03/10/2026 | Press release | Archived content
Q - Dans un instant, on sera aussi avec Nicolas Forissier.
R - Bonjour.
Q - Je rappelle que vous êtes ministre chargé du commerce extérieur et de l'attractivité. On s'intéressera avec vous à ces deux sommets qui ont lieu ce matin. L'un en visio et en présentiel pour certains des acteurs, concernant le nucléaire civil à proprement parler. Le deuxième avec les membres du G7 sur l'énergie. Vous nous direz un petit peu comment on peut sortir de cette dépendance aux hydrocarbures et miser sur le nucléaire civil, parce que c'est un moyen de subsistance à long terme qui sera sans doute plus pérenne pour nous.
[…]
Q- Nicolas Forissier, un mot. Je sais qu'on vous a sollicité pour parler évidemment de ces deux sommets, et particulièrement celui sur l'énergie ce matin. Néanmoins, on a vu un Emmanuel Macron hier qui a insisté à plusieurs reprises, y compris sur le Charles de Gaulle, auprès des troupes françaises, sur l'intérêt pour la France de rester dans une posture d'opération défensive. Quand on envoie la moitié de la flotte navale dans cette zone stratégique qu'est la Méditerranée, est-ce qu'on peut considérer que… On n'a pas à l'esprit que ça pourrait basculer et qu'on pourrait de facto, et malgré nous, être entraîné dans cette guerre, à un moment donné ?
R - Si on était directement attaqué, la question se poserait.
Q - il y a des intérêts français quand même dans la région aussi.
R - Nous avons des intérêts français, nous avons des militaires, des bases. Nous avons évidemment des ressortissants. Et plus globalement, c'est l'ensemble de la région, vous l'avez tous dit, j'imagine, qui est en situation de grande tension, avec une intensification des frappes très forte aujourd'hui, qui a d'ailleurs conduit la France à demander la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU qui aura lieu demain à New York, pour essayer d'avoir une démarche un peu plus collective, au-delà de la guerre qui existe et sur laquelle je ne vais pas me prononcer. Donc il est clair que la France s'est mise en position défensive, mais qu'elle fait quand même une démonstration de force, parce que ce n'est pas n'importe quoi qui est envoyé dans le Golfe et en face du détroit de Bab-el-Mandeb. Après, les conséquences, elles sont considérables, y compris, et je vais peut-être faire le lien, si vous me permettez, avec d'éventuelles questions, mais sur la question de l'énergie. On voit bien que les tensions qu'on a connues ces derniers jours sur le prix du baril, les craintes de nos concitoyens, mais partout, dans tous les pays occidentaux, les files à la pompe, etc., ça a beaucoup de conséquences. Il peut y avoir une grave crise économique.
Q - Donc il faut desserrer cet étau aussi, et c'est à ça qu'on sert.
R - Oui.
Q- Il faut desserrer l'étau sur le détroit d'Ormuz, aussi.
R - Je pense que c'est très important d'avoir un positionnement multilatéral mais aussi français très solide, pour prévenir plutôt qu'avoir à guérir une crise très grave.
Q - En effet, on y revient dans le détail juste après ce rappel des titres aussi de Félicité Kindoki. Pardon, on a un tout petit peu dépassé l'horaire prévu avec vous.
(…)
Q - J'aimerais qu'on parle aussi d'économie et de l'énergie dont on va énormément dépendre, encore plus avec la flambée des cours du pétrole, même s'il y a eu un reflux hier, à la faveur justement de la communication de Donald Trump. Nicolas Forissier, deux sommets aujourd'hui pour trouver des parades à la crise économique qui menace. Emmanuel Macron a défendu, en ouverture du sommet sur le nucléaire civil, l'indépendance, ce facteur d'indépendance, dans un contexte où les hydrocarbures peuvent devenir un instrument de déstabilisation. Il dit qu'il faut investir dans le public et dans le privé aussi. Ça suppose que les banques d'investissement, elles aussi, jouent le jeu, pour des projets, sur le papier, qui sont peut-être un peu plus risqués. On va l'écouter, et puis je vous fais réagir.
[Extrait de déclaration de M. Emmanuel Macron, Président de la République]
Q - C'est à ce prix, Monsieur le Ministre, qu'on restera à l'abri de ce genre de conflits régionaux. Est-ce qu'on a perdu déjà trop de temps, ces dernières années ?
R - Je ne pense pas qu'on ait perdu trop de temps. La France est une grande puissance nucléaire civile - je ne parle pas du nucléaire militaire. On est reconnu comme un des deux-trois pays qui est capable de maîtriser l'ensemble de la chaîne, de la conception jusqu'à la combustion, si je puis dire, et à la production d'électricité via le nucléaire civil. Donc on n'a pas perdu de temps. On a eu un moment de ralentissement qui était général.
Q - Il y a eu des atermoiements. Emmanuel Macron a fini par se raviser.
R - Oui, mais ce n'est pas qu'Emmanuel Macron. Je pense qu'il y a eu une évolution des mentalités à l'échelle européenne, y compris aux États-Unis. Parce que moi je vois, mes interlocuteurs américains ce matin, qui sont dans la même logique : ils veulent relancer de façon massive la production de nucléaire civique. Pourquoi ? Parce que c'est une énergie décarbonée, facile par la technologie qu'on maîtrise totalement à produire, et qui nous permet précisément, en réponse à votre question, d'assurer une indépendance très solide, notre souveraineté en matière d'énergie. On voit bien que là, on a une crise au détroit d'Ormuz et dans toute la région. Évidemment, ça a des tas de conséquences immédiates et ça peut entraîner une crise économique majeure, je l'ai dit tout à l'heure. Donc on a vraiment intérêt à renforcer la production nucléaire civile.
C'est ce que la France va faire, puisqu'on a 14 réacteurs supplémentaires dont six qui sont déjà engagés et huit supplémentaires qui vont suivre. Donc le sommet, de ce point de vue-là, vous l'avez dit quelque part, il permet de faire se rencontrer pas seulement les diplomates, pas seulement les chefs d'État et de gouvernement ou les ministres, mais aussi les hommes d'affaires, les banques d'investissement, le réseau bancaire, les investisseurs privés, parce qu'on ne pourra y arriver que si on mobilise les moyens et toutes les énergies. Il faut 240 milliards d'euros d'investissement simplement pour répondre, à l'échelle de l'Union européenne, aux objectifs qui ont d'ailleurs été rappelés aussi par les responsables européens ce matin.
Q - Vous le disiez, il y a huit EPR qui sont en cours de construction. Ça prend combien de temps, de construire un EPR, afin qu'il soit sur pied et opérationnels ? Des années. Enfin, je veux dire, on ne va pas être autosuffisants là, au sortir de l'année 2026.
R - Mais on ne part pas de rien. On a rénové la plupart de nos réacteurs. On a eu une crise, il y a trois ans, de mémoire, parce qu'on était en train de rénover au moment de la guerre en Ukraine. Et donc on avait un vrai sujet. Mais maintenant que la plupart des réacteurs sont quasiment rénovés ou relancés, en réalité, on est solide. Cette année, on a été exportateur net. Je n'ai plus le chiffre exact en tête… On n'est pas loin de 10 TWh. Donc c'est assez considérable. On est exportateur net d'électricité grâce au nucléaire aujourd'hui.
Q - Anthony, on a quand même fait des choix hasardeux dans le passé, qui étaient liés à cette vague écologiste, partie d'Allemagne d'ailleurs, qui nous a longtemps culpabilisés, notamment sur la question des déchets nucléaires. On ne va pas tout le temps se tourner vers le passé, regarder en arrière, mais néanmoins, heureusement qu'il y a cette prise de conscience d'une première guerre qui nous a touchés de plein fouet, parce que là, on aurait accumulé un retard considérable.
Q - Alors plusieurs choses. D'une part, la France reste le pays le plus nucléarisé en termes de production d'électricité. C'est près de 70% de l'électricité en France qui est d'origine nucléaire. C'est largement plus que le second qui est, je crois, la Slovaquie, parce qu'ils ont une centrale et ça couvre beaucoup de leur pays. La plupart des autres pays, c'est entre 20 et 30%. Donc on voit qu'il y a vraiment un écart immense dans la production nucléaire d'électricité en France.
Et comme le rappelait Monsieur le Ministre, la production des EPR se fera sur des sites déjà existants. Par exemple, Civaux, si je ne me trompe pas. C'est-à-dire qu'il n'y a pas besoin de reconstruire la centrale de refroidissement. C'est un réacteur en plus qui vient se brancher sur une installation. Donc ça ne sera pas 20 ans, comme l'EPR de Flamanville. Ce sera sûrement plus six ou huit ans, ce qui est un délai raisonnable. Juste, je me permets de souligner qu'il y a eu une déclaration d'Ursula von der Leyen qui est très importante. Elle a dit une phrase qui résume tout : « Dénucléariser en partie l'électricité européenne était un choix ; a posteriori, c'était une erreur stratégique. » Je pense qu'on peut difficilement être plus clair, surtout pour une présidente de la Commission qui est allemande.
Q - C'est bien de reconnaître ses erreurs, faire son aggiornamento.
R - Je me permets de rebondir sur ce que vous dites. On a, et la France a été motrice pour ça, réinstallé l'idée que le nucléaire était une énergie décarbonée, et on a obtenu, c'est très important, ce qu'on appelle la neutralité. C'est-à-dire qu'en gros, le nucléaire comme les autres énergies décarbonées est une énergie décarbonée. Ce n'est pas une énergie décarbonée à part. C'est très important, y compris au regard de l'évolution de ce que vous disiez…
Q - Oui, ça la place au niveau des énergies renouvelables.
R - Voilà, c'est très important.
(…)
Q - On va écouter Emmanuel Macron ce matin. Je vous fais réagir, Monsieur le Ministre, quand il évoque précisément le fait d'avoir accès à l'uranium, ce minerai précieux.
[Extrait de déclaration de M. Emmanuel Macron, Président de la République]
Q - Ça suppose de trouver de l'uranium, si on comprend bien, dans des pays dits « stables ». Alors, Éric évoquait le Niger. Oui, on avait accès au Niger. On se souvient d'Areva. D'ailleurs, il y avait eu les prises d'otages. Sauf qu'entre-temps, le djihadisme sahélien a un peu eu raison de cette capacité d'approvisionnement. La Chine a peut-être des relations commerciales avec eux. La France, c'est plus compliqué, maintenant qu'on est parti.
R - Le Président utilise le terme, à juste titre, de diversifier. Ça fait partie de mon boulot, ministre du commerce extérieur. Mon boulot, c'est notamment, pas seulement d'aller diversifier les débouchés pour nos entreprises françaises, mais c'est aussi d'aller diversifier nos approvisionnements, et notamment en minerais critiques et en terres rares. C'est d'ailleurs à la fois la raison pour laquelle on fait pas mal de missions en ce moment, y compris dans des pays comme l'Australie, j'étais au Canada la semaine dernière, justement pour travailler sur des accords de sécurisation et de coopération. Orano, vous l'avez cité, est très présent notamment au Canada, mais un peu partout dans le monde. C'est aussi dans cet esprit que nous avons posé, puisque je le préside cette année pour un an, le G7.
Nous avons posé sur la table des discussions du G7 Commerce la question des minerais critiques, des terres rares et comment on peut s'organiser dans ce dialogue, y compris avec les Américains, avec les Japonais - j'en ai reparlé ce matin avec mon homologue japonais -, comment on peut sécuriser les approvisionnements en minerais critiques et en terres rares. C'est un enjeu majeur. C'est quelque chose qui a été découvert il y a trois, quatre, cinq ans, finalement. Ce n'était pas dans les esprits. On est en train de se rendre compte que c'est au premier rang. Et on va assez vite, honnêtement, avec beaucoup de pragmatisme.
Q - Mais dans cette guerre commerciale mondiale qui est engagée, y compris avec les Chinois, en tout cas les Américains sont frontalement dans une guerre commerciale ouverte avec Pékin, est-ce que, eux qui, par exemple, ont accès plus facilement à l'uranium du Niger, on peut leur acheter leur stock d'uranium ? Est-ce que ça peut aussi être des discussions de cet ordre-là ?
R - La discussion, elle est un peu de cet ordre-là. C'est-à-dire comment on s'organise entre pays sensés, capables de travailler ensemble. Ce n'est pas seulement le « monde occidental », on essaie de diversifier là aussi nos discussions, mais c'est ça le but : sécuriser nos approvisionnements. Et encore une fois, le sommet qui est accueilli quand même par la France sur le nucléaire civil, il est là à point nommé, en pleine guerre en Iran, pour rappeler que nous avons absolument besoin de sortir de la dépendance aux hydrocarbures. Le nucléaire va nous y aider.
Q - Monsieur le Ministre, vous êtes un ministre de combat parce que vous faites face à vous, en particulier, à quelqu'un qui a été très peu cité dans vos interventions respectives, c'est la Russie. L'énergie fossile aujourd'hui est américaine, on va dire ça très concrètement. L'énergie des renouvelables ou le secteur de l'environnement, c'est la Chine. Et le potentiel majeur, celui qui a créé depuis, le patron de Rosatom il y a une dizaine d'années qui a vendu ça à Vladimir Poutine, l'idée que sur le niveau de l'accès à l'uranium, sur le niveau de l'enrichissement, sur le niveau de la fabrication et la construction des centrales nucléaires et de la « vente » de ces centrales nucléaires à d'autres pays, la Russie en a fait un instrument de retour sur la scène mondiale. C'est une force de frappe géopolitique dont les chiffres sont nettement au-dessus de ce qu'on raconte, puisque sur l'accès à l'uranium, c'est la raison pour laquelle la déstabilisation de beaucoup de pays a été faite, notamment en Afrique. C'est un accès direct. Ils ont l'accès au Kazakhstan, puisque le Kazakhstan continue à leur vendre ou à leur livrer beaucoup.
R - On a de bonnes relations avec le Kazakhstan.
Q - Oui, exactement. Après, dans l'enrichissement, ils font 50-60% de l'enrichissement de l'uranium parce qu'ils ont vendu beaucoup de centrales et c'est eux pratiquement les maîtres. Même les Américains leur achètent de l'uranium enrichi. Et donc après, sur la vente des centrales, notamment en Turquie, par exemple, ils ont vendu une centrale au bord de l'eau. Ce n'est même pas un PPP, c'est qu'ils offrent la centrale à condition d'avoir l'emprise territoriale. Donc ils en ont fait un instrument de dimensionnement géopolitique majeur. Après, il y a une base navale qui arrive derrière. Vous êtes un ministre de combat, mais ce n'est même plus un combat économique, c'est un combat géopolitique, parce qu'aujourd'hui, il s'agit de ça. Si la France et l'Europe ne veulent pas disparaître de ce point de vue-là, c'est un enjeu qui est plus que central, à condition qu'on soit capable de travailler sur les quatre dimensions : l'accès à l'uranium, l'enrichissement de l'uranium, la fabrication des centrales - beaucoup plus rapidement -, et quatrième, effectivement, le traitement des déchets.
Q - Il y avait donc ce deuxième sommet que vous avez présidé. Je voulais vous laisser répondre de manière indirecte tout à l'heure, Nicolas Forissier. L'idée, c'est les enjeux d'approvisionnement en pétrole et en gaz et les conséquences évidemment sur les prix. On va faire un éclairage sur le gaz, puisqu'on en a assez peu parlé, finalement, par rapport au stock pétrolier depuis ces derniers jours, depuis qu'on a vu les prix à la pompe grimper en flèche. Je vous propose d'écouter Roland Lescure à nouveau sur cette considération.
[Extrait de déclaration de M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique]
Q - Petite question : pourquoi on veut se tourner vers ces nouvelles sources aussi d'énergie et d'approvisionnement, alors que moi, j'ai cru comprendre que la France dépendait assez peu de cette région en matière d'hydrocarbures ? Je pense qu'on importe surtout du Nigeria, du Venezuela.
R - Oui, enfin je pense qu'il faut voir les choses de façon globale. C'est vrai que nous, directement, on en dépend assez peu. Mais on est quand même interconnecté au reste de l'économie mondiale. La France est un pays ouvert, qui a beaucoup d'accords économiques. Et on pèse. Et donc on peut aussi jouer un rôle, au fond, qui consisterait à aplanir un peu les risques, ou les conséquences des risques que nous vivons actuellement sur l'approvisionnement en pétrole. Mais tout ça montre bien qu'il faut, et je rejoins ce que vous disiez sur l'uranium, il faut absolument qu'on sorte de nos dépendances. C'est valable pour la France, pour l'Union européenne en particulier, qui doit arrêter d'être naïve. C'est tout ce qui est en train de se passer, au fond, depuis deux ou trois ans, moi je trouve. Alors on n'est pas au bout, mais de ce point de vue, la France a un rôle assez moteur, je veux le souligner, pour précisément sortir de cette naïveté. Et en matière d'uranium, vous parliez d'uranium avec les Russes, moi je pourrais vous parler des terres rares avec les Chinois, qui produisent et raffinent 80% des terres rares aujourd'hui. D'où la prise d'otages qu'on a pu connaître il y a un an sur les puces produites en Hollande, etc. Donc il faut qu'on sorte de ça. C'est tout le travail qui est en cours. Et de ce point de vue, le sommet, aujourd'hui, montre qu'on a franchi une étape majeure. Actuellement, il y a 16 pays de l'Union européenne qui sont dans l'Alliance pour le nucléaire civil, sur les 27. Il y a vraiment un mouvement intérieur qui est très important. Et ça va continuer, y compris dans les discussions avec les uns et les autres.
(…)
Q - Éric, on a tendance à oublier qu'il n'y a pas que le gaz et le pétrole qui transitent par le détroit d'Ormuz, il y a beaucoup d'autres biens. C'est un flux de marchandises impressionnant.
Q - Oui, pour la France, en matière de commerce extérieur, c'est embêtant actuellement parce que du coup, on ne peut plus exporter nos produits. J'y disais par exemple que vous avez 250 containers remplis de pommes venant de Normandie.
R - J'ai vu les producteurs hier.
Q - Ça en fait 5.000 tonnes. Ça devait aller à Dubaï. Donc, c'est une perte sèche. Ça représente plusieurs millions d'euros. Donc, en plus, ce n'est pas assuré. Mais bon, les pommes, ça va finir par pourrir. En plus de ça, je crois que les transporteurs ont une surcharge actuellement à payer. Donc, ils payent déjà très cher, c'est répercuté sur les prix à la consommation. Il y a aussi des automobiles. Je pense que la France va exporter des véhicules vers le Golfe. Il y a des produits pharmaceutiques. Et puis, vous avez aussi des cosmétiques. Bon, ça, c'est ce qu'on vend, nous, à ces pays-là. En sens inverse, eux ont besoin de céréales, de blé, etc. Donc c'est quand même aussi des échanges qui sont limités.
Q - Donc il y a un impact sur nos exportations, là aussi, il y a un manque à gagner potentiel.
R - Évident. On va peut-être importer un peu moins aussi, conjoncturellement, mais c'est clair que c'est très difficile pour beaucoup d'entreprises exportateurs.
Q - Est-ce que ça pourrait modifier notre balance commerciale ?
R - Les routes maritimes sont déroutées, pour le coup. Il y a donc des surcoûts. Ça a des conséquences, y compris en termes de chiffre d'affaires ou de pénalisation sur le chiffre d'affaires pour les entreprises exportatrices. C'est sûr que plus cette guerre dure, plus elle aura des conséquences économiques qui peuvent aller assez loin pour un certain nombre d'entreprises, c'est clair.
Q - Merci beaucoup d'être passé pour nous éclairer.
R - Mais on se bat !
Q - Oui, vous êtes un combattant et on est contents quand même d'avoir un Gouvernement qui essaie d'anticiper les choses aussi. Je crois que c'était le but de ces deux sommets.
(Source : CNews)