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03/12/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/12/2026 15:32

La Commission de la condition de la femme réfléchit aux moyens de préserver de la violence « l’arbre des droits des femmes et des filles, le plus bel arbre du monde »

Quatre femmes tuées chaque jour au Brésil, 391 cas officiels de violence sexuelle en Ukraine en raison du conflit, harcèlement n'épargnant aucune femme, y compris la Présidente du Mexique… C'est à l'aune de ces faits et chiffres effarants que la Commission de la condition de la femme a réfléchi aux moyens de préserver de la violence « l'arbre des droits des femmes et des filles, le plus bel arbre du monde », selon l'expression de M. Rob Beenders, Ministre de l'égalité des chances de la Belgique.

Après une brève introduction de Mme Sima Sami Bahous, Directrice exécutive d'ONU-Femmes, qui a souligné l'ampleur du chemin qu'il reste à parcourir pour vaincre la violence faite aux femmes et filles, la Première Dame du Brésil, Mme Rosângela Lula da Silva, a donné le ton de la journée, en égrenant les noms des femmes tuées mardi dernier dans son pays.

« Paola, tuée par son mari à Sorocaba, poignardée à mort devant ses enfants. Gislaine, tuée par son mari au Monténégro, également poignardée. Poliana, tuée par son ex-petit ami à Linhares, abattue d'une balle dans la tête après avoir reçu des menaces. Maria do Socorro, tuée par son ex-compagnon, étranglée à son domicile. »

« Personne n'est en sécurité, nulle part »

En 2025, 1 568 femmes ont été assassinées au Brésil, 59,4% par leur conjoint, 21,3% par leur ex-conjoint, 66,3% à leur domicile, a poursuivi la Première Dame, en rappelant que le féminicide constitue la négation la plus extrême de leurs droits. Entre 2015 et 2025, le nombre de féminicides a triplé. « Nous avons atteint le chiffre effarant de quatre femmes tuées chaque jour. »

Elle a confié avoir été harcelée deux fois en public, tandis que la Présidente du Mexique, Mme Claudia Sheinbaum, a été harcelée alors qu'elle saluait le public, entourée de gardes du corps. « Personne n'est en sécurité, nulle part. » M. Rob Beenders n'a pas fait non plus mystère des reculs que connaissent les droits des femmes et des vents mauvais qui font pencher « l'arbre des droits des femmes et des filles ». « Il penche d'un côté ou de l'autre, mais il ne rompt pas », s'est-il félicité.

L'Ukraine continue de se battre pour sa liberté et les droits humains, a déclaré, de son côté, la Première Ministre adjointe pour la famille et l'unité de l'Ukraine, Mme Liudmyla Shemelynets. Elle a rappelé que la violence sexuelle est utilisée comme une arme dans la guerre que livre la Russie à l'Ukraine. « Selon les statistiques officielles, 391 personnes ont subi des violences sexuelles en raison du conflit, 63% de femmes et 37% d'hommes. » Parmi elles, 22 filles et un garçon.

Lois et structures étatiques: les armes du combat contre la violence faite aux femmes

Une fois ce sombre panorama brossé, les intervenants ont détaillé les politiques menées pour lutter contre la violence. « Le Brésil a fait le choix politique de donner la priorité aux femmes dans ses programmes sociaux », a déclaré la Première Dame brésilienne. En 2003, lors du premier mandat du Président Luiz Inácio Lula da Silva, une structure étatique a été mise en place pour lutter contre les violences, promouvoir l'égalité des sexes et favoriser l'autonomie économique des femmes.

Parmi ses premiers résultats, elle a cité la mise en place du numéro d'urgence « 180 », un service national de signalement, et la création de la loi Maria da Penha, qui lutte contre les violences conjugales et familiales. Elle a également mentionné le lancement, le mois dernier, du Pacte brésilien contre le féminicide, dans un contexte de promotion d'une culture de haine envers les femmes sur Internet. « Ce pacte coordonne et intègre les politiques existantes afin de les améliorer et de les rendre plus efficaces. »

Impliquer les hommes et rendre la justice

Une campagne de sensibilisation est également menée auprès des hommes, car les lois et les politiques, à elles seules, ne suffisent pas à une transformation culturelle et sociale, a-t-elle poursuivi. « La violence de genre est, en effet, leur problème; ce sont eux qui commettent les actes d'intimidation et les violations qui blessent et tuent des filles et des femmes. » Elle a affirmé que la lutte contre le féminicide et la violence de genre ne peut reposer sur la seule responsabilité des victimes.

« Comme l'a souligné Gisèle Pelicot, la honte doit changer de camp. » M. Beenders n'a pas dit autre chose en souhaitant que davantage d'hommes soient associés aux discussions sur les violences de genre et à l'élaboration des politiques publiques visant à y remédier. La Secrétaire générale adjointe à la communication globale des Nations Unies, Mme Melissa Fleming, qui animait la discussion, a relevé les nombreux hochements de têtes dans la salle en assentiment de la position du Ministre.

Mme Liudmyla Shemelynets a, elle, souligné l'importance d'un soutien international afin d'aider l'Ukraine à mettre en place les mécanismes de soutien aux victimes et d'établissement des responsabilités. « Lorsque la justice est retardée ou empêchée, la violence devient un outil d'intimidation et de contrôle. »

Le représentant de la Tunisie, M. Nabil Ammar, a déploré les victimes innocentes de conflits militaires, dont de nombreuses femmes, avant de détailler la politique mise en place en Tunisie pour faire face à la violence, notamment dans l'espace numérique. La Ministre des femmes des Îles Salomon, Mme Cathy Nori, a, elle souligné, le décalage entre les ressources financières existantes et celles nécessaires pour vaincre les violences faites aux femmes et aux filles.

Quatre propositions pour remédier au fléau

Dans l'après-midi, la Commission a entendu plusieurs experts proposer des pistes concrètes pour remédier au fléau de la violence faite aux femmes. Mme Janet Ramatoulie Salah-Njie, de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, a plaidé pour une gouvernance facilitant l'établissement des responsabilités. La perspective de genre doit être intégrée lors de l'élaboration des budgets. Et la priorité doit être donnée aux femmes les plus vulnérables, a-t-elle souligné, en insistant à nouveau sur l'importance de financements suffisants.

Notant que tous les acteurs doivent lutter contre les normes sociales délétères, elle a cité en exemple la mobilisation en Gambie afin de lutter contre les mutilations génitales. « Nous devons être à la hauteur des femmes. »

Mme Patsilí Toledo Vásquez, de l'Université Pompeu Fabra, a centré son intervention sur la spécificité des féminicides. Selon elle, ces crimes ne doivent pas être vus comme de simples homicides car la perspective de genre est primordiale dans leur commission. Les antécédents de violences conjugales doivent être notamment recherchés. « Ce ne sont pas des actes soudains et imprévisibles, car en général les féminicides constituent la dernière étape de violences conjugales. »

De son côté, M. Humberto Carolo, Coprésident de l'Alliance MenEngage a insisté sur le rôle des hommes dans cette lutte en tant qu'alliés. La violence de genre n'est pas inévitable. Les hommes ont la capacité de changer les choses, a tranché M. Carolo, en jugeant la pédagogie essentielle, notamment contre les contenus misogynes en ligne. « Le but est de faire en sorte que les garçons s'aperçoivent eux-mêmes de la toxicité de certains contenus et comportements. »

Enfin, Mme Lara Aharonian, du Fonds des femmes pour l'Arménie, a rappelé l'importance de soutenir les survivantes, lesquelles sont souvent confrontées à des obstacles, notamment bureaucratiques. Le système doit s'adapter à elles, et non pas l'inverse, a-t-elle insisté, en demandant un financement pérenne des structures d'aide aux survivantes. « Ces femmes ne doivent pas être punies pour avoir survécu. »

Retrouvez les délibérations sur: EN DIRECT: 70e session de la Commission de la condition de la femme

* En raison de la crise de liquidités qui affecte l'Organisation des Nations Unies, la Section des communiqués de presse n'a pas pu couvrir la 7e séance plénière.

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