12/31/2025 | News release | Distributed by Public on 01/01/2026 03:16
Selon la MINUSCA, le vote du 28 décembre s'est déroulé « globalement comme prévu », malgré un contexte sécuritaire et logistique particulièrement contraignant.
D'après les rapports préliminaires des observateurs, plus de 99 % des bureaux de vote ont ouvert à l'heure sur l'ensemble du territoire. Les enveloppes contenant les résultats sont en cours d'acheminement depuis 19 chefs-lieux de préfecture vers Bangui, avec un appui logistique et sécuritaire assuré par la mission onusienne.
Ce scrutin marque un tournant dans l'histoire politique centrafricaine. Jamais le pays n'avait organisé, en une seule opération, quatre élections simultanées. Les élections municipales, en particulier, n'avaient plus été tenues depuis 1988 et figuraient parmi les engagements centraux de l'accord politique pour la paix et la réconciliation signé en 2019.
Vaste, enclavée et faiblement peuplée, la République centrafricaine est sillonnée de forêts épaisses, de cours d'eau et de routes souvent impraticables. En dehors de Bangui, nombre de localités ne sont accessibles qu'au terme de plusieurs jours de trajet ou par voie aérienne. Dans ce contexte, l'organisation matérielle du scrutin constituait un défi majeur.
La MINUSCA affirme avoir travaillé étroitement avec les autorités nationales et les agences des Nations Unies pour acheminer l'ensemble du matériel électoral dans les délais. Au total, 84 vols et huit convois routiers ont permis de transporter plus de 230 tonnes de matériel - bulletins de vote, encre indélébile, cartes d'électeurs, isoloirs et urnes.
Selon la mission, la quasi-totalité des 6 700 bureaux de vote ont pu être approvisionnés et fonctionner normalement dans vingt préfectures. Près de 34 500 personnes - agents électoraux, superviseurs et personnels de bureaux de vote - ont par ailleurs été formées avec l'appui des Nations Unies.
La mission de maintien de la paix de l'ONU a été déployée dans le pays en 2014, un an après la prise du pouvoir par la force de la Séléka, une coalition musulmane désormais officiellement dissoute. Les exactions commises par le groupe ont provoqué la formation de milices à majorité chrétienne, dites anti-Balaka, qui ont à leur tour pris pour cible des civils musulmans du pays.
Malgré la présence des Casques bleus et la tenue d'élections en 2016, l'instabilité continue de marquer le pays. Une large partie du territoire reste sous le contrôle de groupes armés, en dépit de l'accord de paix signé en 2019 entre 14 d'entre eux et le gouvernement.
Toutefois, deux des mouvements les plus actifs, l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC) et le groupe Retour, réclamation et réhabilitation (3R), ont accepté de déposer les armes au mois d'avril. Au total, 11 des 14 milices signataires de l'accord de 2019 ont été officiellement dissoutes, avec l'appui logistique et technique de la MINUSCA.
Sur le plan sécuritaire, les autorités ont déployé des renforts de l'armée et de la police, soutenus logistiquement par la MINUSCA, tandis que les patrouilles des Casques bleus et de la police onusienne étaient intensifiées. Des véhicules et des motos ont également été fournis aux forces nationales afin d'atteindre les zones isolées.
Lors d'une conférence de presse à Bangui, la représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU pour la République centrafricaine, Valentine Rugwabiza, a estimé que la mission avait « rempli avec succès son mandat », malgré « un environnement opérationnel difficile ».
Une attaque a toutefois empêché la tenue du scrutin à Bambouti, dans la préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est du pays, près de la frontière avec le Soudan du Sud. Attribuée au groupe armé Azandé Ani Kpi Gbe (AAKG), l'attaque s'est accompagnée de prises d'otages, dont celle du sous-préfet. Mme Rugwabiza a indiqué que la MINUSCA travaillait « jour et nuit » depuis dimanche pour obtenir la libération des personnes retenues.
L'autorité nationale des élections doit annoncer les résultats provisoires de l'élection présidentielle le 5 janvier 2026, ouvrant une nouvelle phase politique pour un pays encore fragile, mais engagé dans un exercice électoral sans précédent.