IOM - International Organization for Migration

04/22/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/22/2026 01:37

Communiqué 22 avril 2026 Près de 8 000 migrants morts en 2025, selon les nouvelles données de l’OIM

Genève, 21 avril 2026 - Près de 8 000 migrants ont été déclarés morts ou portés disparus dans le monde en 2025, portant le total depuis 2014 à plus de 82 000, selon de nouvelles données publiées aujourd'hui par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Selon les estimations, au moins 340 000 membres de famille auraient été directement touchés. Malgré une baisse des arrivées dans certaines régions, les données révèlent que les routes migratoires évoluent plutôt que de voir leur fréquentation diminuer, les risques demeurant élevés le long d'itinéraires de plus en plus dangereux.

Ces données s'appuient sur la Matrice de suivi des déplacements (DTM) de l'OIM, qui présente une vue d'ensemble mondiale des routes migratoires, ainsi que sur une nouvelle analyse du Projet sur les migrants disparus. La Matrice de suivi des déplacements suit les mouvements, l'évolution des itinéraires et les conditions le long des couloirs migratoires grâce à une surveillance directe sur le terrain et à des sources de données gouvernementales, tandis que le Projet sur les migrants disparus recense les décès et les disparitions de migrants à partir de registres officiels, de reportages médiatiques et d'informations provenant des missions de l'OIM à travers le monde. Ensemble, ces rapports montrent comment les facteurs à l'origine des départs et les changements de politique le long des itinéraires redessinent les parcours migratoires, tandis que le coût humain de la migration dangereuse continue d'augmenter.

« Les itinéraires évoluent face aux conflits, aux pressions climatiques et aux changements de politiques, cependant les risques restent bien réels », a déclaré Amy Pope, Directrice générale de l'OIM. « Derrière ces chiffres figurent des personnes qui entreprennent des voyages périlleux et des familles qui attendent des nouvelles qui ne viendront peut-être jamais. Les données sont essentielles pour comprendre ces itinéraires et concevoir des interventions capables de réduire les risques, de sauver des vies et de promouvoir des voies de migration plus sûres ».

Le Rapport intitulé Aperçu mondial des voies migratoires 2025 montre que la baisse du nombre d'arrivées dans certaines régions ne traduit pas une baisse de la pression migratoire, mais plutôt une évolution des itinéraires, les mesures de contrôle, la dynamique des conflits et les pressions environnementales ayant modifié les voies de migration établies.

Dans les Amériques, les mouvements vers le nord le long de la route d'Amérique centrale ont fortement diminué par rapport à 2024. En Europe, le nombre total d'arrivées a baissé, mais le profil des mouvements a changé : les ressortissants bangladais sont devenus le groupe le plus important, tandis que les arrivées de Syriens ont diminué à la suite de changements politiques et de stratégies.

Dans la Corne de l'Afrique, les mouvements vers le Royaume d'Arabie saoudite ont légèrement diminué par rapport à 2024, mais sont restés supérieurs aux niveaux de 2023, tandis que les flux de l'Afrique de l'Est vers l'Afrique australe ont augmenté en fin d'année en raison de l'évolution de la demande de main-d'œuvre dans le sud de l'Éthiopie. Le long de la Route atlantique de l'Afrique de l'Ouest, les arrivées aux îles Canaries ont considérablement baissé après le renforcement de la coopération aux frontières, mais les trajets sont devenus plus longs, plus risqués et plus dispersés géographiquement.

Dans toutes les régions, les données de la Matrice de suivi des déplacements montrent des pressions persistantes le long des routes migratoires. Des milliers de migrants se sont retrouvés bloqués dans des zones frontalières avec un accès limité à un hébergement, aux soins de santé et à la protection, tandis que les retours et les relogements ont augmenté, mettant à rude épreuve les services locaux et compliquant la réintégration.

Dans l'ensemble, ces données montrent que l'évolution des routes ne signifie pas une diminution des risques. À mesure que les parcours deviennent plus fragmentés et plus dangereux, les décès, les disparitions et les souffrances pèsent sur les familles restées au pays.

Ces rapports reflètent l'approche de l'OIM basée sur les routes, qui associe le suivi des mouvements à l'analyse des risques et des décès afin de mieux cibler les interventions, hiérarchiser les ressources et soutenir les gouvernements le long des principaux couloirs migratoires.

En amont du Forum international d'examen des migrations qui se tiendra en mai, l'OIM appelle à un renouvellement des engagements pour protéger les migrants, prévenir les décès et les disparitions, et mieux soutenir les familles touchées par les tragédies liées à la migration. L'Organisation affirme que les données sont claires : une diminution des mouvements ne signifie pas automatiquement des voyages plus sûrs, et sauver des vies nécessite une coopération internationale renforcée et un investissement soutenu dans des réponses fondées sur des données factuelles.

Le rapport intitulé « Global Overview of Migration Routes » (rapport intitulé Aperçu mondial des voies migratoires 2025) peut être consulté ici.

Le rapport annuel du projet « Missing Migrants » (Mgrants disparus) est accessible ici.

Pour plus d'informations, veuillez consulter le Centre des médias de l'OIM.

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