NATO - North Atlantic Treaty Organisation

02/03/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/03/2026 10:02

Arsenalisation de la dimension de genre par les compétiteurs stratégiques et menaces potentielles – Synthèse du débat de fond

Le 5 novembre 2025, le Bureau de la conseillère pour les questions de genre de l'État-major militaire international (GENAD de l'EMI) a tenu son débat de fond mensuel après avoir célébré le 25e anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l'ONU sur les femmes, la paix et la sécurité (FPS). À l'occasion de ce débat, les échanges se sont centrés sur l'« arsenalisation » de la dimension de genre par les compétiteurs stratégiques et sur les menaces que cette instrumentalisation peut faire peser sur l'Alliance. Les discussions ont souligné que mieux comprendre l'influence des dynamiques sociales et culturelles sur les tactiques, techniques et procédures associées à ces éventuelles menaces nous aide à répondre à un objectif stratégique clé, celui de procurer un avantage cognitif qui permet de surpasser nos adversaires et de renforcer notre posture de défense.

Sont intervenus Mme Míla O'Sullivan, chercheuse à l'Institut des relations internationales (Prague) et conférencière à l'Université Charles (Prague), M. Joshua Roose, professeur agrégé de sciences politiques à l'Université Deakin (Melbourne), et Mme Zeynep Sütalan, ancienne conseillère académique des ateliers sur la dimension de genre dans le terrorisme et le contre-terrorisme tenus au Centre d'excellence pour la défense contre le terrorisme (COE-DAT) de l'OTAN, en Türkiye.

Mme O'Sullivan a présenté la façon dont la Russie utilise les récits genrés, tant dans ses opérations que pour légitimer sa guerre contre l'Ukraine. Elle a expliqué que la Russie dépeint cette guerre comme une protection du soi-disant « monde russe » contre la « décadence de l'Occident ». Des récits nationaux et internationaux anti-genre contribuent à la conduite de la guerre et aux tactiques utilisées par ce pays : la Russie bombarde les maternités et les garderies, a recours aux violences sexuelles liées aux conflits, et utilise la torture sexuelle contre les prisonniers (combattants et civils). En Ukraine, en revanche, les femmes continuent de jouer un rôle visible et actif dans la résistance civile et militaire à l'invasion russe.

M. Roose a montré comment la Russie instrumentalise la masculinité : dans son récit culturel, elle la lie aux idées d'honneur et d'appartenance, afin de fusionner les identités personnelle et nationale. Dans le cadre de ce récit, par ailleurs mis en avant par les médias, le système éducatif et les institutions religieuses, la Russie ouvre ainsi la voie à une rédemption individuelle et collective. M. Roose a expliqué que la Russie, qui a vécu la chute de l'Union soviétique, cherche par la guerre à restaurer son empire et son statut. Enfin, s'agissant de la Chine, il a également mentionné les efforts continus qu'elle déploie pour « remasculiniser » la jeunesse, en réponse aux anxiétés relatives à l'« homme doux » suscitées en ligne et dans la culture populaire.

Pour sa part, Mme Sütalan a décrit le rôle significatif que peut jouer la dimension de genre dans les stratégies de recrutement et les activités des groupes terroristes. En instrumentalisant la masculinité et la féminité, ces groupes peuvent proposer une identité et des objectifs aux femmes aussi bien qu'aux hommes. En fonction de l'idéologie des différents groupes terroristes, la participation des femmes devient soit une voie d'autonomisation, soit une façon de perpétuer le projet de nation en élevant des croyants. Comprendre le rôle du genre dans les groupes terroristes donne de précieuses informations sur leurs opérations. Par exemple, les femmes terroristes peuvent avoir un avantage tactique, car les stéréotypes sur l'« identité d'un terroriste » peuvent leur éviter d'être détectées lors des contrôles de sécurité, ou leur permettre de mener des attentats suicides ou d'agir comme messagers.

L'internet est un environnement clé où se concrétisent ces préoccupations, parce qu'il sert, notamment, de canal de recrutement des groupes terroristes ou de prolongement numérique de leurs activités. Les trois intervenants ont souligné que les récits anti-genre sont utilisés pour affaiblir la résilience des sociétés, surtout par leur diffusion sur les réseaux sociaux.

Toutes les prises de parole l'ont mis en exergue : la dimension de genre n'est pas « un plus » qui peut être reporté à des circonstances plus favorables, mais elle est indispensable pour comprendre la façon de concevoir, préparer, légitimer, mener et poursuivre les conflits. Pour l'OTAN, cela rappelle la pertinence des récits culturels en tant qu'indicateurs d'alerte précoce et en tant que renseignement stratégique. Et cela rappelle aussi qu'il est souhaitable de créer des synergies avec la société civile afin d'encourager la résistance sociétale aux menaces informationnelles.

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