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02/10/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/10/2026 14:41

Conseil de sécurité: inquiétudes face aux tentatives unilatérales de modifier l’Accord revitalisé sur le règlement du conflit au Soudan du Sud

Alors que le Soudan du Sud fait face à une recrudescence de la violence, notamment dans l'État de Jongleï, où 230 000 personnes ont été déplacées depuis décembre dernier, le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix a appelé, ce matin, à une approche coordonnée et forte de la communauté internationale pour préserver l'intégrité et la suprématie de l'Accord revitalisé sur le règlement du conflit en République du Soudan du Sud et aboutir, à terme, à la tenue d'élections libres sur le plan national.

« Le dialogue et l'établissement du consensus entre tous les signataires et parties prenantes à l'Accord sont le seul moyen de sortir de l'impasse actuelle », a affirmé M. Jean-Pierre Lacroix, qui a engagé le Conseil de sécurité à faire en sorte que les acteurs politiques au Soudan du Sud dégagent un consensus sur la marche à suivre.

Soulignant que toute modification à l'Accord de paix revitalisé exige un processus inclusif et consensuel, M. Jean-Pierre Lacroix s'est dit préoccupé par les récentes initiatives unilatérales visant à le modifier, notamment les propositions du Gouvernement de transition visant à renvoyer des tâches en suspens essentielles, comme l'établissement d'une constitution, à après la tenue des élections ce qui modifierait la primauté de l'Accord et sa place dans la législation nationale.

De son côté, l'Armée populaire de libération du Soudan dans l'opposition (APLS dans l'opposition), qui est signataire de l'Accord, a expliqué que sa participation au dialogue politique est conditionnée par la libération du Premier Vice-Président, M. Riek Machar, a-t-il indiqué.

À l'unisson avec le Secrétaire général adjoint, les États-Unis, la France et d'autres ont dénoncé les tentatives unilatérales du Gouvernement de transition de modifier des dispositions fondamentales de cet accord ainsi que la prolifération de structures de gouvernance parallèles en dehors du cadre convenu.

« L'Accord de paix revitalisé demeure le cadre clef qui confère sa légitimité au Gouvernement de transition. Il offre la seule feuille de route viable vers la paix, et pourtant, il a été progressivement et systématiquement vidé de sa substance par des amendements unilatéraux, » s'est inquiété le Danemark.

Le Royaume-Uni a appelé le Gouvernement de transition à renoncer à la destitution des responsables de l'opposition, tandis que les États-Unis ont accusé les dirigeants sud-soudanais de saper l'objectif de paix.

« Au Soudan du Sud, le principal défi actuel n'est pas l'absence d'un cadre de paix, mais la nécessité urgente de mettre pleinement en œuvre l'Accord revitalisé », a constaté la Colombie.

Le Conseil appelé à agir

Préoccupé par l'étendue des violations du cessez-le-feu, le Président par intérim de la Commission mixte de suivi et d'évaluation reconstituée, organe chargé de suivre et d'évaluer l'état d'avancement de la mise en œuvre de l'Accord revitalisé, a appelé le Conseil de sécurité à exhorter les dirigeants de Djouba à promouvoir la réconciliation et régler les différends par les mécanismes de l'Accord revitalisé.

Il faut également aider le Gouvernement provisoire d'union nationale revitalisé à trouver une solution politique à la question du Premier Vice-Président et de tous les détenus politiques; rétablir immédiatement le cessez-le-feu permanent et réunir les forces de sécurité sous un commandement unique et impartial, a estimé M. George Aggrey Owinow.

Le Directeur exécutif de la Community Empowerment for Progress Organization (CEPO), M. Edmund Yakani, a lui aussi appelé à la tenue d'un dialogue sans exclusive entre les signataires de l'Accord de paix revitalisé, exhortant en outre les parties à s'accorder sur les conditions nécessaires à la tenue des élections prévues pour décembre 2026.

La Chine a cependant appelé le Conseil à éviter toute pression extérieure, avertissant que toute sanction ne ferait qu'aggraver la situation.

« Il faut œuvrer à l'unité du pays, et non nourrir les dissensions », a souligné le représentant chinois, qui a appelé à éviter les pressions, des solutions africaines devant, selon lui, être apportées aux défis africains.

Même son de cloche du côté de la Fédération de Russie, qui a averti que le régime de sanctions constitue le principal obstacle à la formation et à l'équipement de l'armée unifiée du pays.

La représentante russe a également estimé que la décision du Gouvernement de ne pas prolonger la période de transition et d'organiser des élections en décembre 2026, sur la base de la Constitution provisoire, constitue un ajustement des priorités, et non un abandon de l'Accord de paix revitalisé.

La question du calendrier doit relever du pouvoir discrétionnaire de Djouba pour éviter des tensions supplémentaires. Seuls les Sud-Soudanais peuvent décider de la formation d'un gouvernement stable, a insisté la représentante russe, mais il faut les aider à prévenir tout risque d'escalade à l'approche des élections.

Les engagements de Djouba

Pour sa part, le Soudan du Sud, qui a affirmé rester pleinement engagé en faveur de l'Accord revitalisé, a mis en garde contre des récits postulants une fausse équivalence entre des actions étatiques prises pour protéger civils et institutions et les actions d'acteurs armés agissant hors du cadre de paix. « De tels récits risquent de saper le respect de l'Accord revitalisé. » Par ailleurs, la déléguée sud-soudanaise a signalé que des acteurs non-étatiques trouvent un terrain propice dans son pays pour opérer. « Cette situation est un problème récurrent depuis l'indépendance du pays et a de graves conséquences pour les civils ».

« La période de transition doit être conduite dans le respect de la stabilité, de la préservation des institutions étatiques et la promotion des réformes agréées », a-t-elle insisté.

La MINUSS - une mission « indispensable »

Au cours de cette séance, les délégations ont apporté un soutien quasi unanime à la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), notant que sa contribution à la protection des civils, à la dissuasion de la violence, à l'atténuation des conflits intercommunautaires et à la facilitation de l'accès humanitaire demeure « indispensable ».

Le Secrétaire général adjoint a toutefois indiqué que « la Mission a réduit sa voilure », les mesures de réduction des coûts ayant d'ores et déjà entrainé une baisse significative de ses capacités opérationnelles. Par conséquent la Mission s'est adaptée et donne la priorité à la facilitation humanitaire, la protection et la réponse rapide.

Les membres du Conseil ont été nombreux à demander qu'elle puisse disposer des ressources nécessaires pour être en mesure d'opérer et de remplir son mandat. Ainsi le Pakistan a estimé que le prochain renouvellement de la MINUSS est « crucial » et doit préserver les capacités fondamentales de la Mission, afin d'éviter une nouvelle détérioration de la situation. Pour cela, ont souligné les A3 (Libéria, République démocratique du Congo et Somalie), la Mission doit pouvoir compter sur un financement pérenne.

Quant aux entraves au travail de la MINUSS posées par le Gouvernement de transition, les États-Unis ont mis ce dernier en garde: « cela a un coût financier et c'est à Djouba de l'endosser ».

Toute absence de coopération menace la viabilité de la Mission et pèsera lourd dans les discussions sur son avenir, a mis en garde la délégation.

Pour en savoir davantage sur la situation au Soudan du Sud: n2600801.pdf

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