03/13/2026 | News release | Distributed by Public on 03/13/2026 10:22
Les 10 et 11 mars 2026, les organisations membres de la Confédération européenne des syndicats (CES), dont l'OGBL et le LCGB, se sont réunies à l'occasion de la réunion du comité exécutif. Cette réunion, initialement prévue à Chypre, a dû être organisée en ligne en raison des événements survenus au Moyen-Orient. Les représentants syndicaux ont néanmoins pu mener des échanges fructueux sur des questions syndicales et politiques d'actualité.
La réunion a été ouverte par le président de la République de Chypre, Nikos Christodoulídis dont le pays assure actuellement la présidence du Conseil de l'UE. Compte tenu de la situation géopolitique et des défis auxquels l'Union est confrontée, le président chypriote a tout d'abord souligné l'importance d'un dialogue social fort et des négociations collectives en Europe. À cet égard, il a rappelé les débats en cours, notamment sur la compétitivité de l'UE et le fait que la croissance économique ne peut être atteinte si les travailleurs ne sont pas suffisamment protégés. L'UE doit absolument stimuler sa croissance économique. Cela ne fait aucun doute. Or, cette croissance doit s'accompagner d'initiatives politiques visant à renforcer la protection sociale des travailleurs et à créer des emplois durables et de qualité en Europe. Pour ce faire, l'UE doit enfin franchir le pas et investir massivement dans le développement des infrastructures et des services publics de qualité, mais aussi investir considérablement dans ses travailleurs, leurs compétences et l'apprentissage tout au long de la vie.
L'Europe face à un tournant décisif - La nécessité de renforcer l'autonomie stratégique de l'UE
Depuis 2022, la guerre est aux portes de l'Europe avec le début du conflit en Ukraine et à ce stade aucune issue favorable ne semble se dessiner. Maintenant, c'est le conflit en Iran qui menace de plonger l'UE dans une crise politique et économique encore plus profonde, et face à la stratégie du président américain Trump visant clairement à détruire le multilatéralisme, le risque de fragmentation de l'UE devient de plus en plus une réalité. Sur ce point également, les représentants syndicaux se sont penchés sur des pistes envisageables, en particulier sur la manière dont le mouvement syndical européen, mais surtout nos décideurs politiques, devraient agir. En premier lieu, l'Europe doit absolument renforcer son autonomie stratégique, notamment en renforçant ces industries et son modèle social. Pour l'instant, il semble toutefois que nos décideurs politiques fassent exactement le contraire. Les industries européennes continuent d'être délocalisées vers des pays tiers et le modèle social européen est attaqué de tous les côtés. Ainsi, des initiatives prévues par la Commission européenne, telles que le 28e régime juridique, risquent d'affaiblir considérablement les droits des travailleurs et de renforcer la concurrence déloyale au sein des États membres. Il en va de même pour les tentatives de déréglementation poussées par la Commission européenne qui mettent en péril les droits des travailleurs, et ce au profit des entreprises. Au cours des dernières années, l'UE a pourtant réalisé des progrès notamment avec la directive plateforme, la directive sur la transparence des rémunérations entre hommes et femmes, la directive pour des salaires minimaux adéquats dans l'UE. Cependant, ces avancées sont aujourd'hui remises en question par plusieurs organisations d'employeurs. Le mouvement syndical européen envoie un message clair à ce sujet et souligne que la voie actuellement empruntée par l'Europe n'est pas la bonne. L'Europe ne peut renforcer sa compétitivité et son autonomie stratégique qu'en créant des emplois de qualité et en s'engageant en faveur d'une économie solide et durable, soutenue par des investissements ciblés dans les industries européennes. Dans ce contexte, l'Industrial Accelerator Act (IAA) récemment présenté par la Commission européenne et qui vise à stimuler la compétitivité industrielle de l'UE en promouvant le « Made in EU », est certes un pas dans la bonne direction, mais elle n'est pas suffisante. Là encore, des propositions concrètes sont nécessaires pour éviter que le Made in Europe ne devienne un simple Made with Europe. Lorsque l'on parle d'autonomie stratégique, on ne peut pas non plus ignorer la question de l'intelligence artificielle (IA). D'une part, il est urgent de réglementer l'utilisation de l'IA dans le monde du travail. D'autre part, l'UE doit également enfin trouver un moyen de réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis en matière d'IA.
Pour des services publics de qualité
Au cours d'un débat animé sur les services publics, les syndicats ont une nouvelle fois souligné l'impact considérable des politiques d'austérité sur les services publics dans toute l'Europe. Les syndicats critiquent en particulier les coupes budgétaires et le manque d'investissements dans les services publics, qui sont en grande partie responsables de la détérioration de la qualité des services publics, du manque de personnel, de la dégradation des conditions de travail et du manque de formations de qualité pour les travailleurs dans ces services. Dans ce domaine également, il reste encore beaucoup à faire de la part de nos dirigeants politiques, qui doivent enfin prendre au sérieux l'importance de services publics de qualité s'ils veulent préserver le modèle social européen.
Résolutions adoptées lors de la réunion
Enfin, plusieurs résolutions ont été adoptées lors de la réunion, notamment une résolution sur l'euro numérique et la nécessité de réduire la dépendance de l'Europe à l'égard des systèmes de paiement non européens, la déclaration de Nicosie, dans laquelle les syndicats exhortent les décideurs européens à prendre en compte les revendications des syndicats pour faire face aux défis actuels, l'adoption d'une déclaration sur l'importance de la représentation des jeunes dans le mouvement syndical ainsi qu'une résolution sur la défense de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH).
Les syndicats luxembourgeois étaient représentés au comité exécutif de la CES par Pitt Bach (membre du bureau exécutif de l'OGBL) et Katia Neves (chargée de mission au Secrétariat européen commun de l'OGBL et du LCGB).
Communiqué par le Secrétariat européen commun de l'OGBL et du LCGB (SECEC), le 13.03.2026
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