03/12/2026 | News release | Distributed by Public on 03/13/2026 11:26
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12 mars, 2026IndustriALL s'est associée à d'autres organisations syndicales au plan mondial pour demander aux gouvernements de prendre des mesures concrètes en faveur des droits des femmes au sein du monde du travail, à l'occasion de la 70e session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies (UNCSW70) qui se tient à New York.
Les revendications, présentées par IndustriALL et d'autres Fédérations syndicales internationales sont axées sur l'accès à la justice pour les femmes dans le monde du travail, un droit dont sont privées des millions de femmes travailleuses en raison de lois discriminatoires, d'institutions sous-financées et d'obstacles structurels à la prise de décision.
L'accès à la justice ne peut être dissocié du droit à la syndicalisation. La liberté d'association syndicale et la négociation collective doivent être garanties pour tous les travailleurs et travailleuses, au sein des chaînes d'approvisionnement, dans l'économie informelle, pour les travailleurs et travailleuses migrants et dans les secteurs public et privé. Dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, les femmes sont surreprésentées dans les emplois les plus précaires, souvent sans couverture syndicale et sans accès à des mécanismes de règlement des conflits. Les gouvernements doivent agir pour mettre fin à la persécution des femmes dirigeantes syndicales et rendre la justice accessible grâce à l'aide juridique et à l'exonération des frais.
Pour combler l'écart salarial entre les sexes, il faut ratifier et mettre en œuvre les Conventions 100 et 111 de l'OIT, établir des salaires minimums vitaux par le biais de négociations collectives ou de processus réglementaires, introduire des lois sur la transparence salariale et revaloriser les professions féminisées. L'application de ces mesures doit s'accompagner d'un renforcement de l'inspection du travail, de procédures de dépôts de plainte accessibles et d'une transparence totale des données salariales dans les secteurs public et privé.
Les gouvernements doivent ratifier et mettre en œuvre la Convention 190 et la Recommandation 206 de l'OIT, en adoptant des stratégies exhaustives qui interdisent toutes les formes de violence et de harcèlement fondées sur le genre dans l'ensemble du monde du travail, y compris la violence intrafamiliale et le féminicide. Les mécanismes de signalement doivent être sûrs, confidentiels, sensibles au genre et offrir une protection totale contre les représailles. Les syndicats doivent être associés à la conception, au suivi et à l'application de ces politiques.
La législation du travail doit s'appliquer aux travailleurs et travailleuses précaires et informels. La responsabilité première de l'État en matière de care* (Ndt) doit être reconnue, avec des investissements publics dans ce domaine et la redistribution du travail non rémunéré qui y est affecté.
En matière de numérisation, une perspective de genre doit être intégrée dans les décisions politiques relatives à l'intelligence artificielle et au travail sur les plateformes. La fracture numérique entre les sexes doit par ailleurs être comblée.
Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d'IndustriALL, a déclaré :
« Alors que les négociations se poursuivent à New York, les conclusions adoptées par la CSW70 doivent déboucher sur des engagements concrets et applicables. L'accès des femmes à la justice constitue un facteur de paix et de démocratie et les gouvernements doivent agir en conséquence. »
Déclaration complète
* NdT : le terme "care" (soin) est conservé en anglais dans les milieux académiques pour éviter de le réduire au simple domaine médical. Il s'agit du "prendre soin" qui désigne l'attention aux autres, la sollicitude et le maintien de la vie au quotidien (nourrir, rassurer, écouter). Dans le contexte féministe le "care" fait référence à un travail invisible et dévalorisé. Il critique la construction sociale qui assigne, gratuitement, ces tâches de "soin" aux femmes.