10/15/2026 | Press release | Distributed by Public on 10/15/2026 00:51
17 octobre - Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté
53,9% des personnes en risque de pauvreté ou d'exclusion sociale vivent dans un ménage pour lequel les soins médicaux représentent une charge financière lourde ou moyenne. Dans le reste de la population, cette proportion s'établit à 30,4%. C'est l'un des principaux constats qui ressortent des nouveaux résultats que Statbel, l'office belge de statistique, publie à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté. Les chiffres proviennent du module « santé » de l'enquête sur les revenus et les conditions de vie (SILC) de 2025, qui a interrogé plus de 6.400 ménages belges. Le module aborde le coût et le recours aux soins, les difficultés fonctionnelles du quotidien, l'activité physique, l'alimentation, la consommation de tabac et d'alcool ainsi que l'indice de masse corporelle.
Ces résultats sont présentés ici au niveau individuel, en distinguant les personnes en situation de risque de pauvreté ou d'exclusion sociale (AROPE) des autres. L'indicateur AROPE regroupe les personnes qui se trouvent dans au moins une des trois situations suivantes : un revenu disponible équivalent inférieur au seuil de pauvreté, une privation matérielle et sociale sévère, ou l'appartenance à un ménage à faible intensité de travail (https://statbel.fgov.be/fr/themes/menages/pauvrete-et-conditions-de-vie…). En 2025, 16,5% de la population était en situation AROPE.
C'est sur le coût des soins que les deux groupes se distinguent le plus nettement. Pour les soins médicaux hors médicaments, 18,6% des personnes en situation AROPE vivent dans un ménage qui considère ces dépenses comme une charge lourde, contre 8,5% des personnes qui ne sont pas dans cette situation. À l'autre bout de l'échelle, 46,1% du groupe AROPE déclarent que ces coûts ne constituent pas une charge du tout, contre 69,5% du groupe non-AROPE.
Le constat se répète pour les deux autres postes de dépenses :
Le contact avec le médecin ne suit pas la même logique que le coût des soins. En 2025, 8,2% des personnes du groupe AROPE n'ont consulté aucun généraliste au cours des douze derniers mois, contre 9,2% dans le groupe non-AROPE : deux niveaux proches. C'est du côté des consultations fréquentes que les profils se séparent, puisque 23,7% des personnes en situation AROPE déclarent six consultations ou plus, contre 18,0% des autres. Le schéma est comparable pour les spécialistes : une absence de consultation à des niveaux voisins (38,3% contre 39,6%), mais une proportion plus élevée de personnes ayant consulté six fois ou plus dans le groupe AROPE (14,7% contre 10,1% pour les non-AROPE).
Le recours aux soins dentaires suit une logique différente : 34,6% des personnes en situation AROPE n'ont pas vu de dentiste en douze mois, contre 18,7% des autres, soit un écart de près de 16 points de pourcentage. Ces proportions sont inférieures à celles de 2022 dans les deux groupes (39,4% et 21,3%), dans un contexte où le recours au dentiste progresse pour l'ensemble de la population belge (24,7% de non-recours en 2022, 21,2% en 2025).
Le module interroge aussi les personnes de 16 ans et plus sur six types de difficultés fonctionnelles. Pour cinq d'entre elles, les deux groupes se situent à des niveaux distincts, la mobilité venant en tête : 71,5% des personnes en situation AROPE déclarent n'avoir aucune difficulté à marcher ou à monter des marches, contre 85,4% des personnes non-AROPE. Les difficultés importantes concernent 11,9% du premier groupe et 5,0% du second.
Le même écart se retrouve pour :
Hors travail, 42,9% des personnes en situation AROPE pratiquent une activité physique au moins une fois par semaine, contre 65,4% des personnes non-AROPE ; la moyenne belge s'établit à 61,9%. À l'inverse, 49,3% du groupe AROPE déclarent ne jamais en pratiquer, contre 27,0% du groupe non-AROPE. Les deux groupes affichent des niveaux supérieurs à ceux de 2022 (37,7% et 61,8% pour la pratique hebdomadaire).
L'activité physique au travail présente une situation inverse. Parmi les personnes en situation AROPE, 26,9% occupent un poste principalement assis, contre 49,5% des autres, et 21,4% un poste exigeant un travail de force ou physiquement éprouvant, contre 10,8%.
En 2025, 46,7% des personnes en situation AROPE consomment des fruits au moins une fois par jour, contre 60,2% des personnes non-AROPE et 58,1% de l'ensemble de la population de 16 ans et plus. À l'autre extrémité, 12,4% du groupe AROPE en mangent moins d'une fois par semaine ou jamais, contre 7,4% du groupe non-AROPE. Les deux groupes se situent en dessous de leurs niveaux de 2022 (50,3% et 63,8% pour la consommation quotidienne).
La consommation de légumes affiche des niveaux plus élevés partout : 63,9% de consommation quotidienne dans le groupe AROPE, 83,1% dans le groupe non-AROPE, pour une moyenne belge de 80,0%. Une consommation limitée à trois fois par semaine ou moins concerne 19,0% des personnes en situation AROPE et 5,9% des autres. Ces proportions sont stables par rapport à 2022.
Tabac: 22,3% des personnes en situation AROPE consomment quotidiennement du tabac ou des cigarettes électroniques, contre 12,0% des personnes non-AROPE et 13,6% de la population. À l'inverse, 74,3% du groupe AROPE déclarent ne jamais en consommer, contre 85,2% du groupe non-AROPE. Ces chiffres restent très proches de ceux de 2022.
Alcool: Comme en 2022, la différence ne se situe pas du côté de la consommation quotidienne, qui concerne 6,3% du groupe AROPE et 7,7% du groupe non-AROPE. Elle se situe du côté de l'abstinence : 50,8% des personnes en situation AROPE ne boivent jamais d'alcool, contre 25,6% des personnes non-AROPE. La consommation de quelques fois par semaine concerne pour sa part 14,3% du premier groupe et 27,3% du second. À l'échelle de la population belge, la consommation quotidienne passe de 9,2% en 2022 à 7,5% en 2025.
IMC: Un indice de masse corporelle de 30 ou plus concerne 22,1% des personnes en situation AROPE et 15,4% des personnes non-AROPE, pour une moyenne belge de 16,5%. Pour un IMC de 35 ou plus, les proportions sont de 6,6% et 3,6%. Ces deux niveaux sont légèrement au-dessus de ceux observés en 2022.
Ces chiffres n'indiquent pas qu'un état de santé ou un mode de vie conduit à la pauvreté, ni que la pauvreté a pour conséquence un état de santé ou un mode de vie donné. Ces données permettent d'établir une association, pas un lien de cause à effet.