02/03/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/03/2026 14:48
« La véritable question aujourd'hui est de savoir si l'année à venir nous mènera vers la paix ou nous plongera dans l'abîme du désespoir. » C'est l'avertissement qu'a lancé ce matin le Secrétaire général en ouverture de la session 2026 du Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.
Sur une note positive, M. Guterres a noté que la Déclaration de New York sur le règlement pacifique de la question de Palestine -approuvée par l'Assemblée générale l'an dernier- trace une voie claire et concrète vers une solution à deux États, tandis que l'Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution des deux États offre une plateforme pour galvaniser des avancées trop longtemps attendues.
Mais ce qui importe vraiment, c'est un changement durable sur le terrain, a encore insisté le Secrétaire général. Or, « comme nous le savons malheureusement trop bien, la situation est d'une fragilité extrême », s'est-il inquiété, notant que plus de 500 Palestiniens ont été tués depuis l'accord d'octobre.
La Déclaration de New York contient tous les éléments nécessaires pour établir la paix, a affirmé à son tour l'Observateur permanent de l'État de Palestine. Mais en attendant, Israël ne peut pas continuer de tuer à Gaza, le cessez-le-feu doit être permanent, l'aide humanitaire élargie et les forces israéliennes doivent commencer à se retirer de Gaza conformément au Plan d'ensemble du Président Donald J. Trump visant à mettre fin au conflit à Gaza, a-t-il plaidé.
À l'instar du Secrétaire général, il a exhorté les parties à pleinement respecter cet accord, précisant que toute solution à Gaza doit s'inscrire dans le droit fil du droit international et se solder par un État Palestinien qui comprend Gaza, la Cisjordanie et Jerusalem-Est. « Gaza doit demeurer partie intégrante de l'État palestinien » et cet État doit être régi par un gouvernement palestinien reconnu sur la scène internationale, légitime et unifié, a-t-il insisté.
« La paix en Palestine est une question trop sérieuse pour qu'on baisse les bras sans résultats probants pour le seul fait d'initiatives qui échappent au contrôle de l'ONU », a déclaré de son côté le Président du Comité, M. Coly Seck, qui a appelé à la prudence.
Au cours de cette réunion, la destruction du complexe de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) à Cheik Jarrah, à Jérusalem-Est occupée, le 25 janvier, par les autorités israéliennes, a été condamnée à de nombreuses reprises.
Le Secrétaire général a qualifié en outre d'odieuses les menaces publiques proférées par des responsables israéliens à l'encontre du personnel de l'UNRWA avant de rappeler haut et fort que les locaux de l'UNRWA sont des locaux des Nations Unies. Israël a l'obligation de garantir le plein respect des privilèges et immunités accordés aux Nations Unies, y compris à ses agences et organismes, et à ses fonctionnaires, dans et en relation avec le Territoire palestinien occupé, a-t-il tranché.
« L'UNRWA est essentiel », a renchéri le Directeur du Bureau de l'Office à New York. Malgré la mort de 385 employés, la destruction des installations et un déficit financier estimé à 220 millions de dollars en 2026, l'UNRWA continue de jouer un rôle vital à Gaza où il agit de facto comme le secteur public pour plus de la moitié de la population. L'Office fournit des soins de santé à 100 000 personnes par semaine, et a la capacité, avec 8 000 enseignants, d'assurer l'enseignement à la majorité des enfants, a détaillé M. Michael Contet après avoir exigé la levée des restrictions imposées par Israël ainsi que l'accès humanitaire conformément à l'avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ). Il a appelé la communauté internationale à fournir un financement urgent, suffisant et durable pour maintenir les opérations de l'Office.
Le désenregistrement par Israël d'organisations non gouvernementales (ONG) opérant à Gaza a également suscité de nombreuses préoccupations, à l'instar du Norwegian Refugee Council, directement concerné par cette directive qui l'empêche de porter une assistance dans l'enclave.
« Notre marginalisation est le fruit d'une attaque politique de la part d'Israël », a tranché le Conseiller spécial de cette ONG, M. Itay Epshtain. « Les Palestiniens ont le droit d'obtenir de l'aide internationale. »
De son côté, Physician for Human Rights a mis en lumière l'impact dévastateur des opérations militaires israéliennes lancées à Gaza depuis octobre 2023 sur la santé reproductive des femmes et sur les nourrissons.
Cela s'illustre par une forte baisse des naissances (-41% en 2025 par rapport à 2022) et une « explosion » de complications, notamment de fausses couches, de naissances prématurées, de décès de nouveau-nés et de décès liés à la grossesse avant l'accouchement. En outre, les tactiques de guerre employées ont dégradé systématiquement la capacité reproductive des femmes.
Les femmes enceintes, les nouvelles mères et les nourrissons paient un prix disproportionné. Sans levée des restrictions et sans reconstruction du système de santé, la capacité reproductive et la survie des Palestiniens à Gaza continueront de se détériorer, a mis en garde le Directeur de l'ONG, M. Sam Zarifi.
Au-delà de Gaza, la situation en Cisjordanie a également suscité de vives inquiétudes. Le Secrétaire général a fait état d'une accélération de la construction de colonies illégales et des expulsions de Palestiniens. En 2025, plus de 37 000 Palestiniens ont été déplacés, s'est-il inquiété, ajoutant que cette année a aussi été marquée par un niveau record de la violence des colons.
En outre, l'appel d'offres récemment publié par Israël pour la construction de 3 401 logements dans la zone E1 -parallèlement aux démolitions qui se poursuivent- est profondément alarmant. S'il est mis en œuvre, il séparerait le nord et le sud de la Cisjordanie, compromettrait la continuité territoriale et porterait un coup sévère à la viabilité d'une solution à deux États, s'est inquiété le Chef de l'ONU.
En début de séance, le Comité a accepté la candidature du Chili en tant que nouveau membre, adopté son programme de travail et élu son bureau.
Ainsi M. Coly Seck (Sénégal) occupera la présidence du Comité, avec à ses côtés comme Vice-Présidents MM. Ernesto Soberón Guzmán (Cuba), Umar Hadi (Indonésie), Ahmad Faisal Muhamad (Malaisie), Pendapala Naanda (Namibie) et Jaime Hermida Castillo (Nicaragua). N'ayant reçu aucune candidature pour le poste de rapporteur, ce dernier reste vacant pour de futures nominations.