05/07/2026 | Press release | Distributed by Public on 05/08/2026 18:17
Bien, Mesdames, Messieurs, je suis heureux d'être ici avec vous.
Restez assis où vous le souhaitez.
Je veux resaluer l'ensemble des élus : ça a été dit, M. le Premier ministre, mon cher Jean, je suis heureux, pour plein de raisons, amicales évidemment, mais aussi professionnelles, d'être à tes côtés aujourd'hui dans tes fonctions de président et directeur général de la SNCF.
Tout a été dit, ou presque, et au fond, plutôt que d'inutilement répéter ce qui a été très bien dit par le ministre TABAROT et le président de la SNCF, pourquoi a-t-il été décidé de venir aujourd'hui ? Cela pose peut-être une question plus politique et plus globale.
Du reste, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale, une situation de finances publiques particulièrement difficile, peu de temps d'ici à la fin du quinquennat, et une situation internationale complexe, à la fois aux portes de l'Europe et au Moyen-Orient. Alors certains, évidemment, voudraient y voir des freins ou des capacités d'entrave complètes. Il y a une autre manière de le vivre - en tout cas c'est ce que j'essaie de faire depuis que j'ai été nommé à l'automne dernier - c'est tout simplement de se concentrer sur l'essentiel. Et quand on se concentre sur l'essentiel, ça aide à faire des choix.
Cela veut dire aussi (et c'est difficile parce qu'on aime la politique, on a envie de traiter tous les sujets) : c'est avoir le courage, parfois l'amertume, je dois bien le dire, de se dire que certains sujets peuvent attendre (ou malheureusement ils devront attendre), et que d'autres sujets, l'intérêt général, exigent de ne pas laisser s'installer l'immobilisme ou l'inaction.
Mon propos va être assez libre, pour être transparent avec vous. Il est clair que sur certains sujets, en dépit de l'inertie que certaines forces politiques parfois peuvent mettre dans le débat politique français, il était impensable de ne pas bouger. C'est ce qu'on fait en ce moment même au Parlement avec la haute programmation militaire. C'est impensable de se dire que notre appareil de défense ne peut pas continuer de s'adapter aux risques de sécurité que nous connaissons.
Sur l'énergie : heureusement qu'en sortie de séquence budgétaire, on a pris ce décret pour la programmation pluriannuelle pour l'énergie, là où certains demandaient encore d'attendre ou de se renvoyer à des hypothétiques propositions de loi. Avec la crise énergétique que nous connaissons aujourd'hui, il vaut mieux avoir défini le cap. Après, on peut en penser ce qu'on veut, mais il y a un cap. Pareil pour les sujets agricoles qui sont autrement plus complexes. Je le dis ici en Occitanie, avec une crise qui nous a tous bouleversés cet hiver dernier. Mais enfin, on le voit bien : le rapport à la nourriture et à la production agricole va devenir un sujet géopolitique de première ampleur. On le voit sur les engrais. On va très vite le voir, si la guerre devait se poursuivre au Moyen-Orient : on va avoir potentiellement un choc international sur les denrées alimentaires qui peut être extraordinairement brutal. Heureusement pour le peuple français, nous avons des outils d'autonomie, pour le coup, sur ce sujet, mais enfin, ça va bouleverser évidemment l'ensemble de l'économie mondiale.
Pourquoi vous dire cela ? Parce que, si on y regarde de près, dans l'essentiel, il y a malgré tout, quand même, de grandes politiques publiques qui structurent la vie du pays. On a beaucoup parlé de logement depuis 15 jours ou 3 semaines avec un plan de relance. On y met du poids de corps, de l'argent, un texte spécifique. Et il est clair que les questions de transport, inévitablement, sont toutes aussi importantes.
Et je crois que ça fait longtemps, Jean le disait tout à l'heure, qu'on n'a pas marché aussi volontairement sur nos deux jambes.
On a un patrimoine ferroviaire issu des grands anciens. Et donc celui-ci mérite d'être et doit être entretenu. C'est ce qu'on appelle dans notre jargon « la régénération ferroviaire ». Enfin, derrière le mot régénération, je le dis dans des mots peut-être encore plus grand public, tout l'argent qu'on met sur la table, cela s'appelle - et notamment parce que nos deux présentes régions ont beaucoup de petites lignes et des lignes intermédiaires en Occitanie et en Aquitaine - tout simplement : un plan anti-retard.
C'est faire en sorte que le service public soit de qualité, c'est faire en sorte aussi que la sécurisation soit au rendez-vous. On se rappelle tous avec douleur ce qui s'est passé à Brétigny. Et puis lorsqu'on compare avec d'autres pays européens, que je ne citerai pas, on voit bien la différence entre celles et ceux qui ont pris leur courage à deux mains pour entretenir leur réseau ferroviaire et ceux qui ne l'ont pas fait suffisamment.
Mais en même temps, on se projette aussi vers l'avenir. Et c'est vrai que parfois, nous autres, les élus, je m'en souviens, on peut aimer les grandes infrastructures : ça crée du mouvement, il y a un attachement des élus locaux à tout cela. Je m'en souviens, une fois de plus. Je m'en souviens, dans une région (en Normandie), dans laquelle, précisément, on n'a pas eu de grandes infrastructures en matière de transport.
Enfin, il y a quand même une réalité qui est l'aménagement du territoire : Jean-François GRAVIER, dans Paris et le désert français (1948), ne peut pas ne pas voir que la dynamique démographique du pays est d'une brutalité inouïe. Et c'est tout le défi d'ailleurs que le ministre de l'Éducation nationale doit affronter d'une part, avec la carte scolaire qui bouge un peu malgré nous parce qu'il y a une réalité démographique, puis, de l'autre côté, les ministres chargés du grand âge. On voit bien qu'on a là, pour le coup, aussi, un énorme défi. Mais c'est pareil aussi sur la carte de France : Paris, Lyon, Marseille. Paris, Marseille, Toulouse et Lyon. C'est la réalité démographique. Et cela, vous, les élus de ce territoire, vous êtes confrontés à un défi démographique aussi génial - parce qu'objectivement, c'est génial de devoir le gérer - qu'il est redoutable.
Et là, au fond, quand je vous disais qu'il faut se consacrer à l'essentiel, c'est qu'il ne faut pas que tous nos ennuis du moment nous conduisent à complètement mettre de côté le long terme. Et comme on est sur du temps long - j'entendais en 1991, Michel ROCARD : c'est la première fois où on évoque ce projet (j'avais 5 ans) - je me dis que si je peux, au moment où je vais souffler mes 40 bougies dans un mois, donner au moins une impulsion décisive en la matière, eh bien j'en suis heureux parce que cet aménagement du territoire, le maire de Bordeaux, le président ROUSSET le savent : le TGV à Bordeaux (ou la LGV, comme on veut, à Bordeaux ou pas), ce n'est plus complètement la même vie et municipale et métropolitaine. Coucou amical à Alain JUPPÉ au passage.
Donc cela, il est clair qu'il ne faut pas que notre classe politique, ce que nous sommes en ce moment, quelles que soient nos divergences d'opinion, on a dit du long terme. C'est exactement ce que nous avons souhaité faire sur le volet militaire, sur le volet énergétique, parce qu'au fond, ce sont quand même des pans entiers, ça a été dit par Carole, aussi des pans entiers potentiellement de croissance, de création d'emplois et d'outils qui nous aident à aménager le territoire.
La troisième des choses, ou plutôt en guise de conclusion de mon propos, je pense aussi que nos concitoyens et nos concitoyennes en ont un peu marre de nous voir faire des annonces et qu'à un moment donné, au moment où on a une crise des finances publiques qui est importante, sur lequel, vous le voyez, on a des premiers résultats sur le redressement du déficit, même si tout ça peut être très vite impacté par la guerre que nous connaissons, on revient aussi à l'essentiel et faire des choix.
Ça vaut le coup de faire des efforts pour redresser les finances publiques. Ça vaut le coup. Ça vaut le coup pour notre protection, notre souveraineté, notre liberté sur les marchés financiers. Ça vaut le coup parce qu'une génération d'êtres humains laisse à plusieurs autres générations ensuite une dette et un déficit qu'on n'arrive pas à résorber. Ce n'est pas franchement de bonne politique. Mais enfin, ça vaut le coup parce que ça permet de signer ce qu'on vient de signer. On revient à l'essentiel, et donc investir. Et cela, pour le coup, je pense aussi que c'est ce qu'il faut collectivement on essaie de réexpliquer aux Françaises et aux Français, notamment au moment où on va reparler du budget à l'automne.
On n'aura sans doute pas les mêmes outils ou les mêmes conclusions politiques sur la manière de le résorber. Mais ça, c'est normal, c'est la vie démocratique. Et d'ailleurs, c'est ce qui fait que les Républicains entre eux ont un débat de qualité. C'est ce qui fait aussi que les démagogues, en général, viennent avec des solutions qui n'existent pas. C'est la différence entre ceux qui disent leur vérité et ceux qui viennent avec leurs mensonges. Bon. Enfin, venir sur le long terme, c'est aussi être capable de se dire qu'on réduit le déficit public d'un côté, ce qui permet d'un côté de signer un contrat d'objectif avec le Président CASTEX en disant : « On va régénérer l'ensemble du réseau et y compris nos petites lignes ».
Il y a tout le débat aussi sur les petites lignes entre les contrats, les CEPR, les contrats de plan État-région que l'ancien Premier ministre CASTEX connaît bien, entre SNCF, les conseils régionaux, qui permet aussi de traiter les lignes intermédiaires. C'est un sujet important, mais il faut être capable de se projeter.
Et donc, ce que nous sommes venus dire ici (parce que j'ai cru entendre depuis Vernon que quelques campagnes municipales, locales avaient un tout petit peu pris en otage parfois la parole de l'État en disant que ça n'allait pas se faire) : eh bien, je me suis dit que plutôt que de faire une visioconférence de travail, plutôt que de faire une réunion de travail technique à la faveur d'une autre réunion que j'avais eue avec Carole sur un dossier qui lui tient à cœur (l'usine et l'entreprise Fibre excellence), nous nous sommes dit qu'il valait mieux venir ici. Jean-Luc aussi m'y avait invité très gentiment il y a de cela quelques semaines, en redisant tout simplement que ce projet, désormais, est irréversible. Et que donc son irréversibilité se traduit évidemment par des premières sommes d'argent, pratiquement 500 millions d'euros qui seront débloqués, pour permettre de lancer les procédures d'appel d'offres.
Parce qu'au fond, ce qui rend irréversible le projet, ce sont d'une part les procédures d'appel d'offres, et d'autre part la question des réseaux, d'électricité, de fibre, etc., puisqu'il y a un enjeu d'ingénierie qui est absolument majeur.
Et le troisième volet, ce sont évidemment les questions liées au foncier, parce qu'il y a un enjeu de stratégie foncière. Foncier, réseaux, début des appels d'offres avec des procédures qui prendront nécessairement du temps - mais c'est normal. Personne ne veut faire n'importe quoi avec de la commande publique.
Néanmoins, il faut désormais que cela démarre et je vous propose, puisque nous sommes au début du mois de mai, de nous donner rendez-vous autour du mois d'octobre-novembre pour faire un point très précis. Messieurs les présidents, madame la présidente, monsieur le président de région, je vous ai entendus, ce qui nous permet de faire un point de procédure très précis et d'éviter justement que des démagogues racontent n'importe quoi et de faire la transparence complète sur la conduite du projet, parce que c'est comme ça qu'on arrive à le mener : chacun respectivement en nos grades et qualités.
Merci à toutes et à tous.
(Seul le prononcé fait foi).