02/04/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/05/2026 01:20
JOURNALISTE - C'est une innovation diplomatique donc qui fait beaucoup, beaucoup, beaucoup parler. Elle s'appelle French Response, un compte officiel du ministère des affaires étrangères sur le réseau X, qu'on appelait avant Twitter, qui veut répondre à la désinformation et aux attaques en adoptant les codes satiriques des réseaux sociaux. Donald Trump, chef d'État, balance des blagues, des détournements, des images fabriquées avec l'IA, des mèmes. Soit. Mais est-ce que la France doit utiliser le même langage ? Est-ce que ça n'est pas rabaisser, salir, ridiculiser notre parole officielle ? Alors, pour ou contre ce compte French Response ? On en débat ce matin avec Pascal Confavreux. Évidemment, on n'allait pas se passer de vous. Vous êtes parole du ministère de l'Europe et des affaires étrangères. Bonjour.
PASCAL CONFAVREUX - Bonjour.
JOURNALISTE - Et merci d'avoir accepté de débattre sur ce compte qui est votre bébé, si je comprends bien, à peu près ?
PASCAL CONFAVREUX - C'est le bébé, déjà, du ministre Jean-Noël Barrot, et puis évidemment de toute l'équipe et de tout le ministère.
JOURNALISTE - Vous êtes sa nounou, donc. Fabrice Epelboin, bonjour.
Fabrice Epelboin - Bonjour.
JOURNALISTE - Vous êtes entrepreneur et enseignant. On va commencer avec Pascal Confavreux. Le 10 janvier, donc on l'a dit, Elon Musk, je ne redis pas tout ce qu'on vient d'entendre, mais simplement : du clash, de l'humour, du mème, toutes les techniques qu'utilisent les trolls, et peut-être que Fabrice Epelboin nous fera un petit cours sur ce que c'est que le trolling… C'est le langage qu'assume désormais la diplomatie française ? Vous êtes là, en costume cravate, devant moi.
PASCAL CONFAVREUX - On est attaqués. Nos intérêts, notre image sont attaqués dans le domaine informationnel. Notre intuition, c'est qu'il faut monter le son, hausser le ton pour pouvoir nous défendre. Et donc, effectivement, aussi adopter les codes sur les plateformes sur lesquelles nous sommes attaqués. On ne change pas la ligne diplomatique. On est pour, bien sûr, le multilatéralisme, la défense de la Charte des Nations unies, etc. On met une corde supplémentaire à notre arc pour pouvoir, au fond, défendre la France, les Français, nos intérêts, dans ce champ hybride qu'est la lutte informationnelle.
JOURNALISTE- La lutte informationnelle sur les réseaux sociaux, et particulièrement sur X. Je dis particulièrement, parce que X est le réseau de Elon Musk et il s'exprime lui-même énormément sur son réseau. Donc c'est s'exprimer là où ont lieu les attaques, c'est mettre le doigt dans des engrenages viraux dont se servent les Américains ?
PASCAL CONFAVREUX - Notre but, c'est d'avoir de l'impact. Donc oui, on va aller…
JOURNALISTE - De l'impact, de l'impact, de l'impact ?
PASCAL CONFAVREUX - C'est d'avoir un canal réactif pour pouvoir répondre très vite face à des manipulations de l'information qui peuvent être très virales et qui peuvent parfois être graves. C'est pouvoir aussi apporter de l'information à des audiences qui sont victimes de cette manipulation d'information et qui peuvent ne pas forcément avoir cette info. Donc on va aller poster là où le débat se fait. On a commencé par X/Twitter il y a maintenant trois mois, c'est un compte qui est vraiment tout récent. Il a des bonnes stats, on a 150 000 followers et on a 15 millions d'impressions par semaine. Mais on y va très humblement, on ne dit pas que c'est l'alpha et l'oméga, on ne dit pas que désormais, la parole diplomatique est faite uniquement là ; du tout, au contraire, on continue bien sûr une parole un peu plus institutionnelle.
JOURNALISTE - C'est intéressant, c'est aussi un moyen de toucher des gens qui ne lisent pas, ni Le Monde, ni Le Figaro, ni Les Échos, qui n'écoutent pas France Inter, qui n'écoutent pas RTL et qui ne regardent plus les journaux.
PASCAL CONFAVREUX - Exactement. Vous avez une part considérable de personnes qui ont leur première source d'information sur les réseaux sociaux. Et par ailleurs, nous, encore une fois, on répond à des ingérences numériques étrangères. Et donc, notre but, c'est aussi de parler aux audiences étrangères avant tout. C'est ça, notre principale cible.
JOURNALISTE - Fabrice Epelboin, vous êtes à la fois séduit, mais en même temps assez sceptique face à ce compte et face à son succès. En tout cas, vous mettez en garde contre les dérives possibles. Moi ce qui m'intéresse, c'est que pendant des années à Sciences Po, vous avez donné des cours, justement, sur cette culture du mème et du trolling, cette culture politique. Parce que c'est une culture politique, expliquez-nous.
FABRICE EPELBOIN - C'est une culture politique, ça a été introduit de façon massive par Steve Bannon, lors de la campagne de 2016 de Donald Trump.
JOURNALISTE - Rappelez qui était Steve Bannon ?
FABRICE EPELBOIN - Steve Bannon est l'un des conseillers de Donald Trump, sans doute le plus flippant, celui qui représente vraiment ce qu'on peut pour le coup qualifier de fascisme, de white supremacist dans la droite américaine qui est très diverse.
JOURNALISTE - Très complotiste aussi, très conspirationniste.
FABRICE EPELBOIN - Oui, si vous voulez. Mais concrètement, ça reste un intellectuel des médias, un petit génie de la désinformation, c'est le patron de Breitbart News. Et il a mis en place une technique militante qui consistait à haranguer des millions de militants pour produire autant de mèmes quotidiennement et compter sur le phénomène de buzz pour que décantent les meilleurs, qui servent à cette confrontation informationnelle. Donc on a des modalités de production qui sont héritées de sites comme 4chan, des entrailles de l'Internet et des sous-cultures Internet, qui se basent sur une production de masse, et une armée de personnes qui font émerger le meilleur pour porter le message. Message qui, à l'origine, est plutôt anonyme, même n'est pas signé. Là, on est dans des modalités de production différentes. On a un mème signé du Quai d'Orsay, avec des modalités de validation qui, forcément, compliquent un peu les choses et qui obligent d'assumer la paternité du message.
JOURNALISTE - Mais quand même, vous voyez deux cultures se télescoper. Une culture diplomatique, une voix gouvernementale, et une culture qui est vraiment une culture du Web, du trolling. On ne s'attendait quand même pas à ce qu'elles se rencontrent, ces cultures.
FABRICE EPELBOIN - Moi, j'ai enseigné ça pendant la guerre informationnelle. La production de mèmes à des fins politiques, j'ai enseigné ça pendant dix ans dans les masters d'administration publique. Je me désespérais que ça arrive. Je suis ravi que ça arrive. J'attends maintenant de voir la réalité d'une telle confrontation. Pour l'instant, on en est au tout début. Le résultat concret de cette initiative du Quai d'Orsay, pour l'instant, ça ressemble plus à fédérer une communauté, qui fera office d'armée de trolls le jour où il y aura une vraie confrontation. On est au tout début, c'est tout à fait normal. Il faut commencer par le commencement. Le commencement, c'est qu'on est des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de personnes qui, le jour où il y a vraiment bataille, on n'en est pas là, je pense à un énorme leak ou des choses comme ça…
JOURNALISTE - Mais c'est-à-dire que là, en fait, c'est le pot de terre contre le pot de fer, c'est-à-dire que le compte du Quai d'Orsay est minuscule et que les Américains, en immense antériorité, sont beaucoup plus nombreux à manier ces outils-là ?
FABRICE EPELBOIN - Les Américains sont sur des phénomènes de masse, pas sur un phénomène d'un ministère qui communique par les mèmes. Ça arrive, mais c'est relativement récent. La force des Américains, c'est que derrière, il y a des dizaines de millions de producteurs eux-mêmes qui, en cas de confrontation, et on n'en est pas là, j'insiste, vont tous se mettre à produire du mème pour aller dans une confrontation, typiquement avec un pays comme la France, où les relations sont un peu tendues.
JOURNALISTE - Pascal Confavreux.
PASCAL CONFAVREUX - Sur la communauté, vous avez tout à fait raison parce que ce qu'on voit depuis quelques jours, c'est qu'on a plein de gens qui nous écrivent en France pour nous dire « Ça nous fait chaud au coeur que vous ayez fait ça », etc. Et à l'étranger aussi pour nous dire…
JOURNALISTE - C'est ce qu'on appelle une armée de trolls, et pour se battre contre des armées de trolls, il faut une armée de trolls
PASCAL CONFAVREUX - Cet aspect de communauté, on ne s'y attendait pas forcément d'ailleurs. Cet aspect de communauté de gens qui veulent nous rejoindre, qui nous disent « On veut vous aider, on veut contribuer ».
JOURNALISTE - Pardon, mais je suis complètement sciée par ce que vous racontez. Je pense qu'il y a une partie des auditeurs aussi qui ne sont pas forcément familiers de la culture numérique. Ça signifie quoi ? Ça signifie que le temps de la diplomatie et le temps des réseaux sociaux sont aujourd'hui identiques ? Ça signifie que vous cédez à une forme d'accélération, que tout devient éphémère dans les messages qu'on poste, qu'il n'y a plus de hiérarchies entre des grosses blagues et des images fausses fabriquées pour faire rire et des messages diplomatiques ?
PASCAL CONFAVREUX - Au contraire. Ça nous permet de pouvoir préserver la parole diplomatique et la parole du Ministre, et la parole, plus généralement, du Quai d'Orsay, sur ce que l'on veut mettre en avant. Et d'avoir, être dans cette forme de réaction en passant par un canal qui est différent - qui est ce canal French Response. Donc le Ministre, il n'a pas forcément à avoir à répondre à chaque nouveau tweet sur Truth Social…
JOURNALISTE - Mais est-ce qu'il faut répondre ?
PASCAL CONFAVREUX - En tout cas, la parole politique, non. On est calme. Vous avez bien vu, par exemple sur le Groenland, on nous demandait toutes les demi-heures, « Il y a cette nouvelle information, que pensez-vous ? » Nous, on était dans une réponse qui était calme, qui était résolue, qui était dans la défense. Notre position, c'est la défense de la souveraineté, d'un allié, etc. On n'était pas dans une réponse à chaque fois. Par contre, il pouvait y avoir ce canal, par ailleurs, qui s'occupait de répondre et d'être dans cette temporalité qui était beaucoup plus réactive. Donc au contraire, ça fait vraiment deux cordes différentes.
JOURNALISTE - Fabrice Epelboin, quand Jean-Noël Barrot s'adresse à toutes les ambassadrices et à tous les ambassadeurs qui ont rejoint la France au mois de janvier pour les inviter à faire d'eux-mêmes et à prendre le pas, il y a un moment où vous vous inquiétez quand même ?
FABRICE EPELBOIN - C'est parfaitement suicidaire. Les chances qu'il n'y ait pas un hiatus et un problème dans la production… C'est quand même une culture étrangère, une langue étrangère. Il faut apprendre les codes, il ne faut pas se planter, il ne faut pas faire de contresens. Ce n'est pas à la portée de tout le monde, ça demande une formation. C'est pour ça qu'on l'enseigne à Sciences Po, d'ailleurs. Si demain, tous les diplomates aux quatre coins du monde se mettent à improviser des mèmes, on va avoir des couacs dans tous les sens, on va avoir des incidents diplomatiques.
JOURNALISTE - Mais c'est surtout, on va être complètement ridicule, non ? Je vous pose sincèrement la question.
PASCAL CONFAVREUX - Il n'a pas dit à toutes les ambassadrices et ambassadeurs de faire des mèmes tous les jours. Il a dit qu'il y a un sujet, qui est la lutte informationnelle, qui est un sujet de lutte hybride dans lequel nos intérêts sont attaqués. Il faut qu'on soit dedans. Mais la conclusion, ce n'est pas que chacun fait des mèmes. Il y a un compte, French Response qui est ce qu'il est actuellement…
JOURNALISTE - Peut-être qu'on peut rappeler ce que c'est qu'un mème. Un mème, c'est une image qui a beaucoup tourné sur Internet et qu'on détourne.
FABRICE EPELBOIN - Le mème consiste à prendre une image qui est totalement assise dans la culture populaire, qui est associée à une émotion chez chacun d'entre nous en l'espace d'un centième de seconde. Et sur cette image, je vais superposer un message.
JOURNALISTE - C'est un petit bout des Simpson, c'est…
FABRICE EPELBOIN - N'importe quoi qui suscite chez vous, immédiatement, une réponse, vraiment, de la moelle épinière, de l'ordre de l'émotionnel. Ce qui fait qu'en superposant un message texte, le message texte, je vais mettre quelques dixièmes de seconde à le lire et à l'interpréter… Je vais faire arriver ce message sur un sentiment préinstallé. C'est une technique de manipulation vieille comme le monde. Il y a très peu, aujourd'hui, de reportages à la télé dans lesquels on ne vous met pas une petite musique qui est là pour installer une émotion sur une information qu'on va vous délivrer par la suite. Mais celle-là a l'avantage de pouvoir être utilisée en une seconde.
JOURNALISTE - Mais est-ce que vous, vous voyez un risque de désinhibition de la parole officielle française ?
FABRICE EPELBOIN - Non, de désinhibition de la parole officielle française, je ne pense pas, parce qu'il y a quand même des circuits de validation, ce sont des gens sérieux, et j'imagine qu'ils ont très sérieusement étudié les codes. Je vois un problème de montée en charge.
JOURNALISTE - L'escalade ?
FABRICE EPELBOIN - Non, de montée en charge. La parole française ne pourra pas faire face à, en face, une avalanche parce qu'il n'y a qu'un seul compte avec une seule équipe, et sa capacité à créer des mèmes, même en étant assisté d'intelligence artificielle, sera mécaniquement limitée si en face on a des millions de personnes qui attaquent. Et l'autre problème que je vois, c'est qu'on est quand même en train d'apprendre une langue étrangère et de parler à une culture étrangère, celle du XXIe siècle, avec nos habits de diplomates du XXe, et même qui datent de bien avant, et qui font toute la grandeur de la France. On est dans un terrain étranger, et au sens de Sun Tzu, c'est forcément un terrain compliqué, dans lequel on est, par nature, à découvert. Si demain, typiquement, les Américains répliquaient sous forme d'attaque informationnelle à travers du leak, ce dont ils sont friands, qui toucherait la France, et ce n'est pas comme si ça manquait de dossiers, à la CIA, qui permettraient de mettre la France en difficulté, on serait dépendant de cette fameuse communauté…
JOURNALISTE - Ne tombons pas dans le conspirationnisme.
FABRICE EPELBOIN - C'est la stratégie officielle des États-Unis, ce n'est pas du conspirationnisme. C'est vraiment dans la stratégie officielle de Peter Thiel, qui a fait un éditorial dans le Financial Times pour prôner cette stratégie avant l'élection. Ce n'est absolument pas du conspirationnisme. C'est vraiment leur stratégie.
JOURNALISTE - Pascal Confavreux.
PASCAL CONFAVREUX - On ne vise personne.
JOURNALISTE - C'est-à-dire ?
PASCAL CONFAVREUX - On répond à des attaques qui nous viennent. On parle beaucoup des États-Unis là ; il y a des attaques qui viennent de Russie, il y a des attaques qui viennent par exemple aussi de sphères pseudo-panafricanistes en Afrique. Donc on répond là où on est attaqué, ça c'est le premier point. Le deuxième point, c'est que sur le sujet lutte informationnelle, et c'est ça que voulait dire le Ministre à ses ambassadeurs, c'est qu'il y a différents éléments. Ça, c'est le truc le plus visible, qui choque les esprits, qui marque les esprits. Mais il y a un élément qui est plus traditionnel et qu'on continue à faire, qui est le soutien aux écosystèmes médiatiques et aux journalistes à l'étranger. On l'a fait traditionnellement dans le cadre des investissements solidaires, de l'aide publique au développement. Il y a un élément qui est aussi, par exemple, d'augmenter la résilience des Français, de nos concitoyens sur ces ingérences numériques étrangères. Ça a été, par exemple, des attributions qu'on a faites il y a un an ou il y a deux ans sur des modes opératoires informationnels qui nous touchent. C'était Matriochka, c'était Portal Kombat.
JOURNALISTE - Je pense que c'est le moment d'apporter une précision absolument fondamentale. C'est que ce mode de communication par l'administration Trump, par Donald Trump lui-même et par Elon Musk, se double d'une guerre faite aux médias traditionnels et d'une défiance alimentée envers les médias traditionnels. Ce n'est absolument pas le cas de la France. C'est-à-dire que vous empruntez un canal numérique et vous utilisez ce langage-là sans pour autant…
PASCAL CONFAVREUX - Et sans pour autant oublier nos valeurs.
FABRICE EPELBOIN - C'est une asymétrie qui est fondamentale dans cette lutte.
PASCAL CONFAVREUX - Et le troisième élément, c'est évidemment ensuite de défendre la régulation, donc le DSA, le DMA, etc., et de défendre cette régulation qui protège notre débat. Et donc, ça fait aussi partie des attributions que l'on fait.
JOURNALISTE - Puisque Fabrice Epelboin a soulevé à peu près 12 fois la question, il faut vraiment que je vous la pose : quels sont les circuits de validation avant de poster un mème, un détournement, une image fabriquée par IA et un gag sur X ?
PASCAL CONFAVREUX - Alors, on ne pose pas que des mèmes. Parfois, on va poster des images, parfois, on va poser juste des faits, des histoires de chiffres, etc. Il va y avoir toute une équipe de veille, y compris dans notre réseau diplomatique, qui va détecter des signaux faibles, etc. Et ensuite, il y a une autre équipe qui va analyser à la fois la viralité et la gravité de l'information. La viralité, parce que ce qu'on veut éviter, c'est le fameux effet Streisand, c'est-à-dire qu'admettons qu'il y a une information qui n'est pas très bonne ou qui est très mensongère. Si on reposte là-dessus, on va lui donner la viralité qu'elle n'avait pas. Donc là, on veut éviter. Et puis ensuite, c'est vraiment du cas par cas, mais c'est un schéma qui va être très réactif, qui inclut les différentes hiérarchies, pour qu'on puisse être dans le tempo.
JOURNALISTE - Le mot de la conclusion, Fabrice Epelboin ?
FABRICE EPELBOIN - Ça va être très intéressant à observer. On a une dissymétrie complète. Si les Américains répondent, pour l'instant, ils ne prennent pas en compte cette initiative française, mais en cas de confrontation, et avec l'élection présidentielle, ça serait étonnant qu'on n'en ait pas une, on va vraiment avoir les armées de trolls. Et là, ça va être beaucoup plus intéressant. On va avoir la puissance MAGA, avec des millions de rednecks américains qui, eux, savent faire des mèmes depuis une génération, contre ce qu'on est en train de mettre en place en France, avec une petite armée de trolls, qui est plutôt faite d'intellectuels qui écoutent France Inter, pour le coup, et qui va devoir répliquer à ça. Donc la bataille va être épique.
JOURNALISTE - Je vous remercie beaucoup tous les deux, Fabrice Epelboin. Et je vous remercie aussi, merci au ministère des affaires étrangères d'être venu au micro de France Inter expliquer cette initiative French Response.
(Source : France Inter)