03/02/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/01/2026 17:17
Vous préférez le son et l'image au texte ? Vous trouverez le reportage vidéo en bas de page.
Les 13, 14 et 15 juillet 2021, les bassins des rivières en Région wallonne ont subi d'énormes précipitations. Plusieurs rivières, telles que l'Ourthe, la Vesdre mais aussi la Meuse, ont débordé, causant d'énormes dégâts et d'indicibles souffrances humaines. Avec 39 victimes décédées, les inondations de juillet 2021 sont considérées comme la plus grande catastrophe naturelle de l'histoire de la Belgique.
Les services de secours ont déployé tous leurs efforts sur le terrain pour sauver des vies, et d'autres États membres de l'UE ont apporté leur aide, mais les conditions météorologiques extrêmes et le manque de communication et de coordination transfrontalières ont fait que les inondations de juillet 2021 ont eu un coût particulièrement élevé.
Après cette catastrophe, « il était nécessaire de repenser le système de gestion des crises », explique Colin Glesner, gestionnaire de crise au Service public de Wallonie. Une mission à laquelle a contribué le projet européen Marhetak, soutenu par le programme INTERREG et financé par le Fonds européen de développement régional, en 2022-2023.
Le mot 'Marhetak' provient du mot néerlandais qui signifie le gui, cette plante à feuilles toujours vertes associée à la fertilité et à l'amour. Dans le cas du projet européen, il s'agit d'un acronyme pour « Maas-Rhein Taskforce », un partenariat entre la région de sécurité (Veiligheidsregio) du Limbourg méridional néerlandais et l'EMRIC (Euregio Meuse-Rhin Intervention et gestion des Crises), le Service public de Wallonie, le Service public fédéral Intérieur belge et le service des eaux (Waterschap) du Limbourg néerlandais. Ils ont uni leurs forces afin de mieux maîtriser les inondations.
Au sein de l'Euregio Meuse-Rhin, ils ont examiné, en collaboration avec d'autres services de crise comme ceux du gouverneur de la province de Liège, comment mieux anticiper, planifier et se coordonner de manière collective et intégrée en cas d'inondations. « Les communes sont des acteurs centraux, mais qui ne peuvent pas prendre en considération le problème dans sa globalité, parce que les cours d'eau, les inondations ne connaissent pas de frontières administratives », souligne Colin Glesner.
Tony Hosmans, responsable des services du gouverneur de la province de Liège chargé d'alerter et d'informer la population liégeoise en cas d'urgence, repense avec tristesse à la catastrophe de juillet 2021. Il explique que l'un des principaux facteurs ayant empêché l'arrivée des secours d'urgence était le flux d'informations parfois insuffisant : « En partie à cause des mauvaises conditions météorologiques, il a fallu près de trois jours pour obtenir une vue d'ensemble de la situation sur le terrain. » La région a néanmoins pu compter sur le soutien d'équipes de secours venues de France, d'Autriche et d'Italie. Elles ont été déployées via le mécanisme européen de protection civile, sous la coordination de la Commission européenne.
Le projet Marhetak veille à une meilleure coordination des systèmes d'information transfrontaliers. Les prévisions et analyses des services hydrologiques, météorologiques et pédologiques ainsi que les outils informatiques de visualisation et de gestion des crises ont été intégrés. Les services d'urgence obtiennent ainsi plus rapidement et plus efficacement une vue d'ensemble d'une situation d'urgence.
Paragon, le portail national de sécurité développé par le Centre national de crise belge et testé pour la première fois lors du projet Marhetak, joue ici un rôle essentiel : «En situation de crise, l'une des difficultés c'est vraiment la masse d'informations à traiter. Paragon assure l'échange d'informations entre toutes les parties prenantes en temps réel. Cela permet de prendre des décisions le plus rapidement possible dans l'intérêt de la sécurité du citoyen », explique Tony Hosmans. Les informations fournies par les citoyens eux-mêmes, par exemple sur les réseaux sociaux, sont également devenues un maillon essentiel dans l'élaboration des plans d'action en cas de crise.
Outre la modernisation des infrastructures de prévention et de planification, les partenaires du projet Marhetak ont également pris des mesures pour être mieux équipés en cas d'urgence. Ils ont investi dans du matériel spécifique, tel que des drones et des gilets de sauvetage, dans la formation du personnel et dans des sessions d'entraînement afin d'améliorer leur état de préparation, leur communication et leur coordination. Les digues mobiles, que l'EMRIC peut déjà déployer dans toute la région grâce au soutien de l'UE pour assurer la protection contre les inondations en cas de risque accru, constituent par exemple un élément important à cet égard.
En tant que directrice du centre culturel Ourthe et Meuse à Angleur, Pascale Pierard s'occupe encore aujourd'hui de l'accompagnement psychologique de victimes. Elle les aide à surmonter les souffrances causées par les inondations de 2021. Elle souligne que les victimes recherchent des réponses claires et objectives qui les rassurent sur le fait qu'elles ne vivront plus une situation comme celle de 2021, ce qui est bien tout l'enjeu de Marhetak.
Découvrez notre reportage vidéo avec les témoignages de Dorothy (victime des inondations), Colin Glesner et Simon Riguelle (Service public de Wallonie), Tony Hosmans (Services du Gouverneur de la Province de Liège) et Pascale Pierard (Directrice du centre culturel Ourthe et Meuse à Angleur).