États contre la corruption (GRECO) du Conseil de l'Europe dans son rapport annuel 2025, nouvellement publié.

Cet engagement devrait se traduire par l'adoption et la mise en œuvre effective de cadres juridiques et institutionnels solides permettant de prévenir et de combattre efficacement la corruption.

Le rapport du GRECO évalue les mesures de lutte contre la corruption en Europe et aux États-Unis. Il met en évidence les principales tendances, donne des exemples de bonnes pratiques et présente des données pays par pays sur la mise en œuvre, par les États membres, des recommandations du GRECO visant à prévenir la corruption et à promouvoir l'intégrité parmi les parlementaires, les juges et les procureurs, ainsi qu'au sein des gouvernements centraux et des services répressifs.

Le GRECO constate des progrès réguliers, quoique parfois lents, dans la mise en œuvre de ses recommandations, et observe globalement une évolution positive vers un meilleur ancrage des dispositifs d'intégrité dans l'administration publique, et un renforcement de la prévention, plutôt que de concentrer l'essentiel des efforts sur la répression de la corruption une fois celle-ci survenue.

Les institutions doivent être indépendantes, efficaces et crédibles

Le président du GRECO, David Meyer, a déclaré : « La démocratie exige à la fois un leadership éthique et des garde-fous efficaces. L'ensemble des États membres doivent veiller tout particulièrement à ce que les réformes concernant les institutions clés chargées de prévenir et de combattre la corruption - notamment la justice, les forces de l'ordre, le ministère public et les organes spécialisés de lutte contre la corruption - préservent l'indépendance de ces institutions, leur efficacité et leur crédibilité. »

« À une époque où la confiance dans les institutions est en déclin et où les tensions géopolitiques s'intensifient, la prévention de la corruption n'est pas seulement une question de bonne gouvernance, mais aussi un élément clé de la résilience démocratique. Des systèmes d'intégrité solides sont essentiels pour préserver les institutions démocratiques, protéger la prise de décisions publique et maintenir la confiance de la population », a-t-il souligné.

« Le suivi assuré par le GRECO, les orientations qu'ils donnent et le dialogue politique qu'il mène constituent une contribution essentielle au Nouveau Pacte Démocratique pour l'Europe. Les États membres du GRECO doivent poursuivre leurs efforts de réforme avec détermination et traduire les recommandations du GRECO en améliorations tangibles en matière de transparence, d'intégrité et d'obligation de rendre des comptes dans la vie publique », a-t-il ajouté.

Examen des mesures de lutte contre la corruption au sein des gouvernements centraux et des services répressifs

En 2025, le GRECO a continué à évaluer la mise en œuvre de ses recommandations concernant les gouvernements centraux et les services répressifs. Il a clôturé le suivi concernant dix pays, ces derniers ayant réalisé des progrès suffisants, mais a aussi constaté que des lacunes importantes persistaient dans de nombreux autres pays.

Au 31 décembre 2025, le GRECO avait publié des rapports concernant 32 États évaluant les progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations issues de son 5e cycle d'évaluation. Les États avaient mis en œuvre, totalement ou partiellement, 69,6 % des recommandations du GRECO concernant les gouvernements centraux, contre 63 % à la fin de l'année 2024. En ce qui concerne les services répressifs, la proportion de recommandations mises en œuvre totalement ou partiellement a augmenté de 71.7 % à 77.2 %.

Le GRECO a conclu que des réformes demeuraient nécessaires dans de nombreux pays, notamment en ce qui concerne l'application des codes de conduite des hauts responsables de l'exécutif, la supervision et le contrôle du respect des normes d'intégrité, la gestion des risques en matière d'intégrité, les mécanismes visant à promouvoir l'intégrité, les services de conseil confidentiel, la transparence et le contrôle des contacts avec les lobbyistes, la transparence du processus législatif et la participation du public, l'accès à l'information et la diffusion des informations officielles, les conflits d'intérêts, l'interdiction ou la limitation de certaines activités, ainsi que le déclarations de patrimoine et les déclarations d'intérêts.

Concernant les services répressifs, le GRECO a estimé que des progrès supplémentaires étaient nécessaires dans l'adoption de politiques de lutte contre la corruption et de promotion de l'intégrité, les procédures de recrutement et de nomination, la prévention des conflits d'intérêts, l'interdiction ou la limitation de certaines activités, les déclarations de patrimoine, de revenus, de passif et d'intérêts, ainsi que les mécanismes de contrôle et de l'application des règles.

Lutte contre la corruption parmi les députés et au sein des systèmes judiciaires : 36 pays ont achevé leur évaluation

Pour ce qui est du 4e cycle d'évaluation, qui porte sur la prévention de la corruption des parlementaires, des juges et des procureurs, au 31 décembre 2025, le GRECO avait clôturé le suivi concernant 36 pays. Les États avaient mis en œuvre, totalement ou partiellement, près de 90 % des recommandations. La proportion la plus élevée de recommandations restant à mettre en œuvre concernait les parlementaires (15,5 %), suivis des juges (8,6 %) et des procureurs (5,7 %).

En 2025, le GRECO a entamé les premières évaluations des mesures visant à prévenir la corruption et à promouvoir l'intégrité aux niveaux local et régional dans le cadre de son 6e cycle d'évaluation. L'Estonie et la République slovaque ont été les premiers États à faire l'objet d'une évaluation ; suivis du Luxembourg, de la Slovénie, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de la Lettonie et de la Pologne.

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Le Groupe d'États contre la corruption (GRECO) est un organe du Conseil de l'Europe qui vise à améliorer la capacité de ses membres à lutter contre la corruption en s'assurant qu'ils respectent les normes relatives à la lutte contre la corruption. Il aide les États à recenser les lacunes de leurs politiques nationales de lutte contre la corruption ce qui les incite à entreprendre les réformes législatives, institutionnelles et pratiques nécessaires. Il comprend les 46 États membres du Conseil de l'Europe ainsi que le Kazakhstan et les États-Unis d'Amérique.

Lire le rapport annuel du GRECO dans son intégralité

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