05/01/2026 | Press release | Distributed by Public on 05/01/2026 11:26
La comparaison est encore plus flatteuse si on la fait par rapport au tout début du second mandat du président Trump, soit janvier 2025. À ce moment, le déficit sur 12 mois était de 2 125 G$ . La réduction entre celui-ci et celui de mars dernier est donc de près de 23 %, ce qui est loin d'être négligeable. Cela dit, la presque totalité de l'amélioration de 488 G$ de la situation budgétaire est venue du côté des revenus (+527 G$ ) alors que les dépenses ont augmenté de 40 G$ . Et il faut se rappeler le contexte particulier pour le secteur public américain en 2025, avec la plus longue impasse budgétaire qui a affecté une partie des dépenses fédérales l'automne dernier, avec les coupes budgétaires mises de l'avant par le DOGE d'Elon Musk et avec une administration résolue dans son intention de réduire l'importance de certains départements, comme l'éducation et la santé.
Du côté des dépenses, celles associées aux principaux programmes sociaux ont, depuis janvier 2025, augmenté de 7,4 % et les hausses ont été de 7,5 % pour le service de la dette et de 3,5 % pour la défense. Les dépenses discrétionnaires non militaires ont toutefois subi une baisse de 17,0 %, soit 304 G$ de moins qu'au début du présent mandat présidentiel. Le changement de régime a eu des répercussions particulièrement lourdes sur certains départements, dont des chutes de 51,4 % en protection de l'environnement, de 58,5 % en aide internationale et de 90,6 % pour le département de l'Éducation. La fonction publique fédérale a évidemment été affectée. Selon les données mensuelles du Bureau of Labor Statistics, il y avait en mars 2 059 400 employés civils fédéraux (excluant le service postal). C'est 346 300 travailleurs de moins qu'en janvier 2025 (-14,4 %).
La hausse des revenus du gouvernement fédéral est surtout venue de l'impôt des particuliers, qui a augmenté de 13,2 %. L'impôt sur le revenu des entreprises a plutôt diminué de 14,1 % depuis janvier 2025. Cette baisse s'est manifestée à partir de septembre 2025 alors que les entreprises ont commencé à incorporer les allégements fiscaux adoptés l'été dernier. La hausse des tarifs douaniers, surtout à partir d'avril 2025, a aussi contribué à améliorer les revenus du gouvernement, amenant une hausse de 243 G$ dans les coffres comparativement à janvier 2025.
Les conséquences des principales politiques républicaines
Dans ce portrait de la situation depuis janvier 2025, on a pu voir que les tarifs douaniers ont aidé à améliorer la situation financière du gouvernement fédéral. Les revenus générés par la politique protectionniste du président Trump ont atteint un sommet en octobre 2025, avec des entrées mensuelles de 33,1 G$ . Depuis, ils sont en recul, notamment en raison de certains allégements tarifaires (en particulier sur les produits alimentaires à partir de novembre) et de l'évolution des échanges commerciaux. Le rejet par la Cour suprême des tarifs de réciprocité et de ceux liés à la sécurité frontalière ainsi qu'à la lutte contre le fentanyl a aussi changé la donne. Les tarifs recueillis en mars dernier n'étaient que de 24,0 G$ , les plus bas depuis mai 2025. De plus, le gouvernement devra rembourser aux entreprises importatrices les tarifs qui ont été déclarés illégaux. Un document [en anglais seulement] Lien externe au site. présenté devant la United States Court of International Trade indique que jusqu'au 4 mars 2026, près de 330 000 importateurs américains avaient versé environ 166 G$ en droits de douane, avant que la mesure concernée ne soit rayée par la Cour suprême. Ce montant devra tôt ou tard être remboursé et les procédures à cet effet ont récemment été mises en branle. Une partie de l'amélioration budgétaire s'avère donc trompeuse et sera renversée.
L'autre mesure-phare qui a affecté les finances publiques américaines a été le One Big Beautiful Bill Act () promulgué le 4 juillet 2025. Nous avons commenté Lien externe au site. à ce sujet un peu avant son adoption finale par le Congrès. Dès l'exercice 2025, on a pu voir son effet sur une baisse notable des revenus provenant de l'impôt des entreprises. Le Congressional Budget Office () estime que cette loi a amené une diminution de 100 G$ de l'imposition des entreprises en 2025 et cela sera suivi par une baisse de 152 G$ à chacun des exercices 2026 et 2027. L'effet provenant des allégements fiscaux pour les individus est estimé avoir été plus modeste en 2025 (32 G$ ), mais il sera nettement plus grand en 2026 (326 G$ ) et au cours des années subséquentes.
Les nouvelles prévisions du
En février dernier, le a publié ses nouvelles prévisions de la situation budgétaire du gouvernement fédéral. Établies selon les lois en place à ce moment, incluant l', ces prévisions tablent sur une détérioration modeste du déficit au cours des prochaines années. De 1 775 G$ à la fin de l'exercice 2025, il passerait à 1 853 G$ en septembre 2026 et à 1 887 G$ en 2027 (graphique 2). En proportion du , c'est plutôt stable, soit 5,8 % en 2025, 5,8 % en 2026 et 5,7 % en 2027. La dette du gouvernement détenue par le public passerait de 99,4 % du en 2025 à 100,6 % en 2026 pour continuer de grimper jusqu'à 120,2 % en 2036.