06/10/2026 | News release | Distributed by Public on 06/10/2026 14:18
Dans un communiqué publié mercredi, le Secrétaire général de l'organisation, António Guterres, a réitéré sa condamnation des arrestations massives survenues en juin 2024, mais également celles de 2021, 2023 et 2025.
Au total, 73 employés des Nations Unies demeurent aujourd'hui détenus « de manière arbitraire » par les autorités houthistes de facto, a-t-il rappelé.
ONU Photos/Manuel Elías Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres (archive).L'un d'entre eux est mort en détention. Certains sont maintenus au secret, sans contact avec leurs proches. Et les arrestations ne concernent pas uniquement l'ONU. Des employés d'organisations non gouvernementales, d'associations de la société civile et de missions diplomatiques ont également été visés.
Depuis 2014, les forces gouvernementales yéménites, soutenues par une coalition menée par l'Arabie saoudite, et les rebelles houthistes, soutenus par l'Iran, se disputent le contrôle du pays. Les autorités reconnues par la communauté internationale sont principalement installées à Aden, dans le sud, tandis que les houthistes, également connus sous le nom d'Ansar Allah, contrôlent la capitale, Sanaa, ainsi que de vastes territoires du nord et de l'ouest du pays.
Pour le Secrétaire général, ces détentions dépassent le sort individuel des personnes concernées. Elles frappent au cœur même de la présence humanitaire dans un pays qui demeure l'un des plus dépendants de l'aide internationale au monde.
Depuis des années, les travailleurs humanitaires opèrent dans un environnement de plus en plus contraint. Mais les arrestations menées en juin 2024 ont marqué un tournant. Selon António Guterres, elles ont « considérablement entravé » la capacité de l'ONU, ainsi que celle de ses partenaires, à venir en aide à des millions de Yéménites.
L'effet est double. D'un côté, des familles vivent depuis deux ans dans l'incertitude quant au sort de leurs proches. De l'autre, les programmes humanitaires et de développement se retrouvent amputés de personnels expérimentés alors même que les besoins restent immenses.
Le Secrétaire général rappelle également que les membres du personnel des Nations Unies, y compris les ressortissants yéménites employés par l'organisation, bénéficient d'une immunité de juridiction pour les actes accomplis dans l'exercice de leurs fonctions officielles. En rappelant ce principe, António Guterres souligne que ces détentions « constituent une violation du droit international ».
Malgré sa condamnation sans appel, le chef de l'ONU insiste sur la nécessité de poursuivre le dialogue avec les autorités houthistes afin d'obtenir la libération des détenus et de permettre la reprise des activités humanitaires et de développement au Yémen.
« Les travailleurs humanitaires ne devraient jamais être pris pour cible ni détenus en raison de l'accomplissement de leur mission essentielle », a insisté António Guterres.
Deux ans après la vague d'arrestations de juin 2024, l'ONU continue donc de réclamer la même chose : la libération de ses employés.