05/12/2026 | News release | Distributed by Public on 05/12/2026 06:27
Hassane est un garçon sourd de douze ans qui va à l'école à Ziguinchor. Grâce à l'accompagnement de son auxiliaire de vie scolaire Dieynaba, il peut suivre les cours et progresser.
Le Sénégal s'est engagé à mettre en place les conditions nécessaires pour que tous les enfants puissent accéder à l'éducation ; mais les défis restent majeurs. Pour accompagner cette dynamique, HI soutient depuis 2016 la création et le déploiement des auxiliaires de vie scolaires dans douze écoles de Dakar et de Ziguinchor. Ces personnes, formées à accompagner individuellement les élèves sourds, permettent à des enfants comme Hassane de suivre les cours et de progresser dans leur apprentissage.
Hassane Ndiaye est un garçon de douze ans qui vit avec ses parents, ses frères et sœurs et son perroquet apprivoisé à Ziguinchor, au sud du Sénégal. Dans la famille, quatre enfants sont sourds. Cela n'a jamais posé de difficultés pour communiquer, comme l'explique Omar Ndiaye, le père d'Hassane :
« À la maison, nous communiquons en langue des signes locale depuis que les enfants sont tous petits. On arrive à communiquer, les enfants sont très éveillés, pour eux la langue des signes est très accessible. »
En 2022, Hassane a commencé les cours à l'école El Hadji Omar Ndiaye, une école qui participe depuis 2017 au projet d'éducation inclusive permettant la prise en charge des enfants sourds. C'est là qu'il a fait la connaissance de Dieynaba Coly, auxiliaire de vie scolaire formée à la langue des signes qui soutient cinq enfants au quotidien, à l'école et chez eux.
« Je suis les enfants, les accompagne et participe à leur encadrement. En classe je les aide à mieux comprendre les leçons et à résoudre les difficultés qu'ils rencontrent. L'après-midi, après les cours, je leur réexplique la leçon et on travaille les points qu'ils n'ont pas bien compris, » précise Dieynaba Coly. « Le travail de l'auxiliaire de vie scolaire est très important car, sans nous, ces enfants ne pourraient pas suivre en classe étant donné que la plupart des enseignants ne savent pas signer. Voir ces petits réussir, c'est une grande satisfaction. »
Dieynaba se souvient qu'au début, Hassane était toujours paniqué. Tout était nouveau pour lui et il ne connaissait pas encore la langue des signes conventionnelle « American Sign Langue - ASL » qui est la langue d'apprentissage à l'école.
« Hassane était un enfant très timide, il se mettait toujours dans son coin et ne voulait pas jouer ; mais depuis, il a beaucoup grandi. Aujourd'hui il est au CM2 et se joint à ses amis, ils se racontent des histoires et jouent ensemble. Hassane est autonome, il s'exprime correctement, fait ses devoirs seuls et fait partie des premiers de la classe. »
Le soutien de Dieynaba est essentiel pour Hassane, en facilitant son adaptation dans l'environnement scolaire. Sa maîtresse signe un peu mais Dieynaba est là pour compléter au besoin. Elle reste aux côtés du garçon pendant les cours pour réexpliquer les consignes des exercices et signer la leçon. Grâce à elle, Hassane participe pleinement à la vie scolaire et progresse dans son apprentissage.
« Je suis un enfant sourd, mais cela ne m'empêche pas d'aller à l'école. J'y vais tous les jours pour apprendre. Je parle en langue des signes pour communiquer et je suis très content que tout le monde parle aussi en langue des signes pour me comprendre. Dieynaba est très importante dans ma vie. S'il y a quelque chose que je ne comprends pas, je le lui demande, » explique Hassane.
Hassane marche dans les pas de sa grande sœur sourde, qui était déjà allée à l'école El Hadji Omar Ndiaye. Pour leurs parents, il était essentiel de les scolariser pour qu'ils aient accès à l'éducation et puissent se socialiser avec les autres enfants de leur âge. « Je ne vois pas de différence entre mes enfants entendants et mes enfants sourds, il y a une vraie égalité d'apprentissage dans cette école, » se réjouit Omar Ndiaye.
Il reste encore du chemin à parcourir pour permettre à tous les enfants de bénéficier des mêmes chances. Ainsi, les parents d'Hassane espèrent fortement que le dispositif sera prolongé au lycée, puis pendant les études supérieures. Ils aimeraient également que leurs enfants puissent suivre une formation professionnelle adaptée dans le futur. L'avenir est plein d'espoir, comme le dit Hassane lui-même :
« Quand je serai grand, je veux être journaliste et voyager. J'ai de grands rêves, donc je dois continuer à étudier. J'espère que tous les enfants sourds du monde pourront avoir la même chance que moi d'aller à l'école et d'apprendre des choses. »
Pendant huit ans, le projet éducation inclusive de HI a mobilisé les associations de la société civile, les autorités éducatives et les points focaux des différentes directions du ministère de l'Éducation Nationale pour accompagner les enfants exclus du système éducatif au Sénégal, au Togo et à Madagascar. Il a permis la mise en place des auxiliaires de vie scolaires, des enseignants itinérants et des classes intégrées passerelles. Plus de 10 000 personnes ont bénéficié de ce programme, dont près de la moitié de filles. Le projet a permis la socialisation et l'autonomie des jeunes, à leur entourage de mieux comprendre leur handicap, mais aussi le renforcement des capacités des enseignants ainsi que l'adaptation des structures et des outils de formation. Il a enfin permis d'insuffler une vision : celle d'un système éducatif où personne n'est laissé de côté.