RSF - Reporters sans frontières

03/20/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/20/2026 18:42

Bélarus : six journalistes graciés lors d’une vague de libérations historique

Dans la nuit du 19 au 20 mars, six professionnels des médias biélorusses ont été graciés aux côtés de près de 250 prisonniers politiques, dans le cadre d'un accord diplomatique négocié entre les États-Unis et le dirigeant Alexandre Loukachenko. Reporters sans frontières (RSF) salue ces libérations, tout en rappelant que la répression contre les journalistes se poursuit au Bélarus.

C'est la quatrième vague majeure de libérations de prisonniers politiques au Bélarus en un an. Katsiaryna Andreyeva (Bakhvalava), arrêtéeen novembre 2020 alors qu'elle couvrait une manifestation pour la chaîne Belsat TVpuis condamnéeà dix ans de prison à l'issue de deux procès, a été expulsée vers la Lituanie dès sa libération, tout comme le blogueur Eduard Palchys. Parmi les autres professionnels des médias graciés figurent le journaliste free-lance Aleh Suprunyuk, le directeur de l'agence de presse BelaPAN Dzmitry Navazhylau, l'analyste des médias Valeryia Kastsiuhova, ainsi que le cameraman de Belsat TV Ales Marchanka. La libération de tous les journalistes graciésreste à confirmer.

"RSF salue la libération de journalistes arbitrairement détenus. Mais celle-ci ne doit pas masquer l'essentiel : ils n'auraient jamais dû être emprisonnés. Nous appelons à la libération immédiate des 22 professionnels des médias encore détenus dans le pays et rappelons que les grâces ponctuelles ne peuvent tenir lieu de justice.

Jeanne Cavelier
Responsable du bureau Europe de l'Est et Asie centrale de RSF

Lors de précédentes médiations américaines en 2025, deux journalistesde Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL)avaient été libérésen août, neuf autresen septembre, ainsi que la rédactrice en chef du média indépendant TUT.BY, Maryna Zolatava, en décembre.

Mais exercer un journalisme indépendant reste un crime aux yeux du régime. Depuis fin février, au moins quatre professionnels des médias ont été condamnés, dont trois à de longues peines de prison. Le journaliste de Naviny.by Pavel Dabravolskia ainsi écopé de neuf ansde détention pour "haute trahison". Les rédacteurs Uladzimir Yanukevichet Andrei Pakalenkaont été condamnés respectivement à 14 et 12 ans de prison. Aleh Khamienkaa également été puni de trois ans d'emprisonnementpour des activités prétendument extrémistes. Le co-lauréat du prix Sakharov, Andrzej Poczobutreste détenu.

Depuis les manifestations pacifiques de 2020 et leur répression, la situation des médias indépendants s'est nettement détériorée au Bélarus. Les journalistes sont régulièrement arrêtés et la plupart ont été contraints à l'exil pour pouvoir continuer à travailler. La Cour pénale internationale a ouvert, le 12 mars dernier, une enquête sur les crimes contre l'humanité du régime d'Alexandre Loukachenko, à la suite notamment d'une plainte déposée par RSFen janvier 2025 pour persécution généralisée et systématique de journalistes en raison de leur activité.

Le Bélarus occupe la 166e place sur 180 pays et territoires dans le Classement mondial de la liberté de la presseétabli par RSF en 2025. L'organisation tient à jour une galerie de portraits des professionnels des médias actuellement emprisonnésdans le pays.

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Publié le20.03.2026
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