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10/16/2025 | Press release | Distributed by Public on 10/16/2025 15:12

Assemblée générale: le débat sur le développement durable en Afrique laisse voir un continent « qui ne cherche pas de la sympathie, mais des partenariats »

L'Assemblée générale a tenu, ce matin, son débat annuel sur la question du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), l'occasion pour nombre d'intervenants de souligner, à l'instar de la Namibie que le continent ne cherche pas de la sympathie, mais plutôt des partenariats afin de mettre en œuvre l'Agenda 2063 de l'Union africaine qui s'aligne à plus de 90% sur le Programme 2030 des Nations Unies. Selon la même délégation, « le peuple africain a le talent, la résilience et la détermination pour bâtir un continent prospère et pacifique mais il a besoin d'un environnement mondial juste où l'on appuie la paix, on permet le développement et on garantit la justice ». L'importance de réformer l'architecture financière internationale a également été soulevée à plusieurs reprises.

Pas de développement durable sans paix, et vice versa

« Il ne peut pas y avoir de développement durable sans paix, et il ne peut pas y avoir de paix durable sans développement. » C'est sur un ton sentencieux que la Guinée-Bissau, intervenant au nom du Groupe des États d'Afrique, a mentionné ce truisme, avant d'insister sur l'importance de consolider les capacités de l'État, notamment en renforçant les infrastructures publiques et la confiance dans les institutions, afin de libérer le potentiel du continent africain en matière de mobilisation de ressources, de créations d'emplois et de responsabilisation fiscale.

Pour le Groupe, il est aussi important de miser sur la consolidation de la paix en Afrique; plutôt un investissement qu'une dépense quand on voit que 70% de la population africaine vit dans des pays où la sécurité et l'état de droit ont été affaiblis au cours de la dernière décennie.

La paix en Afrique ne peut être imposée de l'extérieur mais doit être menée et prise en charge par les Africains, a aussi souligné le Venezuela qui parlait au nom du Groupe des Amis pour la défense de la Charte des Nations Unies. À ce propos, le représentant de l'Union européenne (UE), « premier partenaire commercial de l'Afrique, principal partenaire en matière de paix et de sécurité et premier contributeur d'APD [aide publique au développement] et d'aide humanitaire », a indiqué que depuis le dernier sommet UE-Union africaine en 2022, l'UE a approuvé un soutien aux aspects militaires et de défense des initiatives africaines de paix et de sécurité par l'intermédiaire de la facilité européenne pour la paix. À ce jour, a-t-il précisé, plus de la moitié des bénéficiaires de la facilité sont des partenaires africains, et le soutien total à ces partenaires s'élève à plus d'un milliard d'euros.

Réformer l'architecture financière internationale

Le Groupe des Amis pour la défense de la Charte des Nations Unies a également dénoncé le déficit de financement, de plus de 1 600 milliards de dollars, auquel l'Afrique est confrontée pour atteindre les objectifs du Programme 2030 et de l'Agenda 2063. Dans le même temps, a-t-il relevé, elle perd près de 90 milliards de dollars chaque année à cause des flux financiers illicites.

Un état de fait qui a poussé la grande majorité des intervenants, notamment le Groupe des États d'Afrique, a réclamer une réforme urgente de l'architecture financière internationale. Cela comprend un allégement du fardeau de la dette, l'augmentation des financements concessionnels, le transfert de technologie et la garantie de la participation pleine et égale de l'Afrique à la prise de décisions mondiale.

« Les efforts nationaux ne suffiront pas à eux seuls », a souligné le Zimbabwe, en plaidant pour une coopération internationale renforcée en matière de renforcement des capacités, de transfert de technologie et d'accords fiscaux internationaux équitables pour permettre aux pays de mobiliser leurs ressources nationales. La délégation a également conseillé de recourir aux financements mixtes afin de mobiliser des capitaux privés pour des projets de développement à fort impact.

Il importe en outre d'accroître la capacité de prêt de la Banque africaine de développement (BAfD) et d'investir dans des modèles de financements mixtes, comme le fait le Portugal depuis 2018 avec le Pacte lusophone. La délégation portugaise a aussi encouragé la coopération triangulaire pour mobiliser davantage de ressources, ainsi que la création de mécanismes de financements « plus agiles et plus innovants », citant en exemple les échanges dette-climat en cours de mise en place par le Portugal avec Cabo Verde et Sao Tomé-et-Principe.

« La transformation de l'Afrique passe par une architecture financière mondiale plus juste, plus inclusive et plus représentative », qui libère le potentiel du continent pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD), a abondé l´Espagne qui a appelé tous les États Membres à se joindre aux initiatives de l'Engagement de Séville issu de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement. Cet Engagement fournit en effet une nouvelle feuille de route pour cette entreprise de mobilisation de fonds, a renchéri l'UE qui a promis une mobilisation de 150 milliards d'euros d'ici à 2030 pour stimuler les investissements durables en Afrique.

Néanmoins, le soutien international à l'Afrique doit aller au-delà de l'aide en créant un système dans lequel aucun pays ne doit choisir entre rembourser sa dette extérieure et éduquer ses enfants, ont estimé les Maldives. Selon la délégation, la réforme du système financier international n'est plus une option, c'est une nécessité pour parvenir à une architecture financière reflétant les réalités du XXIe siècle où l'accès au financement est basé sur les besoins et non sur la classification des revenus.

D'autres réformes nécessaires et cruciales

La représentante de l'Algérie a aussi constaté que nombre de pays africains font face à une équation difficile: ils doivent en effet répondre à d'immenses besoins sociaux avec une marge de manœuvre budgétaire limitée et une grande dépendance aux financements extérieurs. De même, l'accès aux crédits concessionnels, la restructuration de la dette et la lutte contre les flux financiers illicites doivent devenir des priorités partagées.

L'Éthiopie a constaté pour sa part que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) demeure un levier majeur pour stimuler le commerce intra-africain et combler les déficits d'infrastructure.

Les pays africains n'ayant pas les ressources pour faire face aux évènements extrêmes, notamment les aléas climatiques, plusieurs orateurs ont jugé urgent de revoir à la hausse le financement climatique et d'adaptation. Ce fut notamment le cas de l'Angola qui a insisté sur l'importance de la justice climatique et exhorté les pays développés à s'acquitter de leurs engagements en fournissant 100 milliards de dollars par an aux pays en développement afin de faire face aux changements climatiques, notant que les pays africains n'ont pas les ressources pour faire face aux évènements extrêmes.

Présentant son pays comme un leader en matière d'annulation de la dette extérieure des pays africains, le délégué de la Fédération de Russie a jugé impératif d'« exiger, sans relâche, justice auprès des anciennes puissances coloniales ». L'exigence de justice réparatrice est non seulement légitime, mais urgente, a abondé le Groupe des Amis pour la défense de la Charte des Nations Unies. Et elle doit inclure, selon le Groupe, la restitution des biens culturels, le recouvrement des flux financiers illicites et une compensation significative pour les injustices historiques.

Enfin, l'appel de la Namibie à appuyer l'autodétermination du Sahara occidental a poussé le Maroc à inviter Windhoek à « se préoccuper de la situation dans le territoire de Caprivi qui reste sous occupation namibienne ».

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