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Le 26 janvier 2026 - Nouvelles de la Défense
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Portrait de l'Adjuc Yann Gauthier. Source de la photo : l'Adjuc Yann Gauthier,
Le jeu du téléphone est bien connu : un message passe de personne en personne, et au fil des échanges, il finit souvent complètement déformé, voire incompréhensible.
C'est amusant quand on joue entre amis. Mais quand on enseigne les premiers soins, c'est exactement ce qu'on veut éviter.
L'adjudant-chef (Adjuc) Yann Gauthier se souvient d'une situation similaire en Ukraine, lors d'un déploiement en 2016. Lui et une douzaine de membres des Forces armées canadiennes (FAC) avaient pour mission de former des militaires ukrainiens aux premiers soins en contexte de combat.
« Nous avions à donner un entrainement médical axé sur les besoins actuels d'une guerre moderne et la réalité du terrain opérationnel », décrit l'Adjuc Gauthier.
Son superviseur, le major (Maj) Stéphane Roy, visait même plus loin : offrir le premier cours de formation d'instructeurs des premiers soins contribuant à l'autonomie de l'Ukraine.
Le groupe a fait face à plusieurs défis.
D'abord, différents contextes législatifs : en Ukraine, les lois étaient plus spécifiques sur l'usage de techniques invasives, comme la décompression à l'aiguille. Le groupe a donc dû adapter le contenu de sa formation et obtenir les autorisations nécessaires.
L'Adjuc Yann Gauthier, instructeur chef canadien, surveille de près les stagiaires des forces armées ukrainiennes qui prodiguent des soins à un pseudo blessé dans le cadre d'un cours avancé d'instructeur en premiers soins au combat à Kyiv, en Ukraine, au cours de l'opération UNIFIER, le 21 juillet 2016. Source de la photo : Force opérationnelle interarmées - Ukraine, MDN
Ensuite, l'équipe a fait face à une barrière linguistique importante. L'Adjuc Gauthier et ses collègues ont dû s'assurer que l'information transmise était la bonne.
« Dans le domaine médical, on a notre propre terminologie, peu importe si vous êtes francophone, anglophone ou ukrainien », il explique.
Ils jouaient ainsi au jeu du téléphone : leurs instructions passaient du français à l'anglais, puis de l'anglais à l'ukrainien, souvent via des interprètes aux accents variés.
La présence de partenaires internationaux, notamment britanniques et américains, bien que cruciale, a aussi complexifié les choses.
« Chaque pays avait sa propre idée de ce qu'il fallait enseigner, malgré leurs standards différents, » raconte l'Adjuc Gauthier. « Imaginez la problématique si trois standards de soins étaient enseignés en même temps et à la même personne. Les soins n'auraient pas été pareils, et l'équipement aurait pu être très différent. »
La coopération interne du contingent et externe avec les autres nations a ainsi été cruciale pour standardiser ces processus médicaux.
L'Adjuc Yann Gauthier reçoit une Mention élogieuse de commandement des mains du ministre de la Défense ukrainienne, le Général Stepan Poltorak, pendant l'Opération UNIFIER au Centre international de sécurité et de maintien de la paix à Starychi, Ukraine le 15 mars 2016. Source de la photo: Caméra de combat des Forces canadiennes, MDN
Cette mission s'inscrivait dans le cadre de l'opération UNIFIER, lancée en 2015 par les FAC en soutien à l'Ukraine. L'Adjuc Gauthier, qui a reçu une Mention élogieuse du Ministre de la Défense ukrainienne, rappelle que la mission se poursuit encore.
« L'opération UNIFIER continue même si le conflit en Ukraine s'est transformé de manière exponentielle, » il raconte. « Je suis fier des personnes qui sont là présentement en train de donner des instructions à l'armée ukrainienne, parce qu'ils contribuent au fait qu'il y a quelqu'un, quelque part, qui va survivre de ses blessures. »
Aujourd'hui adjudant-chef du Service de santé royal canadien, l'Adjuc Gauthier a reçu l'Ordre du mérite militaire en 2025. Il dédie ce parcours à sa famille, à ses collègues, et surtout à son mentor, le Maj Stéphane Roy, décédé en 2017.