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03/16/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/16/2026 10:13

Le Conseil de sécurité proroge de trois mois le mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan

Le Conseil de sécurité a décidé, à l'unanimité, de proroger jusqu'au 17 juin 2026 le mandat de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) sans en modifier la portée.

En adoptant la résolution 2818 (2026), il prie également le Secrétaire général de nommer, dans les meilleurs délais un nouveau représentant spécial ou une nouvelle représentante spéciale et chef de la MANUA, ce poste étant vacant depuis le mois de septembre 2025.

Révision à venir du mandat de la MANUA

Porte-plume du texte, la Chine a expliqué que le mandat de la Mission avait été prorogé de seulement trois mois, contrairement aux douze mois habituels, pour pouvoir procéder à un examen approfondi dudit mandat, précisant que certains membres du Conseil souhaitent y apporter des ajustements.

L'objectif est de renforcer et non pas d'affaiblir le mandat de la MANUA, a-t-elle assuré.

Pour les États-Unis, ces trois mois de négociations seront donc l'occasion d'adapter la MANUA à la tâche en prenant en compte les financements apportés à son budget. Il faut rationaliser son mandat, et supprimer les fonctions qui font doublon avec d'autres tâches ou qui ne peuvent pas être mises en œuvre dans l'environnement actuel, a détaillé la délégation.

« Il est essentiel d'avoir une présence de l'ONU sur le terrain, et le mandat de la MANUA doit être crédible et robuste », a souligné la Lettonie qui, de même que la Colombie, aurait préféré pouvoir renouveler le mandat de la Mission pour un an dès aujourd'hui. La France a espéré que les membres du Conseil de sécurité parviendront au consensus, tandis que le Panama a estimé que tout ajustement apporté au mandat de la MANUA devra tenir compte de la réalité sur le terrain.

L'essentiel est que le mandat actuel reste inchangé, alors que la situation dans la région est extrêmement tendue, a souligné à son tour la Fédération de Russie, qui a toutefois signalé que trois mois sont insuffisants pour assurer le bon financement de la Mission. De même, elle a jugé important que la MANUA poursuive ses activités humanitaires, constatant, à l'instar de la Chine, que la question du dégel des actifs afghans n'a toujours pas été réglée.

La délégation russe a également noté que le processus de nomination du prochain représentant spécial devra tenir compte des avis des autorités afghanes car il en dépend de la capacité de la Mission à exécuter son mandat.

Appel à lever les restrictions imposées aux femmes et aux filles

Au cours de cette séance, plusieurs délégations se sont félicitées des nouveaux libellés apportés à certaines parties du préambule du texte, citant notamment l'accent placé sur l'importance d'assurer le développement économique de l'Afghanistan.

Le Royaume-Uni a salué en outre les nouvelles dispositions appelant les Taliban à lever leurs dernières restrictions à l'encontre des femmes et des filles, notamment le décret relatif aux « règles pénales des tribunaux » ainsi que l'interdiction persistante faite aux femmes afghanes d'accéder aux locaux de l'ONU.

Le message est clair: les Taliban doivent immédiatement abroger toutes les politiques restreignant l'exercice par les femmes de leurs droits fondamentaux, y compris l'accès à l'éducation, à l'emploi, aux soins de santé, à la justice et à la participation à la vie de la société, a souligné le Danemark.

Un appel repris à leur compte par la Grèce et la République démocratique du Congo, qui a également fait observer que la participation pleine et égale des femmes et des filles à la société afghane permettra de soutenir le développement à long terme du pays.

Le Pakistan a relevé pour sa part que la résolution demande aux Taliban de prendre des mesures pour combattre le terrorisme, tout en insistant sur la responsabilité qu'a la MANUA de suivre la dynamique sécuritaire, mieux comprendre l'économie illicite et tenir compte du problème de la désinformation. La nécessité de soutenir le programme de déminage de l'ONU en Afghanistan a été mise en avant par la Grèce, tandis que Bahreïn a appelé à poursuivre les efforts internationaux pour soutenir l'Afghanistan.

La situation en Afghanistan (S/2026/99)

Texte du projet de résolution (S/2026/170)

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions antérieures sur l'Afghanistan, en particulier sa résolution 2626 (2022) définissant le mandat actuel de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) et sa résolution 2777 (2025) portant prorogation jusqu'au 17 mars 2026 de ce mandat,

Insistant sur le rôle important que l'Organisation des Nations Unies continuera de jouer dans la promotion de la paix et de la stabilité en Afghanistan,

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l'indépendance, à l'intégrité territoriale et à l'unité nationale de l'Afghanistan, ainsi que son appui continu au peuple afghan,

Constatant qu'il importe toujours de régler les problèmes complexes auxquels se heurte l'Afghanistan, réaffirmant qu'il est indispensable que les acteurs concernés sur le plan politique et en matière d'action humanitaire et de développement, au sein et en dehors du système des Nations Unies, adoptent une approche intégrée et cohérente, conforme à leur mandat respectif, pour consolider et pérenniser la paix en Afghanistan,

Se déclarant vivement préoccupé par l'érosion croissante et généralisée du respect des droits humains et des libertés fondamentales, en particulier en ce qui concerne les femmes et les filles, soulignant que l'absence de ces droits et libertés rend la paix, la stabilité et la prospérité dans le pays irréalisables, et demandant de nouveau aux Taliban de revenir rapidement sur les politiques et pratiques qui restreignent les droits des femmes et des filles et leur accès, dans des conditions d'égalité, à l'éducation, à l'emploi, à la justice, aux possibilités économiques, aux soins de santé et aux autres services essentiels, ainsi que leur participation pleine, égale et véritable à la vie publique et leur liberté de circulation, notamment les politiques et pratiques énoncées dans la directive sur « le vice et la vertu » et le décret relatif aux « règles pénales des tribunaux », l'interdiction faite aux Afghanes de travailler pour l'Organisation des Nations Unies et pour des organisations non gouvernementales en Afghanistan et l'interdiction qui leur est faite d'accéder aux locaux des Nations Unies dans tout le pays depuis le début du mois de septembre 2025, conscient du rôle indispensable que les femmes jouent dans la société afghane et de la nécessité d'associer et de faire participer davantage les femmes à la prise de décisions,

Soulignant sa vive préoccupation face à la situation économique et humanitaire désastreuse qui règne en Afghanistan, y compris le déficit de financement des opérations humanitaires et les entraves persistantes auxquelles se heurtent celles-ci, conscient qu'il faut contribuer à remédier aux problèmes considérables qui pèsent sur l'économie afghane, notamment en s'efforçant de rétablir les systèmes bancaire et financier et de permettre l'utilisation des actifs appartenant à la Banque centrale d'Afghanistan au profit du peuple afghan, soulignant par ailleurs qu'il est important de redoubler d'efforts pour fournir une aide humanitaire et mener d'autres activités visant à répondre aux besoins humains de base en Afghanistan, conformément à la résolution 2615 (2021), ainsi qu'aux besoins de développement dont la satisfaction est essentielle pour garantir l'autonomie à long terme du pays, ayant conscience du rôle de coordination important que l'Organisation des Nations Unies joue à cet égard, et soulignant une fois de plus qu'il est essentiel de permettre, conformément au droit international humanitaire et aux autres obligations juridiques internationales applicables, un accès total, sûr, rapide et sans entrave à tout le personnel humanitaire, y compris les femmes et les organisations non gouvernementales nationales et internationales,

Se déclarant gravement préoccupé par la présence en Afghanistan de groupes terroristes qui continuent de menacer la paix et la sécurité internationales, condamnant dans les termes les plus vigoureux toutes les activités terroristes, notamment les attaques terroristes, réaffirmant qu'il importe de combattre le terrorisme en Afghanistan, réaffirmant également qu'il faut veiller à ce que le territoire de l'Afghanistan ne soit pas utilisé pour menacer ou attaquer tout autre pays, pour planifier ou financer des actes terroristes, ni pour abriter ou entraîner des terroristes, et à ce qu'aucun groupe ou individu afghan ne soutienne des terroristes opérant sur le territoire d'un pays ou d'un autre, et demandant aux Taliban de prendre immédiatement des mesures énergiques, tangibles et concrètes pour renforcer ces efforts afin de lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, où qu'il se produise et quels qu'en soient les auteurs, y compris contre les personnes, groupes, entités ou entreprises désignés par le Comité du Conseil de sécurité faisant suite aux résolutions 1267 (1999), 1989 (2011) et 2253 (2015), et soulignant qu'un des objectifs premiers de toute stratégie antiterroriste doit être d'instaurer durablement la paix et la sécurité,

Renouvelant son soutien à la lutte contre la culture, la production, le commerce et le trafic de drogues illicites en provenance d'Afghanistan et de précurseurs chimiques à destination de ce pays, constatant que le produit illicite du trafic de drogues en Afghanistan continue d'être une source de financement des groupes terroristes, y compris ceux qu'il a désignés, et des acteurs non étatiques qui menacent la sécurité régionale et internationale, conscient de la menace que les groupes terroristes et les acteurs non étatiques qui se livrent au trafic de stupéfiants, ainsi qu'à l'exploitation illicite des ressources naturelles, continue de représenter pour la sécurité et la stabilité en Afghanistan, demandant aux États de renforcer la coopération internationale et régionale pour lutter contre cette menace et ayant conscience de l'importance du rôle joué par l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, notamment pour ce qui est de promouvoir d'autres moyens de subsistance pour maintenir la réduction de la production d'opium,

Réaffirmant son soutien aux initiatives régionales et internationales visant à prévenir et combattre le commerce illicite et l'accumulation déstabilisatrice d'armes légères et de petit calibre et leur détournement en Afghanistan et dans la région, et soulignant qu'il importe de renforcer la gestion sûre et sécurisée des armes et munitions afin d'empêcher que celles-ci ne soient détournées à l'usage de groupes terroristes,

Se déclarant gravement préoccupé par le nombre élevé de victimes civiles, en particulier parmi les enfants, résultant d'explosions d'engins explosifs en Afghanistan, ainsi que par la diminution du nombre d'équipes de déminage chargées de lutter contre cette menace, et soulignant de nouveau la nécessité pour les États Membres de soutenir et de pérenniser le Programme de lutte antimines pour l'Afghanistan,

Réaffirmant son soutien aux efforts visant à créer des conditions propices au retour et à la réintégration volontaires, sûrs, dignes et durables des personnes déplacées à l'intérieur du pays et des populations réfugiées,

Soulignant qu'il est nécessaire de réduire les risques de catastrophe pour faire face aux conséquences des catastrophes naturelles telles que les inondations, la sécheresse ou les vagues de chaleur qui peuvent influer sur la situation humanitaire et nuire à la stabilité socioéconomique en Afghanistan, notamment en aggravant l'insécurité alimentaire, la pénurie d'eau, la désertification et la dégradation des terres,

1. Salue la détermination à aider le peuple afghan dont l'Organisation des Nations Unies fait preuve depuis longtemps, réaffirme son soutien sans réserve aux activités de la MANUA et prie le Secrétaire général de nommer, dans les meilleurs délais et après avoir consulté les membres du Conseil, un nouveau représentant spécial ou une nouvelle représentante spéciale et chef de la MANUA;

2. Se félicite des efforts constants de la MANUA dans l'exécution des tâches et activités prioritaires qui lui ont été confiées, et souligne qu'il importe que la Mission maintienne sa présence sur le terrain;

3. Décide de proroger jusqu'au 17 juin 2026 le mandat de la MANUA, tel qu'il a été défini dans sa résolution 2626 (2022);

4. Souligne qu'il importe au plus haut point de pouvoir compter sur une présence constante de la MANUA et des autres organismes, fonds et programmes des Nations Unies dans tout l'Afghanistan, et demande à tous les acteurs politiques et parties prenantes en Afghanistan, notamment aux autorités compétentes, le cas échéant, ainsi qu'aux acteurs internationaux de se coordonner avec la MANUA dans le cadre de l'exécution de son mandat et d'assurer la sûreté, la sécurité et la liberté de circulation du personnel des Nations Unies et du personnel associé dans tout le pays;

5. Prie le Secrétaire général de lui présenter tous les trois mois un rapport sur la situation en Afghanistan et sur l'exécution du mandat de la MANUA, y compris au niveau infranational;

6. Décide de rester activement saisi de la question.

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