RSF - Reporters sans frontières

02/11/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/11/2026 12:02

Cambodge : le journaliste Hem Vanna injustement détenu après avoir révélé l’existence d’un centre d’arnaque

Reporters sans frontières (RSF) demande au procureur général du tribunal provincial de Banteay Meanchey de libérer immédiatement le journaliste Hem Vanna, du site d'information HHVNN TV Online. Il a été arrêté après avoir réalisé un reportage sur des violences commises dans un centre d'arnaques en ligne, qui a mis en lumière les défaillances de la police locale.

Le 3 février 2026, le journaliste Hem Vannaa été arrêté par la police militaire de Banteay Meanchey, dans l'ouest du Cambodge, après avoir été convoqué au poste de police. Il a été inculpé pour "incitation à commettre un crime" sur la base de l'article 495 et pour "interception ou enregistrement de conversations privées" au titre de l'article 301 du Code pénal. Ces deux crimes sont passibles d'une peine pouvant aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement et d'une amende maximale de six millions de riels (environ 1 300 euros).

Le 30 janvier, ce journaliste avait diffusé son reportagesur des violences commises contre un groupe de ressortissants chinois qui auraient été victimes de traite d'êtres humains dans un centre d'arnaque, un complexe où des groupes criminels concentrent des activités illégales allant des opérations de cybercriminalité au trafic de drogue. Le reportage indiquait que le complexe, l'un des nombreux centres proliférant dans le nord-ouest du Cambodge, se situait à environ cent mètres derrière les locaux de la police militaire et soulignait que les autorités n'avaient pas connaissance de son existence.

"Le journaliste Hem Vanna n'a fait que son travail en révélant des violences et l'existence d'un centre d'arnaque. Son reportage relève clairement de l'intérêt public, et il est scandaleux que les autorités cherchent à le réduire au silence. Nous appelons le procureur à abandonner immédiatement les charges contre lui, à le libérer sans condition, et plus largement, nous demandons aux autorités du pays de cesser leur répression des journalistes qui couvrent des affaires de violations de droits humains dans le pays.

Cédric Alviani
Directeur du bureau Asie-Pacifique de RSF

Les journalistes enquêtant sur les violations des droits humains au Cambodge sont régulièrement victimes de harcèlement, notamment de la part des autorités. En 2024, le journaliste Mech Dara, reconnu pour ses enquêtes sur ces abus, avait été détenupendant près d'un mois, accusé par les autorités d'avoir cherché à provoquer des "troubles public".

En seulement trois ans, le Cambodge a chuté de 19 places dans le Classement mondial de la liberté de la pressede RSF, occupant désormais la 161e position sur 180 pays et territoires, ce qui le classe parmi les États où la situation de la liberté de la presse est jugée "très grave".

Image
161/ 180
Score : 28,18
Publié le11.02.2026
RSF - Reporters sans frontières published this content on February 11, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on February 11, 2026 at 18:02 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]