05/26/2026 | Press release | Distributed by Public on 05/27/2026 19:02
Le plan Relance logement prévoit la construction ou la réhabilitation de 2 millions de logements d'ici 2030. Objectif : répondre à la forte demande dans les zones tendues, notamment en matière de logement social, tout en relevant les défis économiques, sociaux et environnementaux. Anne-Claire Mialot, directrice générale de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), et Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), croisent leurs regards sur les leviers d'action engagés pour répondre aux besoins des Français et soutenir la filière du bâtiment.
Directrice générale de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU)
Président de la Fédération française du bâtiment (FFB)
Comment relancer la filière construction ?
Anne-Claire Mialot : L'ANRU investit massivement dans la transformation des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Son nouveau programme national de renouvellement urbain mobilise 14 milliards d'euros de concours financiers, sous forme de subventions et de prêts, qui génèrent 50 milliards d'euros d'investissement dans 447 quartiers où vivent 3 millions d'habitants. C'est très concret : 30 % des opérations ont déjà été livrées, et les dernières le seront d'ici 2032.
Dans son budget 2026, l'État a d'ailleurs doublé sa contribution à ce programme ambitieux, qui transforme durablement la ville et le quotidien de ses habitants. Ce programme se traduit aussi par de nouveaux marchés pour la filière du bâtiment et des travaux publics. Celle-ci nous apporte son expertise et accompagne nos exigences en matière de performance thermique et de qualité environnementale.
Olivier Salleron : Les derniers gouvernements ont pris la mesure de la crise et ont su associer les acteurs de la filière, en particulier la FFB et l'Alliance pour le logement, afin de porter un diagnostic commun. Dans sa version actuelle, le plan Relance logement envoie signal très positif : le logement représente 60 % du chiffre d'affaires des entreprises du bâtiment.
Pour accompagner le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, et transformer l'essai, nous relayons les ambitions de ce plan auprès des élus locaux. À l'occasion des élections municipales, nous avons, avec l'Alliance pour le logement, publié un livret numérique pour leur rappeler que la filière est à leurs côtés. Il est essentiel que les élus jouent pleinement leur rôle en matière d'aménagement du territoire, de construction de logements et de rénovation du bâti.
Comment répondre à la demande croissante dans le parc social ?
A.-C. M. : Le nombre de demandeurs de logements sociaux a atteint un niveau record, avec près de 2,9 millions de dossiers en attente. À son échelle, l'ANRU s'efforce de répondre à cette urgence. En 2025, nous avons agréé 15 600 logements sociaux destinés à remplacer ceux démolis dans le cadre du renouvellement urbain. Cela représente environ 13 % des agréments délivrés en France.
Nous agissons également par la réhabilitation et la restructuration du parc existant : 146 000 logements sont ainsi en train d'être ramenés aux meilleures normes. Leur rénovation thermique associée à l'électrification du chauffage, contribue à la décarbonation du parc, tout en améliorant concrètement le confort des habitants. Ainsi, 82 % des réhabilitations menées par l'ANRU atteignent le label Bâtiment basse consommation rénovation (BBC rénovation) et 18 % le label Haute performance énergétique (HPE), dont les exigences sont encore supérieures.
Les constructions neuves répondent par ailleurs aux normes environnementales les plus élevées. Enfin, nous développons de nouvelles formes d'offres de logements, adaptées notamment au vieillissement de la population et à l'évolution des usages.
O.S. : Le travail que mène l'ANRU dans les QPV est une grande réussite. Il redonne du souffle au logement social, à la fois grâce à la rénovation des logements existants et à la construction de nouveaux logements. Ces projets démontrent qu'il est possible d'allier qualité de l'habitat et mixité sociale. Car il y a en urgence. La France construit actuellement 100 000 logements sociaux par an, alors qu'il en faudrait plus de 120 000, comme le prévoit le plan Relance logement, sur l'ensemble du territoire.
La réduction du loyer de solidarité, ou RLS, oblige les bailleurs sociaux à baisser une partie des loyers qu'ils perçoivent. En réduisant ce dispositif de 200 millions d'euros en 2025, puis de 400 millions en 2026, l'État redonne des capacités d'investissements aux bailleurs HLM pour construire ou réhabiliter des logements. Cela va dans le bon sens.
Comment augmenter l'offre de logements abordables ?
A.-C. M. : Au-delà du renforcement de l'offre de logement sociaux, nous soutenons l'accession à la propriété, qu'elle soit sociale ou directe. Avec la Foncière logement, filiale de notre partenaire Action logement, nous proposons également des loyers abordables aux salariés du secteur privé.
Toutes ces actions dessinent des parcours résidentiels concrets : ici un locataire d'un immeuble du parc social devient enfin propriétaire d'une petite maison, dans son quartier ; là, un immeuble mixte accueille à la fois des locataires aidés et primo-accédants.
Au bout du compte, c'est par la mobilisation des collectivités, des bailleurs sociaux et des entreprises de la construction et de la rénovation que nous pourrons relever les défis de production, de durabilité, et, plus largement, aux attentes de la société.
O.S. : Il est impératif de proposer aux Français des logements abordables et confortables. Les crises successives - Covid, Ukraine, Moyen-Orient - pèsent sur le coût de la construction. Celui-ci a augmenté de 25 % entre 2020 et 2023.
Les normes et les règlementations, dont la France est championne du monde, ne doivent pas changer en permanence. Même chose pour les dispositifs d'accompagnement qui, pour fonctionner, doivent être stables.
Les trois premiers mois de 2026 ont vu une hausse des mises en chantier de logement neuf de 32 %. Cette reprise est largement portée par les maisons individuelles qui bénéficient du dispositif de prêt à taux zéro ouvert à l'ensemble des Français sur tout le territoire. La création du statut de bailleur privé (dispositif Jeanbrun) devrait relancer l'investissement locatif privé et rééquilibrer le marché. D'une manière générale, il faut impérativement penser la complémentarité des parcs, privés et social.
Face à la pénurie de logements, le Gouvernement lance le plan Relance logement pour accélérer la construction et faciliter l'accès à un logement abordable. Objectif : créer un choc...
Grand dossier
Publié le 07/04/2026