UNOG - United Nations Office at Geneva

02/05/2026 | News release | Distributed by Public on 02/05/2026 10:49

L’ONU lance un appel de 400 millions de dollars pour défendre tous les droits de tous et toutes

Alertant sur la multiplication des crises et des abus à travers le monde, le chef des droits de l'homme de l'ONU a lancé jeudi un appel de fonds de 400 millions de dollars pour 2026. Volker Türk met en garde contre le risque d'un affaiblissement du système international de protection des droits humains, présenté comme un soutien essentiel aux victimes et aux défenseurs menacés.

« Nos besoins estimés pour 2026 s'élèvent à 400 millions de dollars américain de contributions volontaires. En cette période critique, ce montant nous permettra de défendre tous les droits de tous et toutes », a dit aux États lors du lancement de l'appel, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

« Le coût de notre travail est faible ; le coût humain d'un sous-investissement est incommensurable », a ajouté M.Türk .

Cette mise en garde se traduit concrètement sur le terrain. Au Soudan, sur fond de conflit persistant, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme entend documenter les violations du droit international humanitaire et des droits humains, en plaçant les survivants au cœur de son travail, notamment les victimes de violences sexuelles liées au conflit et les atteintes commises contre les enfants.

A Haïti, marqué par la violence armée et la fragilité des institutions, l'accent sera mis sur le renforcement de la responsabilité et de la protection afin de combattre l'impunité et de protéger les populations, en particulier les femmes et les enfants.

© CODPH/Anthony Headley
Volker Türk, haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

Aide aux détenus suspendues au Tchad, faute de budget

De la Syrie à l'intelligence artificielle (IA) en passant par Gaza ou le Yémen, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (HCDH) promet de recourir à des innovations pour aider les personnes victimes ou exposées à des violations. La régionalisation des activités de son entité va se poursuivre.

Mais derrière ces ambitions, le HCDH doit composer avec des contraintes financières qui menacent la continuité de ses actions. Volker Türk a d'ailleurs mis en garde sur la situation de son agence, actuellement en « mode survie » avec le reflux des financements.

Il a ainsi rappelé plusieurs conséquences de la réduction du financement en 2025. Par exemple, le programme du Bureau au Myanmar a subi des coupes de plus de 60 %. Au Honduras, le soutien à la démilitarisation du système pénitentiaire et aux réformes du secteur de la justice et de la sécurité a été réduit.

Au Tchad, le plaidoyer et le soutien à près de 600 détenus emprisonnés sans fondement juridique ont dû être interrompus. « Nos rapports fournissent des informations crédibles sur les atrocités et les tendances en matière de droits humains à une époque où la vérité est érodée par la désinformation et la censure », a-t-il affirmé.

Des missions maintenues malgré les contraintes budgétaires

La crise de liquidité du budget ordinaire de l'ONU a gravement affecté le fonctionnement de l'ensemble du système de protection des droits humains. Trente-cinq dialogues entre les États et les organes conventionnels n'ont pu se tenir. La moitié des visites prévues par le Sous-Comité pour la prévention de la torture ont été annulées, tandis que les déplacements des rapporteurs spéciaux ont été fortement restreints.

Les mécanismes d'enquête du Conseil des droits de l'homme n'ont pas été en mesure d'exercer pleinement leur mandat. Faute de moyens, les enquêtes ont été drastiquement réduites : les effectifs ont chuté de moitié et près des deux tiers des missions ont été annulées, laissant de nombreux abus sans examen.

Le Haut-Commissariat a en outre perdu environ 300 agents et réduit ou fermé ses bureaux dans 17 pays, privant des communautés vulnérables de programmes essentiels.

Malgré, ces contraintes budgétaires, le Haut-Commissariat, qui dispose de 1.275 employés dans 87 pays, a mené l'an dernier plus de 5.000 missions de surveillance des droits humains et apporté un soutien direct à 67.000 survivants de la torture et des formes contemporaines d'esclavage, a souligné M. Türk.

OHCHR/Sudan
Des femmes soudanaises rencontrent l'équipe du HCDH à Port-Soudan

Financements en berne

Le HCDH a aussi documenté des dizaines de milliers de violations des droits humains, dont des centaines commises contre des journalistes et des défenseurs des droits, et dénoncé des discriminations dans plus de 100 pays.

« A l'échelle mondiale, nous avons contribué à la libération de plus de 4.000 personnes détenues arbitrairement, soit environ 1.000 de plus que l'année précédente », a ajouté M. Türk.

Mais ces efforts ont été fragilisés par des contraintes budgétaires accrues. L'année dernière, le Haut-Commissariat avait lancé un appel à 500 millions de dollars de dons, sur lesquels il n'a reçu qu'environ 260 millions, grâce au soutien de 113 partenaires financiers, publics et privés. De plus, son budget régulier, estimé à 246 millions de dollars pour 2025, avait in fine été réduit de plus de 54 millions.

Pour 2026, l'Assemblée générale a validé un budget ordinaire de 224,3 millions de dollars, en baisse de 10 % par rapport à 2025. Et une incertitude supplémentaire subsiste quant au montant réel que le Haut-Commissariat recevra en raison de la crise de liquidité à laquelle l'ONU est confrontée. Le Haut-Commissariat sollicite par ailleurs 400 millions de dollars supplémentaires en contributions volontaires.

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