04/10/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/11/2026 18:00
L'absentéisme au travail est en hausse dans plusieurs pays européens. La France figure au 5e rang des pays de l'OCDE, avec un taux d'absentéisme en entreprise d'environ 5 % et 21 jours d'absence par an en 2024.
Entre 2019 et 2024, le nombre d'arrêts de travail indemnisés a augmenté de 10 %, pour atteindre 9,1 millions. En 2025, les dépenses d'indemnités journalières versées par l'Assurance maladie s'élèvent à 17,9 milliards d'euros, soit 7 milliards de plus qu'en 2016. Une évolution qui pèse à la fois sur le système de protection sociale et sur les entreprises.
La hausse globale des arrêts de travail s'explique en partie par des facteurs économiques et démographiques, comme l'évolution des salaires, du SMIC et de la population active. Mais elle découle aussi d'une progression du recours aux arrêts maladie et de l'allongement de certaines durées d'arrêt.
Facteur préoccupant : les durées d'arrêts prescrits ne correspondent pas toujours aux durées recommandées par la Haute Autorité de santé. Par exemple, 71 % des jours prescrits pour une lombalgie commune le sont au-delà de la durée indicative recommandée de 5 jours.
Pour répondre à cette situation et préserver l'équilibre du système de protection sociale, le Gouvernement met en avant une stratégie en trois volets.
Le premier axe porte sur la prévention, notamment en matière de santé au travail, de risques professionnels et de qualité de vie et des conditions de travail. L'objectif est de réduire les arrêts évitables.
Il est notamment nécessaire de mieux prévenir les troubles musculosquelettiques, les risques psychosociaux et les situations qui peuvent conduire à une désinsertion professionnelle.
Le deuxième axe vise à mieux accompagner les assurés en arrêt et à favoriser le maintien dans l'emploi. Cela passe par un suivi médical plus régulier et par des dispositifs qui facilitent le retour à l'activité lorsque cela est possible.
Cela passe par des démarches de pré-reprise, du temps partiel thérapeutique ou encore des échanges accrus entre médecin traitant, médecin du travail et Assurance maladie pour les situations complexes.
Le troisième axe repose sur le renforcement des contrôles et de la lutte contre les comportements abusifs, avec une sécurisation des prescriptions et un meilleur ciblage des situations atypiques, qu'elles concernent les assurés, les prescripteurs ou certaines entreprises. L'objectif est de mieux réguler sans remettre en cause la protection des personnes qui ont réellement besoin d'un arrêt.
Cette approche doit permettre de préserver l'équilibre du système de protection sociale, tout en maintenant la protection des personnes dont l'état de santé justifie un arrêt.
Plusieurs mesures ont déjà été engagées. Les arrêts prescrits en téléconsultation sont désormais plus strictement encadrés : sauf exception, leur durée est limitée à trois jours.
Les formulaires papier ont aussi été sécurisés pour limiter les fraudes.
En parallèle, l'Assurance maladie a renforcé ses contrôles auprès des assurés et des prescripteurs. En 2025, elle a accompagné ou contrôlé près de 740 000 assurés et poursuivi l'accompagnement de médecins prescripteurs présentant des pratiques atypiques.
Elle a aussi développé des actions d'accompagnement auprès de certaines entreprises confrontées à un absentéisme élevé.
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 renforce les mécanismes de régulation. À partir du 1er septembre 2026, la durée des prescriptions d'arrêt de travail sera limitée à un mois pour un premier arrêt et à deux mois pour une prolongation, sauf exception liée à l'état de santé du patient.
Les motifs d'arrêt devront aussi être renseignés par les prescripteurs. D'autres mesures visent à améliorer le suivi médical et à mieux réguler les arrêts de longue durée.
Les médecins pourront solliciter l'avis du service du contrôle médical de l'Assurance maladie pour certains renouvellements dépassant trois mois.
Les contrôles se poursuivront en 2026, avec une attention particulière portée aux arrêts longs, aux arrêts prescrits en téléconsultation, aux arrêts courts répétés et aux situations de nomadisme médical.
Pour les accidents du travail et maladies professionnelles survenant à compter de 2027, la durée maximale de versement des indemnités journalières sera également encadrée.
Une campagne d'actions de promotion de la santé mentale en entreprise sera réalisée en 2026 grâce au déploiement sur l'ensemble du territoire de la charte d'engagement pour la santé mentale au travail autour de la communauté des « Entreprises s'engagent »
Le plan Santé Travail 2026-2030, co-construit avec les partenaires sociaux, sera publié avant l'été 2026. Il proposera des leviers complémentaires pour renforcer la prévention, lutter contre les abus et prévenir l'absentéisme.
Un kit « clé en main », disponible sur le site du ministère du Travail, permet la réalisation d'un auto-diagnostic et orientera l'employeur vers les principales ressources disponibles réalisées par les organismes de prévention en santé au travail (CNAM, ANACT, INRS notamment).