02/12/2026 | News release | Distributed by Public on 02/13/2026 01:33
Hans Grundberg a également averti que la montée des tensions régionales risquait de replonger le Yémen dans un conflit plus large.
« Je demande à ce Conseil de rester uni pour soutenir une voie crédible de retour à un processus politique, et j'exhorte les acteurs régionaux à s'unir autour d'un même objectif et à user de leur influence de manière coordonnée pour inciter les Yéménites à s'impliquer », a-t-il déclaré.
Depuis 2014, les forces gouvernementales yéménites, soutenues par une coalition dirigée par l'Arabie saoudite, et les rebelles houthis s'affrontent pour le contrôle total de ce pays fracturé.
Les autorités internationalement reconnues sont principalement basées à Aden, dans le sud du pays, tandis que les Houthis, officiellement connus sous le nom d'Ansar Allah, contrôlent la capitale Sanaa et de vastes zones du nord et de l'ouest.
Ces derniers mois, des forces affiliées à un groupe séparatiste du sud ont progressé sur le territoire.
M. Grundberg s'est exprimé depuis Riyad, la capitale saoudienne, où il s'est entretenu avec le nouveau Premier ministre yéménite, Shaya al-Zindani, et des membres du Conseil présidentiel.
Il a souligné les premiers signes positifs dans les services gouvernementaux - notamment l'amélioration de l'approvisionnement en électricité et du versement des salaires des fonctionnaires - et s'est félicité de la nomination de trois femmes ministres.
« Toutefois, la persistance des tensions, les récents incidents sécuritaires et les manifestations, au cours desquels des violences et des pertes de vies humaines ont été signalées, soulignent la fragilité de la situation », a-t-il dit.
Il a indiqué au Conseil de sécurité que le nouveau gouvernement « peut protéger les acquis récents en les ancrant dans des institutions renforcées et des réformes économiques ».
Par ailleurs, le Dialogue du Sud, actuellement prévu, offre l'occasion de commencer à aborder les griefs de longue date et de bâtir un consensus sur les questions importantes pour les populations de la région et pour tous les Yéménites.
M. Grundberg a affirmé que la stabilisation, quelle que soit la région du pays, ne sera pas durable si le conflit dans son ensemble n'est pas traité de manière globale.
« Il est grand temps de prendre des mesures décisives à cet égard », a-t-il déclaré. « Sans un règlement politique négocié plus large du conflit, les acquis resteront vulnérables et susceptibles d'être remis en cause ».
L'Envoyé spécial de l'ONU s'est engagé auprès des parties belligérantes, des acteurs régionaux et de la communauté internationale à explorer les moyens de relancer un processus politique inclusif au Yémen.
Son bureau a également mené des consultations avec un groupe diversifié de Yéménites, dont trois points principaux sont ressortis.
Le premier point souligne la nécessité de reconnaître les ravages causés par plus d'une décennie de guerre au Yémen. Bien que le conflit se soit complexifié, l'objectif commun est resté constant et ferme.
« Le Yémen a besoin d'un processus politique inclusif sous l'égide de l'ONU pour parvenir à un règlement politique négocié qui puisse mettre fin durablement au conflit. Mais pour y parvenir, les parties doivent adopter une approche tournée vers l'avenir », a-t-il affirmé.
La relance d'un processus politique exigera un engagement simultané sur les questions politiques, économiques et sécuritaires, « sans que l'engagement sur un front soit conditionné par les progrès réalisés sur un autre », a-t-il ajouté.
Le troisième point appelle à un processus crédible permettant de conclure des accords à court terme qui réduisent les souffrances et témoignent des progrès accomplis. Parallèlement, il est indispensable de créer un espace de négociation sur les questions à plus long terme, notamment la future configuration de l'État, les dispositifs de sécurité et les principes de gouvernance.
L'Envoyé spécial a également profité de cette réunion d'information pour réitérer son appel à la libération inconditionnelle de nombreux employés des Nations Unies détenus arbitrairement par les Houthis.
Actuellement, 73 employés sont détenus, ainsi que des représentants de la société civile et de missions diplomatiques.
« Nombre d'entre eux sont détenus au secret, et leur état de santé et leurs conditions de détention suscitent de vives inquiétudes. Certains ont été déférés devant le tribunal pénal spécial d'Ansar Allah, qui mène des procès bafouant les principes fondamentaux d'une procédure régulière », a-t-il déclaré.
Il a souligné que cette semaine marquait le premier anniversaire du décès d'un membre du personnel du Programme alimentaire mondial (PAM) en détention, décès qui n'a fait l'objet d'aucune enquête.
Une haute responsable du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a informé le Conseil de sécurité de la situation humanitaire au Yémen.
« Comme nous l'avons déjà indiqué au sein de ce Conseil, ces détentions de travailleurs humanitaires ont un impact considérable sur les opérations », a déclaré Lisa Doughten, directrice de la Division du financement et de la communication de l'OCHA, aux membres du Conseil.
Elle a rapporté que les autorités de facto houthies ont pénétré dans plusieurs bureaux de l'ONU à Sanaa le 29 janvier « sans autorisation, réquisitionnant du matériel et des véhicules ».
Elles continuent également de bloquer les autorisations de vol du Service aérien humanitaire des Nations Unies (UNHAS) à destination de Marib, bien que les vols vers Sanaa aient repris ce week-end après un mois d'interruption.
Ces « ingérences et entraves » surviennent alors que 22,3 millions de personnes - soit la moitié de la population - ont besoin d'une aide humanitaire cette année, près de trois millions de plus qu'en 2025.
Environ 18 millions de personnes sont confrontées à l'insécurité alimentaire, faisant du Yémen le pays connaissant la crise alimentaire la plus grave de la région. C'est également le pays qui compte le plus grand nombre de personnes en situation d'urgence alimentaire - environ 5,5 millions.