UNOG - United Nations Office at Geneva

02/03/2026 | News release | Distributed by Public on 02/03/2026 23:29

Au Liban, drones, substances inconnues et Casques bleus sous pression

Le long de la Ligne bleue, cette ligne de démarcation qui sépare le Liban d'Israël, les alertes se multiplient, les incidents militaires se banalisent et la marge d'erreur se rétrécit.

Le long de la Ligne bleue, cette ligne de démarcation qui sépare le Liban d'Israël, les alertes se multiplient, les incidents militaires se banalisent et la marge d'erreur se rétrécit.

En l'espace de 48 heures, les Casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) ont été confrontés à une succession d'incidents qui illustrent l'extrême fragilité du cessez-le-feu et l'usure d'un terrain sous tension permanente.

Lundi, au siège des Nations Unies à New York, le porte-parole de l'organisation, Stéphane Dujarric, a confirmé que les forces de maintien de la paix avaient appuyé les autorités libanaises dans la collecte d'échantillons d'une substance larguée par l'armée israélienne au nord de la Ligne bleue.

Les prélèvements doivent désormais être analysés par Beyrouth afin d'en déterminer la toxicité. « Les autorités libanaises testeront les échantillons et la FINUL reste en contact avec elles alors qu'elles s'efforcent d'obtenir des résultats aussi rapidement que possible », a précisé M. Dujarric, lors du point de presse quotidien de l'ONU.

Patrouilles suspendues, inquiétudes persistantes

L'incident, survenu dimanche matin, avait déjà conduit la FINUL à suspendre temporairement plus d'une douzaine d'activités opérationnelles le long de la frontière sud. Pendant plus de neuf heures, patrouilles et déplacements ont été interrompus, après que l'armée israélienne a indiqué son intention de libérer ce qu'elle décrivait comme une substance « non toxique » à proximité de la Ligne bleue. « Les forces de défense israéliennes ont dit aux Casques bleus de rester à l'écart de la zone », a rapporté Stéphane Dujarric.

La mission, déployée depuis 1978 par le Conseil de sécurité, est chargée d'encadrer le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah et de prévenir toute escalade militaire le long de la Ligne bleue.

Au-delà du risque immédiat pour les soldats de la paix, la FINUL s'est dite préoccupée par les conséquences potentielles pour les civils, les terres agricoles et le retour à long terme des habitants déplacés dans cette région déjà éprouvée. « Ce n'est pas la première fois que les forces de défense israéliennes larguent des substances chimiques inconnues depuis des avions au-dessus du Liban », a rappelé la mission, appelant Israël à mettre un terme à ces pratiques.

Drones armés et menace directe

La tension est encore montée d'un cran mardi matin. En patrouille près de Kafr Kela, dans le secteur est, des Casques bleus ont observé deux drones survolant leur position. L'un d'eux, transportant un objet non identifié, est entré dans une zone évaluée comme une menace immédiate. Les soldats ont alors pris des mesures défensives. Selon M. Dujarric, le drone a largué une grenade assourdissante à une cinquantaine de mètres avant de repartir vers le sud, en direction du territoire israélien. Aucun blessé n'est à déplorer, et la patrouille a pu se poursuivre.

Comme à chaque incident dans les zones sensibles, la FINUL a informé les armées libanaise et israélienne. Le message, lui, se veut sans ambiguïté. « L'utilisation de drones armés est bien entendu inacceptable », a martelé le porte-parole de l'ONU. « Nous réitérons l'obligation pour toutes les parties de respecter la Ligne bleue, d'assurer la sécurité des Casques bleus et d'éviter toute action qui les met en danger ».

Une ligne de cessez-le-feu sous tension constante

Longue d'environ 120 kilomètres, la Ligne bleue matérialise depuis 2000 le retrait israélien du sud du Liban et constitue l'axe central du mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban. Toute violation aérienne ou terrestre y est scrutée avec attention.

Après une nouvelle invasion du Liban par Israël en octobre 2024, dans le sillage de la guerre à Gaza, l'armée israélienne a opéré un retrait progressif du pays à partir de février 2025.

Mais les violences transfrontalières continuent et les signaux d'apaisement peinent à se matérialiser sur le terrain. « Toute activité susceptible de mettre en danger les Casques bleus et les civils est une source de vive préoccupation », a averti Stéphane Dujarric, rappelant l'exigence d'un respect plein et entier des engagements pris.

À mesure que s'accumulent drones, substances non identifiées et incidents « techniques », la Ligne bleue ressemble de moins en moins à une ligne de séparation stabilisée - et de plus en plus à un fil tendu, prêt à rompre.

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