African Union

07/23/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/23/2026 08:59

AUC ETTIM Commissioner Statement at Joint 9th STC on Finance and 5th STC Trade

Projet de discours de S.E. Mme Francisca Tatchouop Belobe, Commissaire de l'Union africaine au développement économique, au commerce, au tourisme, à l'industrie et aux minéraux & Sherpa du G20 de l'Union africaine À l'ouverture de la 9e session conjointe du Comité Technique Spécialisé (CTS) sur les finances, les affaires monétaires, la planification économique et l'intégration et de la 5e session du CTS sur le commerce, le tourisme, l'industrie et les ressources minérales de l'union africaine

Segment des Ministres

Excellence Monsieur le Premier Ministre de la République de Côte d'Ivoire, S.E. Robert Beugré Mambé,
Excellence Monsieur Jerónimo Carlos Osa Osa Nzang, ministre de l'Économie, du commerce, de l'industrie et de la promotion des investissements de le République de Guinée équatoriale, Président du Bureau ministériel du CTS TTIM ;
Excellence Monsieur Neal Rijkenberg, ministre des Finances, Royaume d'Eswatini - Président du Bureau ministériel du STC Finance.
Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,
Distingués Leaders de nos Institutions Financières, Régionales et Internationales,
Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation,
Honorables Experts,
Mesdames et Messieurs,

Bonjour !!!

  1. C'est un privilège insigne et un honneur de vous souhaiter la bienvenue, au nom de la Commission de l'Union africaine, à cette session ordinaire conjointe du neuvième Comité technique spécialisé sur les finances, les affaires monétaires, la planification économique et l'intégration, et du cinquième CTS sur le commerce, le tourisme, l'industrie et les minéraux, réunie sous le thème évocateur : « Financer l'industrialisation en Afrique pour un développement durable ».

  2. Je voudrais, avant tout propos, renouveler la profonde gratitude de la Commission de l'Union africaine au Président de la République de Côte d'Ivoire, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, ainsi qu'au Gouvernement et au Peuple ivoirien. Merci du fond du cœur pour votre hospitalité exceptionnelle et pour avoir accepté d'accueillir cette rencontre stratégique dans la dynamique ville d'Abidjan dans des délais aussi courts.

  3. Nous nous réunissons aujourd'hui à un moment de bascule pour l'économie mondiale, marqué par une incertitude accrue et d'intenses tensions géopolitiques. Du Moyen-Orient aux perturbations des routes maritimes critiques, la hausse des prix du pétrole, des engrais et du fret alourdit nos factures d'importation et alimente l'inflation, ralentissant directement notre productivité. Nos prévisions conjointes indiquent que la croissance économique de notre continent pourrait subir un frein allant jusqu'à deux points de pourcentage si ces goulots d'étranglement persistent.

  4. Certes, notre continent fait preuve de résilience. Après une contraction de 2,1 % en 2020 due à la pandémie, la croissance continentale a rebondi à 4,1 % en 2021 puis à 4,5 % en 2022. Bien qu'elle ait ralentit à 3,2 % en 2023 sous le poids du resserrement monétaire mondial et du fardeau de la dette, nous prévoyons une reprise progressive à 4,2 % en 2026 pour atteindre près de 4,5 % d'ici 2027.

  5. Mais disons-nous les choses avec lucidité. Si ces tempêtes extérieures nous ébranlent si profondément, c'est parce que notre base manufacturière reste tragiquement faible, représentant moins de 2 % de la valeur ajoutée mondiale. Nous continuons d'exporter nos matières premières brutes et nos minerais critiques pour réimporter de la valeur ajoutée au prix fort. L'histoire économique nous enseigne pourtant qu'aucun peuple n'est jamais passé de la pauvreté à la prospérité sans une transformation structurelle portée par l'industrialisation. Alors que les économies avancées déploient un retour agressif des politiques industrielles publiques, l'Afrique ne peut pas se permettre d'être l'exception.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

  1. L'Afrique dispose de tous les atouts pour réussir cette mutation. Nous comptons un marché unique de plus d'un milliard et demi de consommateurs grâce à la Zone de libre-échange continentale africaine, près de 30 % des réserves mondiales de minerais critiques, 60 % des terres arables non exploitées et une jeunesse talentueuse.

  2. Le véritable défi n'est donc pas celui du potentiel, mais celui du financement de sa transformation. Pour réaliser l'Agenda 2063, notre continent fait face à un déficit annuel colossal de 1 300 milliards de dollars, tandis que nos petites et moyennes entreprises souffrent d'un manque à gagner de 331 milliards de dollars. À cela s'ajoute une crise structurelle de la dette dont le service absorbe près d'un tiers de nos recettes publiques, évinçant les investissements essentiels dans les infrastructures, la technologie et le capital humain.

  3. Pour briser ce cercle vicieux, nous devons opérer un changement de paradigme fondamental en passant de la simple soutenabilité de la dette à la productivité de la dette. Nous devons emprunter exclusivement pour des investissements transparents, créateurs de richesses, et éliminer nos déficits d'efficacité publique.

  4. Financer l'industrialisation ne signifie pas seulement bâtir des usines. Cela implique de financer des corridors logistiques, une énergie abordable, la formation de nos jeunes et la certification de la marque « Fabriqué en Afrique ». Les ressources pour y parvenir existent sur notre sol, à travers nos recettes fiscales, les transferts de notre diaspora et les actifs de nos investisseurs institutionnels. Il nous appartient désormais d'orienter ces capitaux vers l'économie réelle.

  5. Au cours de leurs délibérations, nos experts ont examiné des instruments majeurs pour notre souveraineté économique, notamment le Programme pour le développement industriel accéléré de l'Afrique, la quatrième Décennie du développement industriel de l'Afrique, ainsi que l'opérationnalisation effective de notre propre agence de notation de crédit. Ces initiatives ne sont pas de simples textes ; elles forment la feuille de route concrète qui doit nous faire passer des stratégies aux investissements et des engagements aux résultats.

  6. Pour transformer ces ambitions en réalités tangibles, nos délibérations nous invitent à concentrer nos efforts sur cinq priorités stratégiques fondamentales.

Premièrement, nous devons bâtir une souveraineté financière continentale en accélérant la ratification et l'opérationnalisation des institutions financières de l'Union africaine, notamment l'Institut monétaire africain, tout en créant l'Agence africaine de notation de crédit et en mobilisant l'épargne longue de nos fonds de pension et d'assurances.

Deuxièmement, il est impératif d'intensifier la mobilisation des ressources intérieures en modernisant nos administrations fiscales, en luttant fermement contre les flux financiers illicites et en sanctuarisant une part des revenus de nos ressources naturelles pour le financement exclusif de l'industrialisation.

Troisièmement, nous devons déployer des instruments financiers innovants et souverains en renforçant nos institutions nationales de financement du développement, en promouvant le financement mixte et la finance climatique, et en réorientant notre gestion de la dette pour qu'elle soit prioritairement consacrée à des investissements industriels productifs.

Quatrièmement, nous devons intégrer nos marchés et nos infrastructures en accélérant le déploiement du Système de paiement et de règlement panafricain, en développant des corridors industriels régionaux et en utilisant les achats publics comme levier pour stimuler la transformation locale et l'initiative « Fabriqué en Afrique ».

Enfin, nous devons harmoniser nos politiques économiques continentales en instaurant une coordination stricte entre nos ministères des finances, nos banques centrales et nos ministères de l'industrie, tout en accélérant la mise en œuvre intégrée du Programme pour le développement industriel accéléré de l'Afrique et de la quatrième Décennie du développement industriel.

  1. L'Afrique à laquelle nous aspirons ne se construira pas dans l'attente, mais dans la transformation locale de nos ressources et dans la création de millions d'emplois dignes pour notre jeunesse. Saisissons l'occasion historique qui nous est offerte ici à Abidjan pour passer des engagements aux actes, tracer cette voie audacieuse et bâtir ensemble une Afrique industrielle, prospère et pleinement souveraine sur la scène internationale.

  2. Je vous remercie de votre aimable attention et vous souhaite des travaux couronnés de succès.

African Union published this content on July 23, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on July 23, 2026 at 14:59 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]