WHO - World Health Organization Regional Office for Europe

07/07/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/07/2026 17:13

Déclaration – Canicule : la Région européenne pourrait connaître d’autres semaines meurtrières

La prochaine vague de chaleur est déjà en formation au-dessus de l'Atlantique. On devrait atteindre 43 °C cette semaine au Portugal et dans le sud de l'Espagne. La France et le Benelux se préparent à affronter une nouvelle flambée des degrés. Certaines régions d'Asie centrale suffoquent sous des températures dépassant les 40 °C.

Compte tenu de cette situation critique, j'ai convoqué hier une réunion d'urgence consacrée aux vagues de chaleur, qui a rassemblé des représentants de 41 États membres de la Région européenne de l'OMS, ainsi que de la Commission européenne et de plusieurs organisations de la société civile. Avec plus de 130 participants, cet événement a clairement montré à quel point les pays prennent au sérieux la canicule, qu'ils considèrent comme une urgence de santé publique et non comme un simple phénomène météorologique. L'ordre du jour était clair : quelles leçons avons-nous tirées de la vague de chaleur actuelle, et sommes-nous prêts à affronter ce qui nous attend ?

Les réponses ont mis en évidence à la fois de réels progrès et des lacunes que nous ne pouvons pas nous permettre d'ignorer.

Les mesures efficaces

Les plans d'action sanitaire contre la chaleur sauvent des vies. Les pays dotés de ce type de plans ont réagi rapidement, assuré une bonne coordination entre les acteurs concernés et protégé efficacement leur population.

Le système italien de surveillance de la mortalité, opérationnel dans 45 villes, permet de fournir aux décideurs des données en temps quasi réel tout au long de la crise. L'Espagne a collaboré directement avec ses partenaires des médias pour une meilleure communication à l'adresse de la population sur les risques sanitaires liés à la chaleur. L'Autriche a activé son plan actualisé, appliqué une réglementation pour la protection contre la chaleur en milieu de travail et constitué des structures de coordination nationales et régionales. En Belgique, le niveau d'alerte maximal a été déclenché pour la deuxième fois seulement depuis 2020. La France a montré comment une coordination intersectorielle a permis d'alléger la pression sur le secteur de la santé et de renforcer l'action globale face à la canicule. La Macédoine du Nord s'est associée aux équipes de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour venir en aide aux personnes sans domicile fixe.

Ces exemples sont importants car ils peuvent être imités. Les outils existent. Les bases factuelles sont fiables. Lorsque des plans sont mis en place et testés avant qu'une crise ne survienne, ils permettent de sauver des vies.

En quoi consiste réellement un plan d'action sanitaire contre la chaleur ?

Un plan d'action sanitaire contre la chaleur est un dispositif qui fait le lien entre les alertes météorologiques précoces et les mesures de santé publique, la planification des capacités d'urgence des services de santé, la sensibilisation des groupes courant un risque accru et la coordination intersectorielle entre les autorités chargées de la santé, de la santé au travail, de l'aide sociale, du logement et de l'urbanisme.

Les pays dotés de plans efficaces savent à l'avance qui est responsable de quoi, quelles sont les populations les plus exposées et à quel seuil de température chaque niveau d'intervention est déclenché. Ces précisions, établies avant l'arrivée d'une quelconque vague de chaleur, font toute la différence, en termes de vies sauvées, entre une gestion maîtrisée et une réaction tardive. Et c'est cette clarté qui permet aux systèmes de santé de rester opérationnels sans être submergés par les urgences liées à la chaleur.

Les lacunes qui subsistent

La lacune la plus flagrante est que moins de la moitié des États membres de la Région européenne de l'OMS ont mis en place un plan national d'action sanitaire contre la chaleur.

Des pays ont mentionné des lacunes précises, comme le fait que de nombreuses personnes ne se rendent pas compte qu'elles courent personnellement un risque, même lorsqu'un « Code Rouge » est déclenché. D'autres ont pointé la nécessité de disposer de davantage d'infrastructures de rafraîchissement et d'une meilleure information sur leur emplacement, notamment pour les personnes sans domicile fixe, et ont souligné qu'il est nécessaire de rendre les structures de santé résilientes face au changement climatique. Certains pays sont encore confrontés à des retards procéduraux pour la déclaration officielle des vagues de chaleur, ce qui peut ralentir la mise en œuvre des mesures de santé publique.

D'un point à l'autre de la Région, les résidents des établissements de soins de longue durée, les sans-abri et les personnes âgées en situation d'isolement social ne bénéficient toujours pas d'une prise en charge uniforme.

Ce que fait l'OMS/Europe

Nous allons produire la synthèse des enseignements acquis, et nous les mettrons à la disposition des 53 États membres. Nous apportons une assistance technique directe à plusieurs pays pour répondre à leurs besoins immédiats. Et nous restons à la disposition de tous les États membres qui souhaitent renforcer leur plan d'action sanitaire contre la chaleur, améliorer la mise en œuvre de ce plan ou mettre en place les structures de coordination intersectorielles nécessaires pour que les plans soient efficaces dans la pratique.

Un autre point abordé lors de la réunion mérite d'être mentionné. Les pays commencent à faire le lien entre différents éléments de manière sensée. Des réunions ont lieu entre les organismes qui gèrent les situations d'urgence et les équipes chargées de la politique de santé. Les urbanistes siègent à la même table que les responsables de la santé publique. Il y a un dialogue entre les ministères de l'Environnement et ceux de la Santé. Cette coordination entre les différentes autorités publiques - fondée sur le constat collectif que la canicule constitue une menace pour la sécurité sanitaire et non un problème propre à un seul secteur - est l'un des changements les plus importants dont nous avons pu voir les signes hier. Cette évolution est contrastée et doit être encouragée. Mais elle a lieu. Et c'est précisément ce type de changement structurel qui permet de transformer un simple document - un plan d'action sanitaire contre la chaleur - en un véritable système capable de protéger efficacement la population.

Désormais, les travaux se déroulent sur deux fronts : remédier aux défaillances observées ces dernières semaines avant l'arrivée de la prochaine vague de chaleur, et mettre en place des systèmes de santé qui ne se contentent pas de réagir face à la chaleur extrême, mais qui y sont préparés.

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