UNOG - United Nations Office at Geneva

03/04/2026 | News release | Distributed by Public on 03/04/2026 11:12

Au Moyen-Orient, la guerre s'immisce dans les hôpitaux

Ambulanciers tués, hôpitaux endommagés, patients évacués sous les bombardements. À mesure que la confrontation entre Israël, les États-Unis et l'Iran s'étend au Moyen-Orient, ses répercussions atteignent désormais les lieux censés rester à l'abri de la guerre, dont les structures de santé.

Mercredi, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état d'une multiplication d'incidents touchant le personnel médical et les établissements hospitaliers dans la région, au cinquième jour de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran et de la riposte de Téhéran.

Au Liban, trois ambulanciers ont été tués et six autres blessés mardi alors qu'ils portaient secours à des victimes d'explosions dans le district de Tyr, dans le sud du pays. « Le risque que d'autres professionnels de santé comptent parmi les victimes est élevé », a déclaré sur le réseau social X le directeur général de l'OMS, Tedros Ghebreyesus. « Il faut à tout prix éviter cela, afin que les ambulanciers, les médecins et les infirmiers puissent accomplir leur travail vital, particulièrement nécessaire en temps de crise ».

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Des hôpitaux touchés en Iran

En Iran également, les installations médicales sont affectées par les frappes. Selon l'OMS, des explosions survenues près de l'hôpital Motahari, à Téhéran, le 1er mars, ont endommagé certaines parties du bâtiment et contraint les autorités à évacuer patients et personnel soignant.

D'autres structures ont été touchées ailleurs dans le pays. Deux centres médicaux d'urgence à Sarab, dans le centre de l'Iran, et à Hamedan, dans l'ouest, ont subi des dégâts, et au moins deux membres du personnel médical auraient été blessés.

« En période de crise, les hôpitaux et les cliniques sont plus que jamais nécessaires. C'est pourquoi il est impératif d'assurer leur protection à tout moment », a insisté Tedros Ghebreyesus.

Le chef de l'OMS a appelé les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire et à protéger « les travailleurs de la santé, les établissements et les patients », plaidant pour que « les voix de la sagesse et de la paix l'emportent sur le bruit des bombardements ».

Le Liban pris dans la spirale

Sur le terrain, les opérations militaires se poursuivent. Selon plusieurs médias, une frappe a visé mercredi matin la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, après un ordre d'évacuation lancé par l'armée israélienne.

Ces attaques s'inscrivent dans une série de raids qui ont récemment touché des zones du sud de la capitale libanaise, un quartier proche du palais présidentiel et la ville historique de Baalbeck, dans l'est du pays.

Face à cette escalade, la coordinatrice spéciale des Nations Unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, met en garde contre les effets d'une rhétorique guerrière qui éloigne toute perspective de protection des civils. Sur X, elle a dénoncé « des cris de guerre et des discours manichéens » qui offrent de fausses assurances et contribuent à prolonger ce qu'elle décrit comme un « véritable cauchemar » pour les populations.

Les enfants en première ligne

L'intensification des combats inquiète également les experts indépendants chargés de la protection des enfants. Le Comité des droits de l'enfant des Nations Unies s'est dit « profondément troublé » par la mort « d'enfants innocents » et par les « graves répercussions » du conflit sur les plus jeunes.

Les experts indépendants composant cet organe chargé de surveiller la mise en œuvre de la Convention relative aux droits de l'enfant se disent alarmés par des informations faisant état d'attaques contre des infrastructures civiles. Il évoque en particulier le bombardement de l'école de filles Shajareh Tayyebeh à Minab, dans le sud de l'Iran, qui aurait fait plus de 160 morts parmi les enfants.

Les experts appellent à un cessez-le-feu immédiat et durable afin d'éviter que les enfants ne soient exposés à « des meurtres, des mutilations, des déplacements, des dommages psychologiques ou d'autres violations de leurs droits ».

Vigilance autour des sites nucléaires

Dans ce contexte de combats étendus, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) surveille étroitement la situation autour des installations nucléaires iraniennes.

Selon l'agence basée à Vienne, aucun dommage n'a été constaté sur les installations contenant des matières nucléaires et aucun risque de rejet radiologique n'a été détecté à ce stade. Si deux bâtiments présentent des dommages visibles près du site d'Ispahan, aucun nouvel impact n'a été signalé à Natanz ni sur d'autres sites, dont la centrale de Bushehr.

L'agence indique que son directeur général, Rafael Grossi, « réitère son appel à la plus grande retenue afin d'éviter tout risque d'incident radiologique ».

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