UNOG - United Nations Office at Geneva

06/29/2026 | News release | Distributed by Public on 06/29/2026 11:38

Au Venezuela, la fenêtre pour secourir les survivants se referme

Cinq jours après le double séisme qui a frappé le nord du Venezuela, les secours continuent de fouiller les amas de béton dans l'espoir de retrouver des survivants. Mais à mesure que les heures passent, les opérations de sauvetage cèdent progressivement la place à une autre mission. Permettre à des milliers de familles de retrouver les corps de leurs proches.

Le bilan officiel s'élève désormais à au moins 1 450 morts et plus de 3 200 blessés. Il reste toutefois très provisoire. Des dizaines de milliers de personnes sont toujours portées disparues, laissant craindre un nombre de victimes bien supérieur.

« La destruction est partout », a témoigné lundi Stephanie Hochstetter, directrice de l'antenne vénézuélienne du Programme alimentaire mondial (PAM), depuis La Guaira, à une quarantaine de kilomètres au nord de Caracas. « Beaucoup de personnes ont perdu la vie. Des milliers d'autres sont blessées et des centaines de bâtiments ont été détruits ou gravement endommagés », décrit-elle. « Les besoins alimentaires seront immenses ».

« Nous avons commencé à creuser à mains nues »

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Dans l'État côtier de La Guaira, parmi les régions les plus durement touchées, les pelleteuses côtoient encore des habitants armés de simples pelles ou de leurs mains. Les deux secousses de magnitude 7,2 puis 7,5, survenues à moins d'une minute d'intervalle, dans le nord du pays mercredi 24 juin ont transformé des quartiers entiers en champs de ruines.

Mireya Quesada Sojo fouille depuis plusieurs jours les décombres où vivaient des membres de sa famille.

« Au début, nous avons commencé à creuser à mains nues pour tenter de retrouver les membres de notre famille », raconte-t-elle. « Nous savons qu'ils ne sont plus en vie, mais nous avons besoin de les revoir une dernière fois, même si cela est douloureux. Nous demandons donc de l'aide pour pouvoir les dégager. Des personnes sont venues nous prêter main-forte et nous leur en sommes profondément reconnaissants ».

La branche humanitaire des Nations Unies (OCHA) souligne que de nombreuses familles poursuivent leurs recherches « souvent au milieu de décombres dangereux et malgré des chances infimes ».

Depuis les premières heures de la catastrophe, l'agence coordonne la réponse internationale mobilisée par 27 pays, qui rassemble plus de 2 200 secouristes et 140 chiens spécialisés dans la recherche de victimes.

Une urgence qui dépasse les secours

Au-delà des opérations de sauvetage, l'urgence humanitaire prend désormais une ampleur considérable.

L'ONU a installé trois hôpitaux de campagne à La Guaira, tandis que l'OCHA coordonne l'acheminement de matériel médical, d'abris d'urgence, d'eau potable, de vivres et de médicaments avec les autorités vénézuéliennes, les services de protection civile, les organisations humanitaires et des partenaires privés. Des dispositifs sont également préparés pour accueillir les habitants dont les logements sont désormais inhabitables.

Le PAM indique disposer de plus de 3 000 tonnes de denrées alimentaires dans le pays, soit suffisamment pour nourrir plus de 10 000 familles pendant deux mois.

« Nous étudions également les moyens les plus rapides de mobiliser une aide alimentaire supplémentaire et définissons les priorités d'intervention dans les différents États touchés », a précisé lundi l'agence dans un communiqué.

La catastrophe « aggrave encore les difficultés d'un pays déjà confronté à de multiples besoins humanitaires », a souligné le PAM. Selon l'organisation, quatre Vénézuéliens sur cinq peinent déjà à accéder à une alimentation suffisante.

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) estime pour sa part que 1,8 million de personnes sur place ont désormais besoin d'une assistance humanitaire, dont près de 680 000 enfants.

© PAM / Gustavo Vera Des secouristes fouillent les décombres d'un bâtiment détruit par les séismes qui ont frappé le Venezuela le mercredi 24 juin.

Des quartiers entiers réduits en poussière

Le chef des opérations humanitaires de l'ONU, Tom Fletcher, a décrit au cours du week-end des destructions « dévastatrices » touchant les routes, les aéroports et les bâtiments. L'hypothèse de quelque 50 000 personnes toujours portées disparues demeure, selon lui, « malheureusement tout à fait plausible », même si toutes ne se trouvent pas nécessairement sous les décombres.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime que les séismes pourraient avoir affecté jusqu'à 6,76 millions de personnes, dont près de deux millions dans la seule agglomération de Caracas.

Une analyse d'images satellitaires réalisée avec Microsoft montre que près d'un tiers des bâtiments de Catia La Mar, important port du nord du pays, ont été endommagés. Ces données permettent aux équipes humanitaires de cibler les quartiers où les besoins sont les plus urgents.

Les dernières évaluations font état de près de 190 immeubles entièrement effondrés et de plus de 770 bâtiments endommagés depuis les séismes du 24 juin. Des témoins racontent avoir vu certains immeubles s'écrouler « comme des châteaux de cartes » ou « comme un mille-feuille », ensevelissant leurs habitants et laissant derrière eux des milliers de personnes sans abri.

UNOG - United Nations Office at Geneva published this content on June 29, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on June 29, 2026 at 17:38 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]