09/01/2026 | News release | Distributed by Public on 09/01/2026 03:27
À Ziguinchor, Dieynaba Coly, auxiliaire de vie scolaire, accompagne des élèves sourds. Grâce à son accompagnement, ils peuvent suivre les cours, progresser et s'épanouir à l'école comme à la maison.
Le Sénégal a fait de l'accès à l'éducation pour tous une priorité. Cependant, la scolarisation des enfants sourds reste un défi majeur. Depuis 2016, HI appuie le développement d'une éducation inclusive à travers le déploiement d'auxiliaires de vie scolaire dans des établissements ordinaires de Dakar et de Ziguinchor. Formées à la langue des signes, ces personnes jouent un rôle essentiel en facilitant la compréhension des cours et l'intégration des élèves sourds. À Ziguinchor, Dieynaba Coly fait partie de celles qui, chaque jour contribuent à rendre cette inclusion concrète.
Avant de devenir auxiliaire de vie scolaire, Dieynaba Coly était directrice d'une garderie d'enfants au sein de l'Union régionale des organisations de personnes handicapées de Ziguinchor, un poste qu'elle occupait depuis 2011. Pendant près de dix ans, elle a accompagné des enfants handicapés, appris à comprendre leurs besoins et en conséquence adapté son suivi.
Forte de cette expérience, elle rejoint, en 2020, l'école El Hadj Omar Ndiaye à Ziguinchor, dans le cadre du projet d'éducation inclusive mis en œuvre par HI. Sa mission consiste à accompagner les enfants sourds dans leur parcours scolaire, à favoriser leur réussite et à contribuer à leur encadrement pédagogique. En classe, elle les aide à mieux comprendre les leçons en traduisant en langue des signes les explications et les exercices donnés par la maîtresse.
Chaque matin, Dieynaba accueille les élèves sourds et les aide à se préparer pour la journée. Dès que l'enseignant ou l'enseignante commence le cours, elle le traduit en langue des signes.
À chaque étape de la leçon, elle vérifie que les élèves ont bien compris en leur posant des questions. Pendant les exercices, elle reste à leurs côtés pour expliquer les consignes, tout en les encourageant à travailler en autonomie.
Lorsque l'enseignant ou l'enseignante écrit au tableau, Dieynaba répète les signes plusieurs fois afin de permettre à ces élèves d'assimiler la leçon et de pouvoir la réviser seuls chez eux. L'après-midi, après les cours, elle reprend avec eux les points non compris et réexplique les notions difficiles.
« Le travail de l'auxiliaire de vie scolaire est très important car, sans nous, ces enfants ne pourraient pas suivre en classe étant donné que la plupart des enseignants ne savent pas signer. Voir ces petits réussir, c'est une grande satisfaction, » raconte Dieynaba.
Le travail de Dieynaba s'étend au-delà du cadre scolaire. Elle effectue aussi des visites à domicile afin d'évaluer l'environnement familial des enfants et de s'assurer qu'il favorise leur développement et leur épanouissement. Elle explique leurs besoins aux parents et les accompagne dans leur rôle éducatif, contribuant ainsi à une meilleure continuité entre le milieu familial et le milieu scolaire.
Elle insiste sur l'importance d'un accompagnement bienveillant qui encourage l'autonomie de l'enfant plutôt que de faire les choses à sa place. Ce suivi est essentiel, car la plupart des parents ne maîtrisent pas la langue des signes conventionnelle. Sans ce relais, les enfants sourds risquent de se retrouver isolés ou incompris une fois rentrés chez eux.
« On va dans les familles pour s'assurer que tout va bien dans l'environnement de l'enfant, on expose les besoins des enfants. Nous expliquons aux parents qu'il faut être souples et compréhensifs envers l'enfant et lui apprendre à être autonome, » explique Dieynaba.
Parmi les élèves accompagnés par Dieynaba, Hassane Ndiaye est un exemple de l'importance de ce dispositif. Lorsqu'il est arrivé à l'école El Hadj Omar Ndiaye en 2022, il ne maîtrisait pas encore la langue des signes conventionnelle utilisée dans l'apprentissage scolaire et il appréhendait ce nouvel environnement.
Alors Dieynaba l'accompagne pas à pas : elle lui apprend à signer, l'aide à s'adapter à l'école et travaille avec ses parents pour les impliquer dans son apprentissage, en les encourageant à soutenir leur enfant. Au fil du temps, Hassane progresse. Il gagne en confiance, commence à échanger avec ses camarades et participe davantage en classe.
« Au début, il était très timide, il ne connaissait pas la langue des signes utilisée en classe et faisait des crises d'angoisse. Maintenant il discute avec ses amis, participe en classe et ses résultats se sont beaucoup améliorés. Il est épanoui socialement aussi. » Dieynaba Coly, à propos d'Hassane.
Aujourd'hui en classe de CM2, Hassane fait partie des 10 premiers de sa classe. Il fait ses devoirs seul, joue avec ses camarades et s'exprime en langue des signes conventionnelle.
Depuis 2016, HI soutient la mise en place du dispositif des auxiliaires de vie scolaire dans plusieurs écoles primaires et établissements secondaires de Dakar et de Ziguinchor. Ce dispositif s'inscrit dans un projet d'éducation inclusive, également déployé au Togo et à Madagascar. Sur huit ans, plus de 10 000 personnes en ont bénéficié, dont près de la moitié de filles. Le projet a contribué à renforcer la socialisation, l'autonomie et l'estime de soi des enfants. Il a permis d'améliorer la compréhension du handicap au sein des familles, des établissements scolaires et des communautés, réduisant ainsi les préjugés et les pratiques discriminatoires. Le projet a également renforcé les capacités des enseignants et des autres acteurs éducatifs à mettre en œuvre des pratiques pédagogiques inclusives, tout en améliorant l'accessibilité physique et pédagogique des établissements. Enfin, il a favorisé une meilleure collaboration entre les secteurs de l'éducation, de la santé et de la protection sociale, contribuant à une prise en charge plus globale des besoins des enfants et au renforcement des mécanismes institutionnels en faveur d'une éducation inclusive durable.