02/12/2026 | Press release | Archived content
Communiqué de presse conjoint de la FAO, de l'UNICEF et du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères de la France
Kaboul (Afghanistan) - L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et le Gouvernement de la France viennent en aide aux populations frappées par le séisme survenu dans l'est de l'Afghanistan, afin de rétablir leur sécurité alimentaire, d'améliorer leur nutrition et de protéger leurs moyens de subsistance. Doté d'une enveloppe de 2 millions d'EUR, le projet est financé par la France dans le cadre de l'initiative française pour la sécurité alimentaire et la nutrition (IFSAN) et vise principalement à renforcer la production alimentaire des ménages, à améliorer l'accès à une alimentation nutritive et aux services essentiels, et à réduire la malnutrition, en particulier chez les femmes et les enfants.
Le projet bénéficiera à 51 870 personnes dans les provinces de Kounar et de Nangarhar, où les familles peinent encore à se relever du séisme qui s'est produit en août 2025, alors que les conditions d'insécurité alimentaire et de malnutrition aiguës s'aggravent. De nombreux ménages reconstruisent leur foyer au sein de communautés ayant récemment connu des déplacements et des retours forcés, ce qui accentue la pression sur des ressources - terres, aliments et services de base - qui sont déjà limitées. Le projet sera essentiellement mis en œuvre dans les districts de Chawaki et de Nurgal (province de Kounar) ainsi que dans le district de Dara-e-Nur (province de Nangarhar), où les dégâts causés aux moyens de production ont directement compromis la capacité des familles à subvenir à leurs besoins alimentaires. À une échelle plus large, on s'attend à ce qu'environ 190 000 personnes supplémentaires profitent indirectement des retombées du projet, puisque celui-ci permettra de renforcer la production alimentaire, la nutrition et les services essentiels dans l'ensemble des districts.
Le séisme dévastateur de magnitude 6 a causé d'importants dégâts aux habitations, aux terres cultivées, aux réserves alimentaires, au bétail ainsi qu'aux infrastructures vitales pour la santé, la nutrition, l'approvisionnement en eau, l'assainissement et l'hygiène, aggravant ainsi une situation humanitaire déjà très difficile. Dans les zones rurales de l'est de l'Afghanistan, où les familles sont fortement tributaires de l'agriculture et de l'élevage aussi bien pour se nourrir que pour se procurer des revenus, les pertes et les dégâts subis ont eu des répercussions durables.
«Près d'un an après le Sommet Nutrition pour la croissance organisé à Paris en mars 2025, l'éradication de la malnutrition sous toutes ses formes demeure une priorité pour les autorités françaises. Avec ce projet, la France, la FAO et l'UNICEF démontrent qu'il est possible d'apporter ensemble des solutions concrètes pour le peuple afghan, particulièrement vulnérable à la malnutrition, et surtout pour les femmes et les enfants», déclare Salina Grenet-Catalano, Directrice des affaires globales au Ministère français de l'Europe et des affaires étrangères. «La sécurité alimentaire et la nutrition ne sont pas seulement des enjeux humanitaires et de développement: elles constituent les piliers de la paix, de la stabilité sociale et de la sécurité collective.»
Grâce à des interventions intégrées, tenant compte des questions de genre et impliquant les communautés locales, la FAO et l'UNICEF s'emploieront non seulement à répondre aux besoins immédiats des populations touchées, mais aussi à atténuer les effets durables du séisme sur la sécurité alimentaire et la nutrition. Le projet aura donc pour principal objectif de faire reculer la malnutrition chez les femmes, les adolescentes et les enfants de moins de 5 ans, tout en protégeant les moyens de subsistance et en renforçant les systèmes alimentaires locaux, avec une attention particulière portée aux foyers dirigés par des femmes, aux femmes enceintes ou allaitantes ainsi qu'aux familles ayant de jeunes enfants.
Fondé sur l'approche «Cash+» de la FAO, le projet allie transferts monétaires inconditionnels, kits de protection du bétail, soutien à la culture potagère et à l'élevage de volaille, formations techniques et éducation nutritionnelle personnalisée. En favorisant l'adoption de pratiques agroécologiques et en protégeant les moyens de production, il devrait permettre d'éviter le recours à des stratégies d'adaptation préjudiciables, comme la vente en catastrophe de bétail et de ressources essentielles.
«Lorsque le séisme a frappé, de nombreuses familles ont perdu bien plus que leur maison. Elles se sont retrouvées sans aucun moyen de se nourrir», explique Richard Trenchard, Représentant de la FAO en Afghanistan. «Dans le cas des communautés rurales, le fait de pouvoir se relever dépend souvent de leur capacité à maintenir en vie les quelques animaux qu'elles possèdent, à recommencer à cultiver leurs terres et à passer l'hiver sans avoir à renoncer au peu qu'il leur reste. Pour les femmes et les jeunes enfants, c'est ce qui peut faire la différence entre avoir suffisamment à manger ou se coucher le ventre vide. Un soutien ciblé, comme celui qui est fourni grâce à l'engagement de la France en faveur de la sécurité alimentaire et de la nutrition, procure aux familles la marge de manœuvre dont elles ont besoin pour se relever avec dignité, plutôt que d'être acculées à des choix sur lesquels elles pourront difficilement revenir.»
Les interventions complémentaires de l'UNICEF contribueront à renforcer les solutions communautaires visant à améliorer l'accès à des premiers aliments nutritifs et à prévenir la pauvreté alimentaire et la malnutrition des enfants. Le programme soutiendra les personnes ayant la charge d'enfants, grâce à un accompagnement à l'adoption de pratiques optimales d'alimentation des nourrissons et des jeunes enfants, autonomisera les jeunes au moyen d'initiatives de développement des compétences qui déboucheront sur des solutions innovantes et locales à la problématique des premiers aliments, et favorisera l'accès à des services d'approvisionnement en eau potable, d'assainissement et d'hygiène afin que les ménages puissent préparer des aliments complémentaires dans de bonnes conditions. Là où la prévention ne suffit pas, le programme assurera également la prise en charge en temps voulu des enfants souffrant de formes d'émaciation potentiellement mortelles, contribuant ainsi à leur survie tout en renforçant la résilience à plus long terme.
«Bien trop d'enfants en Afghanistan se retrouvent aujourd'hui poussés vers la malnutrition, et près de 80 pour cent d'entre eux sont âgés de moins de 2 ans, un moment charnière pour leur survie et leur bon développement», explique Tajudeen Oyewale, Représentant de l'UNICEF en Afghanistan. «À la suite des séismes et des chocs répétés qui ont fragilisé les familles, les marchés et l'accès à l'alimentation, on a plus que jamais besoin de premiers aliments nutritifs, ainsi que de services de prévention et de traitement de la malnutrition. Grâce au soutien de la France, l'UNICEF et la FAO, en collaboration avec des partenaires locaux, renforceront plusieurs systèmes destinés à protéger les jeunes enfants et les mères de la malnutrition et à accroître leur capacité à faire face aux crises à venir.»
Cette initiative conjointe s'inscrit dans un effort plus vaste visant à s'attaquer aux causes sous-jacentes de la malnutrition en Afghanistan, en misant sur l'agriculture et la nutrition ainsi que sur les systèmes de santé et d'approvisionnement en eau. Ce soutien coordonné aide les familles à faire face aux besoins les plus urgents tout en préservant les conditions nécessaires au redressement. Dans un contexte où les avancées en matière de sécurité alimentaire et de nutrition demeurent fragiles, des investissements ciblés de ce type offrent une solution économique pour protéger les acquis et éviter tout retour en arrière.