04/28/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/28/2026 12:32
Résumé des propos tenus par Sheldon Yett, représentant de l'UNICEF au Soudan, à qui l'on peut attribuer toutes les citations, lors de la conférence de presse qui s'est tenue aujourd'hui au Palais des Nations à Genève.
Genève/Port Soudan, le 28 avril 2028 - « Il y a vingt ans, le Darfour a profondément choqué le monde. Toute une génération d'enfants a été victime ou a survécu à de terribles atrocités. Les images de villages incendiés, de morts et de déplacements massifs ont suscité l'indignation mondiale et déclenché une vague de solidarité internationale. Comme toujours, ce sont les enfants qui ont été les plus durement touchés par la crise.
Aujourd'hui, alors que la guerre au Soudan entre dans sa quatrième année, l'histoire se répète de la manière la plus sombre qui soit pour les enfants du Darfour. Une fois de plus, des millions d'enfants sont confrontés à une violence extrême, à la faim et au déplacements forcés. Mais cette fois-ci, la crise est plus grave et l'attention de la communauté internationale est loin d'être à la hauteur de l'ampleur des souffrances des enfants.
Au Darfour, l'enfance une nouvelle fois dévastée par la guerre
Aujourd'hui, environ 33 millions de personnes au Soudan ont besoin d'une aide humanitaire, parmi lesquelles plus de la moitié sont des enfants. On estime à 15 millions le nombre de personnes déplacées, dont environ 5 millions d'enfants. Dans les cinq États du Darfour, plus de 5 millions d'enfants sont confrontés à des conditions de vie extrêmement précaires.
Comme nous l'avons fait il y a vingt ans, l'UNICEF lance aujourd'hui une nouvelle alerte pour les enfants afin attirer l'attention sur la situation catastrophique des enfants au Darfour. Les enfants sont au bord du gouffre.
Dans toute la région, l'enfance est à nouveau marquée par la peur et la perte. Les maisons ont été incendiées. Les écoles et les établissements de santé ont été endommagés ou détruits. Les familles ont été contraintes de fuir, souvent à plusieurs reprises, souvent les mains vides. Ce sont les enfants qui portent le plus lourd fardeau de cette guerre.
Une violence généralisée qui détruit l'enfance à travers le pays
Au Darfour, des enfants sont tués et mutilés, chassés de leurs foyers et confrontés à la famine, à la maladie et à des traumatismes extrêmes. Nulle part ailleurs les conséquences n'ont été aussi graves qu'à Al-Fasher. Depuis avril 2024, plus de 1 500 violations graves commises à l'encontre d'enfants ont été vérifiées à Al Fasher, notamment le meurtre et la mutilation de plus de 1 300 enfants, souvent par des armes explosives et des drones, mais aussi des violences sexuelles, des enlèvements, ainsi que le recrutement et l'utilisation d'enfants par des groupes armés.
Même si le siège d'Al Fasher a pris fin, ses conséquences perdurent. Les répercussions continuent de marquer le quotidien des enfants, tant ceux qui ont fui que ceux qui ont été contraints de rester.
Pourtant, la violence ne se limite pas à une seule ville ou région. Partout au Soudan, elle s'intensifie. Rien qu'au cours des 90 premiers jours de cette année, au moins 245 enfants auraient été tués ou blessés. Ce ne sont là que les cas que nous avons pu documenter : le bilan réel est probablement bien plus lourd. Derrière chaque chiffre se cache un enfant dont la vie et l'avenir ont été irrévocablement altérés.
Faim, maladie et effondrement des services essentiels
La faim est devenue une nouvelle menace majeure. Des conditions de famine ont été confirmées à El Fasher en novembre 2025, et les taux de malnutrition chez les enfants ont atteint des niveaux catastrophiques dans certaines régions du Darfour, avec des taux de malnutrition aiguë globale dépassant 50 % dans certaines localités. Partout au Darfour, le conflit a détruit les moyens de subsistance et les systèmes alimentaires.
Les services de santé ont été attaqués, pillés ou contraints de fermer. La vaccination systématique a été interrompue. Les épidémies constituent un risque constant, en particulier pour les enfants déjà affaiblis par la faim.
L'éducation a également été anéantie. Sur les près de 4 millions d'enfants en âge scolaire au Darfour, plus de 3 millions ne sont plus scolarisés. Les écoles ont été détruites, fermées ou réaffectées en abris.
Une crise qui dépasse les frontières
Cette crise ne s'arrête pas aux frontières du Soudan. Les enfants fuient vers les pays voisins, où ils arrivent épuisés, traumatisés et souffrant de malnutrition. Les communautés d'accueil ont fait preuve d'une grande générosité, mais les services sont débordés et souffrent d'un grave manque de financement.
Malgré des défis colossaux, l'UNICEF et ses partenaires sont présents et continuent d'agir : ils soignent les enfants atteints de malnutrition aiguë sévère, fournissent de l'eau potable, soutiennent les services de santé mobiles et de vaccination, et offrent un soutien psychosocial ainsi que des activités éducatives dans des espaces adaptés aux enfants.
Mais l'action humanitaire arrive à ses limites.
Les enfants du Darfour ont besoin d'actions immédiates
Ce dont nous avons besoin aujourd'hui n'est pas quelque chose d'abstrait. Nous avons besoin d'un accès et d'une présence humanitaires prédictibles et durables dans tout le Darfour - pas seulement des ouvertures temporaires, mais la possibilité de rester et d'intervenir de manière constante et en toute sécurité. Les déplacements doivent être facilités, et non entravés.
Les civils doivent être protégés, les enfants devant être clairement placés au centre de ces efforts. Les écoles, les dispensaires, les réseaux d'approvisionnement en eau et les convois humanitaires doivent être épargnés par les attaques.
Et nous avons besoin d'un financement urgent et flexible, à la hauteur de l'ampleur et de l'urgence de cette crise. À ce jour, l'appel humanitaire 2026 de l'UNICEF pour le Soudan n'est financé qu'à hauteur de 16 %, menaçant ainsi les services vitaux destinés à des millions d'enfants.
Les enfants du Darfour n'ont pas besoin de compassion. Ils ont besoin que le monde agisse, maintenant. C'est l'avenir de toute une génération qui est en jeu. »