IndustriALL Global Union

04/09/2026 | News release | Archived content

Les FSI donnent l’alerte : le projet de convention des Nations unies sur les migrations met en danger les travailleurs migrants

Read this article in:

9 avril, 2026Les fédérations syndicales internationales (FSI), dont IndustriALL, ont publié une déclaration commune appelant les gouvernements à renforcer la protection des travailleuses et travailleurs migrants en amont de la Déclaration sur les progrès réalisés qui sera divulguée lors du Forum international sur les migrations et le développement (IMRF) de 2026, prévu du 5 au 8 mai prochains à New York.

Cette déclaration met en garde contre le fait que le projet de texte actuel de l'ONU constitue un dangereux pas en arrière : il s'écarte d'une approche fondée sur les droits et édulcore les références aux conventions fondamentales de l'OIT sur la liberté syndicale et la négociation collective.

Le recul des droits des travailleurs migrants

La déclaration commune tire la sonnette d'alarme quant au projet zéro 2026 de la Déclaration d'étape, qui, selon les FSI, fait évoluer la gouvernance des migrations vers un modèle technocratique de « marché du travail », au risque de traiter les travailleuses et travailleurs migrants comme des facteurs économiques plutôt que comme des titulaires de droits.

Tout en saluant l'adoption de clauses plus fermes relatives aux frais de recrutement et à la servitude pour dettes, les FSI réclament six changements urgents :

  • garantir le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs migrants
  • rétablir les normes internationales du travail comme fondement de la politique migratoire
  • renforcer l'inspection du travail et l'application de la loi
  • assurer la portabilité de la protection sociale
  • privilégier la régularisation plutôt que les formules temporaires liées à l'employeur
  • garantir des réglementations contraignantes en matière de recrutement équitable

La déclaration souligne par ailleurs que la main-d'œuvre migrante doit avoir accès à la justice, en particulier la possibilité de porter plainte pour vol de salaire, violations sur le lieu de travail et harcèlement, même après un retour dans le pays d'origine. Le texte stipule que le vol de salaire constitue le premier indicateur du travail forcé et que les travailleuses et travailleurs migrants sont trois fois plus susceptibles d'en être victimes que les autres.

La réalité sur le terrain

Ces revendications reflètent une tendance bien connue d'IndustriALL. En Malaisie, nous avons récemment déposé une plainte officielle auprès de l'OIT après avoir documenté des pratiques antisyndicales systématiques dans douze entreprises des secteurs de l'électronique, des semi-conducteurs, de l'aérospatiale, de l'automobile et du papier. Les salariés migrants figuraient parmi les plus visés, menacés d'expulsion et de non-renouvellement de leur permis de travail afin de les empêcher de voter pour un syndicat. Chez Lumileds, des ouvrières et ouvriers migrants ont été expulsés après la victoire de leur syndicat lors du scrutin.

Les travailleuses migrantes sont confrontées à des obstacles qui s'accumulent. Lors de la 70e session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies (CSW70), IndustriALL et d'autres fédérations internationales ont pointé qu'au sein des chaînes d'approvisionnement mondiales, les femmes sont surreprésentées dans les emplois les plus précaires, souvent sans couverture syndicale et sans accès à des procédures de plaintes.

L'engagement d'IndustriALL

La déclaration reflète le Plan d'action (2025-2029) d'IndustriALL qui s'engage explicitement à défendre les migrants et les réfugiés dans le cadre de sa lutte plus vaste pour l'égalité et les droits des travailleurs. Le Plan d'action reconnaît que le personnel migrant est particulièrement stigmatisé et exposé à de graves violations de ses droits et à l'injustice. Il confirme la volonté d'IndustriALL de renforcer les politiques d'inclusion en impliquant concrètement les migrants et les réfugiés dans les activités syndicales.

« Les travailleuses et travailleurs migrants contribuent largement aux économies et aux secteurs essentiels à travers le monde, mais ils restent structurellement exclus des protections auxquelles tout travailleur a droit. La Déclaration de progrès de 2026 ne doit pas constituer un recul. Elle doit garantir que chaque travailleuse, chaque travailleur, quel que soit son passeport ou le statut de son visa, a le droit de se syndiquer, de négocier collectivement et de vivre et travailler dans la dignité »

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d'IndustriALL.

Travailleur migrant occupé à souder des poutres métalliques. © Rich Matthews / Shutterstock

Documents connexes

IndustriALL Global Union published this content on April 09, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on April 11, 2026 at 08:31 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]