05/26/2026 | Press release | Distributed by Public on 05/26/2026 10:22
Washington: Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Jaroslaw Wieczorek, chef de mission pour le Burkina Faso, a séjourné à Ouagadougou du 4 au 13 mai pour mener des discussions dans le cadre des consultations de 2026 au titre de l'article IV, de la cinquième revue de l'accord au titre de la FEC, approuvée par le conseil d'administration du FMI le 21 septembre 2023 pour un montant total de 228,76 millions de DTS, et de la première revue du programme climatique appuyé par la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), approuvée par le conseil d'administration du FMI le 18 février 2026 pour un montant total de 90,3 millions de DTS. Les discussions se sont poursuivies à distance jusqu'au 25 mai 2026, en réponse à la demande des autorités burkinabè d'une augmentation de l'accès au titre de l'accord FEC de 50 % de la quote-part (60,2 millions de DTS) qui, sous réserve de l'approbation du conseil d'administration du FMI, portera l'accès total au titre de l'accord FEC à 288,96 millions de DTS.
À l'issue de la mission, M. Wieczorek a fait la déclaration suivante :
« Les autorités du Burkina Faso et l'équipe des services du FMI ont finalisé les discussions dans le cadre des consultations de 2026 au titre de l'article IV ; et sont parvenues à un accord au niveau des services sur les politiques économiques et financières pour l'achèvement de la cinquième revue au titre de la FEC et de la demande d'augmentation de l'accès en raison du choc sur la balance des paiements résultant de la guerre au Moyen-Orient. L'approbation de la cinquième revue par le conseil d'administration du FMI permettrait de décaisser 60,2 millions de DTS, dont 36,12 millions de DTS au titre de l'augmentation demandée, ce qui porterait à 180.60 millions de DTS le décaissement total par le FMI en vertu de l'accord FEC. Les discussions ont également porté sur la mise en œuvre des mesures de réforme en vue de l'achèvement de la première revue du programme climatique dans le cadre de l'accord au titre de la FRD, dont l'approbation par le conseil d'administration du FMI permettrait le décaissement de 16,42 millions de DTS. La réunion du conseil d'administration du FMI est prévue pour la fin juin 2026. »
« Les cours mondiaux élevés de l'or, conjugués aux réformes menées par les autorités dans le secteur minier, ont dynamisé l'activité économique en 2025. La croissance du PIB réel est estimée à 5,3 %, alors que l'inflation a reculé en moyenne annuelle à -0,5 % en raison de la baisse des prix locaux des produits alimentaires et de l'énergie. Une solide augmentation des exportations d'or a également soutenu la position extérieure, qui est passée d'un déficit courant de 3,5 % du PIB en 2024 à un excédent de 6,3 % du PIB en 2025. »
« Les autorités ont enregistré de solides performances dans le cadre du programme. Tous les critères de réalisation quantitatifs au titre de la FEC jusqu'en fin décembre 2025 ont été respectés, à l'exception de l'objectif indicatif relatif au plafond des dépenses courantes et d'une accumulation temporaire d'arriérés de remboursement de crédits de TVA. Les autorités ont aussi mis en œuvre tous les repères structurels et ont progressé dans leur agenda plus élargi d'amélioration de la gestion des finances publiques et de gouvernance. Elles sont également en bonne voie pour mettre en œuvre les engagements pris au titre de la première revue de la FRD. La réduction du déficit budgétaire global de 5,8 % du PIB en 2024 à 1,8 % du PIB (par rapport à l'objectif du programme de 4,0 %) a permis de dégager une marge de manœuvre budgétaire, particulièrement opportune compte tenu de la volatilité actuelle de la conjoncture mondiale et régionale. »
« Le choc sur les cours des matières premières provoqué par le conflit au Moyen-Orient représente un défi majeur pour le Burkina Faso, étant donné la dépendance du pays aux importations de produits pétroliers et d'engrais. Les perturbations de l'approvisionnement mondial ainsi que la flambée des prix du pétrole, du gaz et des engrais ont détérioré les perspectives économiques à court terme, en particulier dans le secteur agricole, appelant à une réponse robuste notamment sur le plan de la sécurité alimentaire. »
« Ces perturbations ont également créé un besoin immédiat de financement de la balance des paiements, qui a incité les autorités à solliciter une augmentation de l'accès au titre de l'accord FEC. Les mesures convenues à l'appui de la demande des autorités visent à faire en sorte que les ressources supplémentaires du FMI servent à atténuer l'impact socioéconomique du choc, tout en préservant la dynamique des réformes afin de promouvoir la viabilité budgétaire. »
« A cet effet, la mission encourage les autorités à poursuivre le renforcement de la mobilisation des recettes et de la gestion des finances publiques, ainsi que de la gouvernance et la transparence. Pour aligner l'exécution du budget 2026 sur le programme, avec un objectif de déficit de 4 % du PIB (contre 3,5 % retenu lors de la quatrième revue du programme, assoupli pour faciliter l'atténuation des chocs), il convient notamment d'identifier des lignes contingentes dans le budget pour une réaffectation ciblée éventuelle en cas d'imprévus, et de bien gérer les risques budgétaires émanant des subventions à l'énergie. »
« Dans le cadre des discussions au titre de l'article IV, la mission a recommandé de systématiser la gestion contracyclique des recettes minières, d'améliorer l'efficience des dépenses sociales, de promouvoir l'inclusion financière et de veiller à ce que les interventions de l'État dans l'économie attirent les investissements privés et favorisent une croissance inclusive. »
« L'équipe du FMI a rencontré le ministre de l'Économie et des Finances, M. Aboubakar Nacanabo, le directeur national de la BCEAO, M. Armand Badiel ; d'autres hauts fonctionnaires, des représentants du secteur privé et les partenaires au développement. »
« Les services du FMI tiennent à remercier les autorités du Burkina Faso pour leur engagement envers le programme, pour des échanges constructifs et ouverts, leur réactivité, ainsi que leur l'hospitalité traditionnellement chaleureuse. »