03/02/2026 | Press release | Archived content
(La version prononcée fait foi)
Nous suivons toutes et tous avec préoccupation les attaques militaires lancées en République islamique d'Iran et au Moyen-Orient.
L'Agence a réagi immédiatement, conformément à son mandat, pour se concentrer sur les éventuelles situations d'urgence radiologique qui pourraient découler des opérations militaires.
Le Centre des incidents et des urgences (IEC) de l'AIEA est mobilisé : une équipe dédiée est chargée de recueillir les informations et d'évaluer la situation tout en tenant compte des limitations en matière de communication qui sont dues au conflit.
Le réseau régional de surveillance de la sûreté est en état d'alerte et en contact permanent avec l'Agence. Pour l'heure, aucune élévation des niveaux de radiation au-dessus des niveaux de fond de rayonnement habituels n'a été détectée dans les pays limitrophes de l'Iran.
En ce qui concerne l'état des installations nucléaires en Iran, jusqu'ici rien n'indique qu'une installation nucléaire ait été endommagée ou touchée, qu'il s'agisse de la centrale nucléaire de Bushehr, du réacteur de recherche de Téhéran ou d'autres installations du cycle du combustible nucléaire.
Nous continuons de nous employer à entrer en contact avec les autorités iraniennes de réglementation nucléaire par l'intermédiaire de l'IEC, mais nous n'avons pas encore eu de réponse. Nous espérons que cette voie de communication indispensable pourra être rétablie sans plus tarder.
L'Iran et bon nombre d'autres pays de la région qui ont fait l'objet d'attaques militaires ont des centrales nucléaires et des réacteurs nucléaires de recherche en service, ainsi que des sites d'entreposage de combustible associés, ce qui accentue la menace qui pèse sur la sûreté nucléaire. Quatre réacteurs nucléaires sont en exploitation aux Émirats arabes unis et des réacteurs nucléaires de recherche sont en service en Jordanie et en Syrie. L'Arabie saoudite, Bahreïn, l'Iraq, le Koweït, Oman et le Qatar ont aussi été attaqués. Tous ces pays utilisent des applications nucléaires d'une sorte ou d'une autre. Nous appelons donc à la plus grande retenue dans toutes les opérations militaires.
Conformément aux objectifs énoncés dans le Statut de l'AIEA, j'appelle de nouveau toutes les parties à exercer la plus grande retenue afin d'éviter une nouvelle escalade.
Permettez-moi de rappeler une fois encore les résolutions prises par la Conférence générale. Celles-ci disposent que les attaques armées contre des installations nucléaires ne devraient jamais avoir lieu et qu'elles pourraient provoquer des rejets radioactifs ayant des conséquences graves à l'intérieur des frontières de l'État attaqué et au-delà.
Pour obtenir l'assurance à long terme que l'Iran n'acquerra pas d'armes nucléaires et maintenir l'efficacité du régime mondial de non-prolifération, nous devons en revenir à la diplomatie et aux négociations.
L'Agence continuera de suivre de près la situation en tirant parti des ressources particulières dont elle dispose, des compétences approfondies qui sont les siennes et du vaste réseau international dont elle fait partie. Elle rendra compte de toute conséquence radiologique de l'activité militaire actuelle et se tiendra prête à conseiller et à aider ses États Membres en cas de répercussions pour la sûreté et la sécurité nucléaires.
Comme vous le savez, j'ai moi-même étroitement participé aux efforts déployés pour trouver une solution diplomatique qui permettrait de sortir de l'impasse s'agissant du programme nucléaire iranien. J'ai été invité par les négociateurs à participer aux deux dernières séries de consultations qui se sont tenues à Genève, dans le cadre desquelles j'ai apporté les conseils techniques et impartiaux de l'AIEA.
Malheureusement, les parties ne sont pas parvenues à un accord cette fois-ci. Je suis sûr que nous sommes tous animés d'un grand sentiment de frustration, ce qui est tout à fait compréhensible.
Le recours à la force fait partie des relations internationales depuis un temps immémorial. Cela est un fait, mais c'est toujours l'option qui est la moins plébiscitée.
Je reste convaincu que la solution durable à cette discorde de longue date réside dans la voie diplomatique. L'AIEA sera présente, prête à jouer son rôle indispensable, chaque fois qu'on fera appel à elle, quel que soit l'endroit.
Pour ce qui est des questions nucléaires, il est tout à fait essentiel de bien comprendre la portée et la vérifiabilité d'un accord.
La diplomatie est une voie difficile, mais jamais impossible à suivre. La diplomatie nucléaire est encore plus difficile, mais elle n'est jamais impossible.
La question n'est pas tant de savoir si nous nous réunirons de nouveau autour de la table diplomatique, mais bien quand nous le ferons : nous devons absolument le faire le plus rapidement possible.
Monsieur le Président, Excellences,
Pour conclure, je tiens à rappeler que je maintiens un contact étroit avec les États Membres touchés dans la région. L'AIEA connaît parfaitement la nature et l'emplacement des matières nucléaires et radiologiques dans la région. Elle dispose d'orientations claires sur les mesures à prendre au cas où une attaque ou un accident provoquerait un rejet radiologique, et elle a la possibilité d'apporter une aide pratique si nécessaire. Permettez-moi de souligner que la situation actuelle est très préoccupante. On ne peut exclure la possibilité d'un rejet radiologique qui aurait de graves conséquences, comme la nécessité d'évacuer des zones dont la taille serait ou dépasserait celle de grandes villes. Je puis vous assurer que l'AIEA est bel et bien présente : elle travaille avec ses États Membres, tient la communauté internationale informée et reste prête à réagir sur-le-champ en cas d'atteinte à la sûreté nucléaire.