03/24/2026 | News release | Distributed by Public on 03/24/2026 10:34
La plupart des rapatriés passent par le poste-frontière de Kavimvira, près d'Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Ils s'étaient réfugiés au Burundi en décembre 2025, lorsque les combats entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et le groupe armé M23 avaient contraint des milliers de personnes à fuir Uvira et ses environs.
« Suite au retour récent de la stabilité à Uvira et à la réouverture de la frontière, certains réfugiés ont exprimé le souhait de rentrer chez eux. Les retours ont également été accélérés par le grave sous-financement de l'intervention au Burundi, qui a réduit les niveaux d'aide et conduit de nombreux réfugiés à rentrer chez eux dans un contexte d'incertitude persistante », a déclaré Ali Mahamat, chef de l'antenne du HCR à Goma (province du Nord-Kivu), lors d'un point de presse à Genève.
Environ 30 % des rapatriés vivaient dans le camp de réfugiés de Busuma, au Burundi, où le manque de financement entraîne une surpopulation et des ressources limitées en eau, en assainissement, en médicaments et en abris, malgré tous les efforts des autorités, du HCR et de ses partenaires.
Près de 4.500 personnes se trouvent encore dans des centres de transit en attente d'être transférées à Busuma.
Au 23 mars 2026, le Burundi continue d'accueillir environ 109.000 réfugiés congolais, dont environ 67.000 à Busuma.
Dans de nombreuses zones de retour en RDC, la situation reste précaire, avec des besoins humanitaires aigus. Les premières évaluations menées par le HCR à Uvira et à Fizi montrent que les familles arrivent avec peu d'affaires et ont un besoin urgent d'abris, d'articles ménagers de base, de soins de santé, ainsi que d'un accès à l'eau et à l'assainissement.
« Beaucoup ont retrouvé leurs maisons détruites et leurs biens pillés, ce qui les plonge dans un profond désespoir et les empêche de reprendre une vie normale sans un soutien substantiel », a détaillé M. Mahamat.
Des équipes du HCR sont déployées aux points frontaliers et dans les zones de retour pour surveiller les risques et identifier les personnes vulnérables. L'agence onusienne rappelle que la décision des réfugiés de rentrer chez eux doit être respectée, et que tous les retours doivent rester volontaires, sûrs et dignes.
Si les récents mouvements de retour traduisent un espoir de stabilité ainsi que les conséquences d'un financement insuffisant, ils ne doivent pas exposer les familles à de nouveaux risques. « Il est essentiel de renforcer la sécurité, les services de base et le soutien aux communautés d'accueil dans les zones de retour », a insisté M. Mahamat.
L'appel de fonds de 145 millions de dollars pour la RDC est actuellement financé à hauteur de 34 % alors que l'aide apportée par le HCR aux réfugiés congolais au Burundi n'est financée qu'à 20 %. Cette situation critique souligne l'urgence d'un soutien accru pour couvrir les besoins essentiels de toutes les familles concernées.
« Des fonds supplémentaires sont nécessaires de toute urgence pour répondre aux besoins vitaux de ces familles, tant celles qui sont rentrées chez elles que celles qui restent déplacées », a conclu le chef de l'antenne du HCR à Goma.