03/10/2026 | News release | Distributed by Public on 03/10/2026 06:10
Il y a 120 ans jour pour jour, le Bassin minier basculait dans l'horreur. Le 10 mars 1906, une explosion ravage les galeries reliant plusieurs fosses à Méricourt, Billy-Montigny et Sallaumines, provoquant la plus grande catastrophe minière d'Europe. 1 099 mineurs perdent la vie, dont 290 enfants. Ce mardi 10 mars 2026, habitants, élus et scolaires se rassemblent à la nécropole dite "le Silo", à Méricourt, pour rendre hommage aux victimes.
Le drame survient au petit matin du 10 mars 1906. Depuis plusieurs jours, un feu couve dans la veine Cécile à Méricourt. Malgré les alertes, la sécurité passe au second plan face à la pression de la production.
À 6h30, un violent coup de poussière ravage près de 110 km de galeries souterraines reliant plusieurs fosses. Au total, 1 664 mineurs étaient descendus travailler jusqu'à 320 mètres sous terre. Les secours se heurtent rapidement aux effondrements et aux gaz toxiques. Le bilan est terrible : 1 099 morts, dont près de 300 enfants.
Alors que les recherches sont arrêtées depuis le 13 mars, un événement extraordinaire survient le 30 mars 1906 : treize mineurs ressortent vivants de la fosse 2 de Billy-Montigny après vingt jours d'errance dans les galeries. Un quatorzième survivant est retrouvé le 4 avril.
Pour rester en vie, ils ont consommé les repas laissés par leurs camarades, l'avoine destinée aux chevaux ou encore le cuir de leurs ceintures. Leur histoire donnera naissance au mot "rescapé", issu du picard « escaper », signifiant échapper.
Au-delà de la tragédie, la catastrophe rappelle l'importance du monde minier dans l'histoire des Hauts-de-France. Pendant plus d'un siècle, les mineurs ont alimenté l'industrialisation du pays et façonné l'économie de la région.
Mais leur héritage dépasse l'aspect économique. Solidarité, entraide, luttes sociales et vie collective dans les cités minières ont profondément marqué l'identité du territoire. Aujourd'hui encore, cette mémoire reste vivante, notamment à travers les sites du Bassin minier inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2012.
La catastrophe provoque une profonde indignation. La reprise du travail imposée par la compagnie minière déclenche une grève nationale historique et contribue à faire évoluer les règles de sécurité dans les mines.
Aujourd'hui, la mémoire du drame reste profondément ancrée dans le territoire. La nécropole "le Silo", à Méricourt, surplombe la fosse commune où reposent 272 victimes non identifiées.
Ce mardi matin, une cérémonie commémorative s'y déroule en présence d'élèves de plusieurs communes, avec dépôts de gerbes, lectures et chants du chœur des mineurs polonais de Douai. Un moment de recueillement pour rappeler que l'histoire du Bassin minier est aussi celle du courage et de la solidarité des mineurs.
En Hauts-de-France, la mémoire minière reste un enjeu majeur. La Région s'engage activement pour préserver et transmettre cet héritage à travers des projets éducatifs, patrimoniaux et culturels.
La commémoration s'inscrit aussi dans un travail de transmission auprès des plus jeunes. Sous l'égide du pôle Pays d'art et d'histoire de Lens-Liévin, des élèves de cycle 3 de Billy-Montigny, Fouquières-lès-Lens et Noyelles-sous-Lens ont réalisé des panneaux explicatifs et des livrets en accordéon, appelés "leporellos", pour raconter la catastrophe.
Les élèves ont également travaillé avec l'auteur et illustrateur Jean-Luc Loyer autour de la bande dessinée Sang Noir, utilisant l'illustration pour mieux comprendre la dureté du métier de mineur.
D'autres collégiens participent directement à la cérémonie : une classe de SEGPA du collège Wallon de Méricourt a conçu la signalétique guidant le public vers la nécropole, tandis que des élèves des collèges Wallon et Baker de Sallaumines liront des textes lors de l'hommage.