06/02/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/02/2026 09:36
Genève/Ituri, 2 juin 2026 - L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) exhorte les gouvernements et leurs partenaires à renforcer d'urgence la coordination transfrontalière afin de contenir l'épidémie en cours de la maladie à virus Bundibugyo (une forme de la maladie à virus Ebola). Elle avertit que les fermetures de frontières, à elles seules, risquent de pousser les déplacements vers la clandestinité et d'accroître les risques de transmission.
Selon les derniers chiffres de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), on dénombre 116 cas suspects, 321 cas confirmés, 48 décès et six personnes guéries en République démocratique du Congo (RDC). En Ouganda, neuf cas confirmés et un décès ont été signalés à ce jour.
« Les virus ne s'arrêtent pas aux frontières, et notre riposte ne devrait pas non plus s'y arrêter », a déclaré Ugochi Daniels, Directrice générale adjointe de l'OIM chargée des opérations.
« Lorsque les frontières ferment, les personnes continuent souvent de se déplacer par des routes informelles où le dépistage sanitaire et la surveillance sont limités. La réponse la plus efficace repose sur une action coordonnée qui maintient la mobilité visible, sûre et suivie. »
L'OIM avertit que les fermetures de frontières prises dans l'urgence peuvent réduire la visibilité des mouvements de population, compromettant le dépistage sanitaire, la surveillance, le traçage des contacts et les efforts de détection précoce. Les enseignements tirés de précédentes urgences sanitaires montrent que les restrictions de mouvement n'arrêtent pas la mobilité, mais la redirigent souvent vers des itinéraires informels et moins surveillés.
Il s'agit de la 17e flambée d'Ebola enregistrée en RDC et de la troisième plus importante jamais recensée, ce qui souligne à la fois le caractère récurrent de la maladie et l'importance d'une préparation soutenue.
L'épidémie se développe dans l'un des contextes humanitaires les plus complexes au monde. L'est de la RDC est déjà touché par des conflits et des déplacements de grande ampleur. En mars 2026, 3,6 millions de personnes étaient déplacées à l'intérieur du pays, dont près de 922 000 dans la seule province de l'Ituri, où l'épidémie est concentrée.
La confirmation d'une transmission transfrontalière entre la RDC et l'Ouganda souligne davantage l'urgence d'une action régionale coordonnée, en particulier dans les zones où les déplacements transfrontaliers quotidiens sont essentiels au commerce, aux moyens de subsistance et à l'accès aux services de base.
Les données issues du registre de suivi des flux de populations de l'OIM aux principaux points de passage formels et informels - notamment Cyanika, Busunga, Bunagana, Mpondwe, Goli, Vurra, Busanza et Ntoroko - montrent que la mobilité transfrontalière se poursuit malgré les restrictions, y compris par des routes informelles, ce qui renforce la nécessité de mesures de riposte coordonnées et fondées sur des données.
Les personnes vivant dans des sites de déplacement, des communautés frontalières et des zones touchées par les conflits sont particulièrement vulnérables en raison d'un accès limité aux soins de santé, à l'eau potable et à d'autres services essentiels, ce qui augmente le risque de transmission non détectée.
L'OIM appuie les gouvernements et leurs partenaires en RDC, en Ouganda et dans les pays voisins en renforçant les opérations sanitaires aux frontières, la cartographie de la mobilité des populations, la surveillance des maladies, la communication sur les risques et l'engagement communautaire dans les zones à forte mobilité.
Comprendre où, pourquoi et comment les personnes se déplacent reste essentiel pour prévenir une propagation supplémentaire. Les mesures de santé publique doivent être guidées par les schémas de mobilité et coordonnées au-delà des frontières afin d'assurer un endiguement efficace, tout en évitant des conséquences involontaires qui rendraient les mouvements invisibles.
D'importantes lacunes de financement continuent de freiner l'ampleur et la rapidité des efforts de riposte, notamment les activités de préparation dans l'ensemble de la région.
L'OIM salue la contribution financière rapide des États-Unis, qui aide à renforcer les efforts de riposte en première ligne et à sauver des vies. Une coordination étroite avec l'Union africaine, les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, l'OMS et les partenaires des Nations Unies demeure essentielle pour contenir l'épidémie.
Bien qu'Ebola soit une maladie évitable et maîtrisable, des ressources supplémentaires sont urgemment nécessaires pour soutenir les systèmes de surveillance, maintenir les opérations sanitaires aux frontières, renforcer la prévention communautaire et élargir l'appui dans les contextes de déplacement.
Pour plus d'informations, veuillez consulter le Centre des médias de l'OIM.