06/15/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/14/2026 18:29
Une nouvelle analyse d'Oxfam, publiée à la veille du sommet du G7 à Évian, en France, révèle que 41 milliardaires de l'énergie du G7 ont vu leur fortune augmenter de 23,5 milliards de dollars depuis le début de la guerre illicite menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran. Cela équivaut à plus de 1 000 dollars dans le temps qu'il faut pour cligner des yeux. À l'échelle mondiale, les milliardaires ont engrangé 9 800 milliards de dollars depuis 2020.
La flambée des prix de l'énergie et des denrées alimentaires a des conséquences dévastatrices pour les ménages du monde entier, en particulier dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire déjà éprouvés par des années de turbulences économiques, de crises de la dette et de chocs climatiques.
Dans le même temps, les bénéfices de six majors pétrolières devraient grimper en flèche de 80 % (68 milliards de dollars) par rapport aux prévisions d'avant-guerre. Leurs bénéfices cumulés devraient atteindre 152 milliards de dollars en 2026, soit l'équivalent de 416 millions de dollars par jour. Ces superprofits s'étendent à d'autres secteurs : trois des principales entreprises d'engrais au monde devraient voir leurs bénéfices bondir de 23 % (928 millions de dollars) par rapport aux estimations d'avant-guerre. Au total, les bénéfices combinés de certaines des plus grandes entreprises dont le siège se trouve dans un pays du G7 devraient dépasser les prévisions d'avant-guerre de 413 millions de dollars en moyenne.
« Les conflits ravagent des pays et coûtent la vie à d'innombrables personnes, mais pour certains, ils sont extrêmement lucratifs », a déclaré Amitabh Behar, directeur général d'Oxfam International. « Il s'agit d'un système brutal qui redistribue la richesse vers le haut - des travailleurs et travailleuses aux actionnaires, des plus pauvres aux plus riches, des personnes qui ont le moins de pouvoir à celles qui en ont déjà bien trop. Alors que des familles suppriment des repas et que les gouvernements réduisent drastiquement l'aide humanitaire vitale, nous assistons à une grotesque accumulation de richesses au profit des milliardaires. »
Cette cinquième crise mondiale majeure depuis 2020 se heurte à une paralysie et à un recul politiques. Contrairement à l'action internationale coordonnée observée au lendemain de la pandémie de COVID-19 et de l'invasion de l'Ukraine par la Russie - lorsque les gouvernements avaient temporairement suspendu le paiement du service de la dette et que le Fonds monétaire international avait fourni des prêts d'urgence -, les dirigeant·es du G7 en font moins que jamais pour aider les pays les plus pauvres.
Oxfam souligne notamment que les dirigeant·es des pays du « G6 » - le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni - doivent cesser d'utiliser les actions destructrices de l'administration américaine dans l'économie mondiale et dans l'attisement des conflits comme prétexte à leur propre inaction. Le G6 dispose d'un immense pouvoir d'influence financier et diplomatique qu'il choisit délibérément de ne pas exercer.
Entre 2024 et 2025, le G7 a décidé la plus forte réduction de l'aide publique au développement (APD) de son histoire, réduisant de 48 milliards de dollars l'aide destinée aux pays les plus pauvres du monde. Cela équivaut à la richesse accumulée par les milliardaires du G7 en seulement neuf jours au cours de cette même période.
Le coût humain de l'inaction du G7 est catastrophique. Depuis la dernière présidence française du G7, 44 personnes ont basculé dans une situation d'urgence humanitaire chaque minute. De la crise évitable d'Ebola en République démocratique du Congo au génocide en cours à Gaza - l'exemple le plus extrême et le plus dévastateur de l'inaction du G7, où aucun pays du G7 n'a imposé d'embargo sur les armes à Israël, encore moins suspendu les livraisons d'armes utilisées pour commettre des atrocités -, le multilatéralisme est en train d'être activement démantelé.
« Pour s'assurer la présence du président Trump à ce sommet, le président Macron a accepté d'écarter les discussions sur la crise climatique, l'aggravation des inégalités et la nécessité de réponses coordonnées face à des crises mondiales qui se chevauchent », a déclaré Amitabh Behar. « Même des mots comme "genre" ou "climat" ont été rayés de l'ordre du jour pour apaiser Washington. Plutôt que de défendre la gouvernance collective, Macron et ses homologues s'accommodent de sa destruction. Cela aura des conséquences qui se mesureront en vies humaines. »
« Les pays du « G6 » ne peuvent pas plaider l'impuissance », a ajouté Amitabh Behar. « Ils peuvent annuler la dette. Ils peuvent taxer les superprofits et les grandes fortunes. Ils peuvent plaider en faveur d'une nouvelle émission de droits de tirage spéciaux. Ils peuvent fournir plus d'aide aux pays les plus pauvres. Refuser d'agir au seul motif que Washington ne se joindra pas à eux n'est pas de la diplomatie - c'est de la lâcheté. Cela ne fera qu'accélérer le déclin du « G6 » sur la scène internationale. »
Oxfam appelle les dirigeant·es du G7 - et si nécessaire, celle et ceux du « G6 » agissant de manière indépendante - à mettre immédiatement en œuvre une réponse en quatre volets pour protéger les populations de la crise :
Télécharger le dossier de presse et la note méthodologique d'Oxfam.
Les milliardaires du secteur de l'énergie du G7 ont vu leur fortune augmenter de 23,5 milliards de dollars depuis le début de la guerre. Cela équivaut à 301 millions de dollars par jour, à 3 487 de dollars par seconde ou à 1 046 de dollars toutes les 0,3 seconde (temps moyen nécessaire pour cligner des yeux).
Le PNUD estime que la guerre illicite menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran pourrait plonger plus de 30 millions de personnes dans la pauvreté à travers le monde. L'indice des prix alimentaires de la FAO - qui suit les prix internationaux d'un panier de denrées alimentaires échangées à l'échelle mondiale - a augmenté plus de trois fois plus vite entre février et avril 2026 qu'au cours des mêmes mois en 2025.
Les données relatives à la fortune des milliardaires sont issues de l'analyse réalisée par Oxfam à partir du classement en temps réel des milliardaires établi par Forbes (Real-Time Billionaires List) au 18 mai 2026.
Les pays du G7 représentent environ les trois quarts de l'aide publique au développement (APD).
À travers le territoire palestinien occupé, le Liban et l'Iran, les opérations militaires israéliennes ont fait plus de 78 000 morts, plus de 200 000 blessés et fait déplacer des millions d'autres.
L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) frappe un pays déjà poussé à bout. Le conflit en cours et des années de réduction de l'aide ont aggravé une crise humanitaire d'une ampleur stupéfiante : une personne sur quatre souffre de la faim. Ces mêmes coupes dans l'aide ont laissé la RDC pratiquement sans défense face à Ebola, affaiblissant les systèmes de surveillance qui auraient dû détecter cette épidémie plusieurs semaines plus tôt.
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