05/12/2026 | News release | Distributed by Public on 05/12/2026 11:46
« Pour l'instant, rien n'indique que nous assistions au début d'une épidémie de plus grande ampleur, mais bien sûr, la situation pourrait évoluer et, compte tenu de la longue période d'incubation du virus, il est possible que nous constations davantage de cas dans les semaines à venir », a déclaré le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'un point de presse conjoint avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez à Madrid.
Si la situation est « grave », l'OMS continue d'estimer que « le risque pour la santé à l'échelle mondiale est faible ».
A ce jour, onze cas ont été signalés, dont trois décès. Les onze cas concernent tous des passagers ou des membres d'équipage du navire MV Hondius. Neuf de ces onze cas ont été confirmés comme étant dus à la souche des Andes, et les deux autres sont probables.
© OMS L'OMS appelle à faire confiance aux dispositifs de santé publique mis en place pour lutter contre l'épidémie d'hantavirus à bord d'un navire de croisière.Selon l'OMS, ces chiffres ont peu évolué au cours de la semaine écoulée, grâce aux efforts de plusieurs gouvernements et partenaires. « Aucun décès n'a été enregistré depuis le 2 mai, date à laquelle l'OMS a été informée pour la première fois de ce groupe de cas », a précisé le Dr Tedros.
Tous les cas suspects et confirmés ont été isolés et pris en charge sous stricte surveillance médicale, ce qui a permis de réduire au minimum tout risque de transmission supplémentaire. Tous les passagers ont quitté Tenerife, et le MV Hondius fait désormais route vers les Pays-Bas, chacun des pays vers lesquels les passagers ont été rapatriés est chargé de surveiller leur état de santé.
Les patients présentant des symptômes doivent être suivis activement
« L'OMS a pris connaissance de signalements concernant un petit nombre de patients présentant des symptômes compatibles avec le virus Andes, et nous assurons le suivi de chacun de ces cas en collaboration avec les pays concernés », a détaillé le Dr Tedros.
A cet égard, l'OMS recommande qu'ils soient suivis activement dans un centre de quarantaine désigné ou à domicile pendant 42 jours à compter de la dernière exposition, soit le 10 mai, ce qui nous amène au 21 juin.
« Toute personne présentant des symptômes doit être isolée et traitée immédiatement », a insisté le patron de l'OMS, espérant que les pays suivront ses « conseils et recommandations » dans la lutte contre l'hantavirus.
« L'OMS dispose de directives claires », a ajouté le Dr Tedros avant d'évoquer « la question de la souveraineté » nationale : « Nous ne pouvons pas contraindre les pays à appliquer nos protocoles. Nous pouvons seulement conseiller et recommander ».
Ces derniers développements interviennent au lendemain de la fin des opérations d'évacuation du navire, reparti vers les Pays-Bas avec une partie de son équipage. Près de 150 personnes originaires de 23 pays ont passé plusieurs semaines à bord de ce navire, dans ce qui a dû être « une situation très angoissante ».
Dans un ton empreint d'émotion, le chef de l'OMS a rappelé que derrière les mesures sanitaires se trouvaient avant tout des êtres humains. À bord du navire placé en quarantaine, certains passagers étaient au bord de l'effondrement psychologique après des jours d'angoisse et d'incertitude.
Face aux appels réclamant leur confinement total jusqu'à la fin de la quarantaine, l'OMS a rejeté une telle option. Pour l'agence onusienne, maintenir ces hommes et ces femmes enfermés à bord aurait été à la fois inutile et profondément inhumain. La veille encore, lors d'une conférence de presse, le Dr Tedros avait qualifié cette proposition de « cruelle ».
Une façon pour l'OMS de réaffirmer son approche : organiser le débarquement des passagers dans des conditions strictes de sécurité, à la fois pour protéger la population de Ténérife et pour préserver la dignité des voyageurs et des membres d'équipage.
OMS Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus (deuxième à partir de la gauche) lors d'un point de presse sur le débarquement des passagers et des membres d'équipage du MV Hondius.Par ailleurs, le chef de l'OMS a estimé que le « travail » des autorités sanitaires n'était « pas fini » après l'évacuation réussie de plus d'une centaine de passagers et membres d'équipage du MV Hondius où un foyer d'hantavirus s'est déclaré ces dernières semaines.
« Notre travail n'est pas terminé. L'OMS continuera à collaborer étroitement avec les experts de tous les pays touchés. Nous avons également demandé aux pays de rendre compte régulièrement à l'OMS de l'état de santé et du bien-être des passagers et des membres d'équipage, conformément au Règlement sanitaire international », a insisté le Dr Tedros.
Il a ainsi remercié l'Espagne non seulement parce que Madrid a appliqué le droit international, mais aussi parce qu'il s'agissait là d'un « devoir moral ». « Les virus n'ont pas de frontière », a rappelé le chef de l'OMS. C'est pourquoi il faut que les Etats fassent preuve de « solidarité », comme l'a fait l'Espagne.