SSP-VPOD - Syndicat des Services Publics

06/20/2026 | News release | Distributed by Public on 06/20/2026 09:14

Contre les violences d’État et les atteintes à nos droits démocratiques: construisons la résistance !

Partager cette page

Dimanche 14 juin, le Syndicat des services publics (SSP) a répondu à l'appel d'une soixantaine d'organisations féministes, syndicales, antiracistes anticapitaliste et écologistes en participant à la manifestation organisée contre le sommet du G7.

Derrière une bannière féministe et syndicale, des membres du SSP ont manifesté pacifiquement, parfois aux côtés de leurs enfants ou de leurs parents. A l'instar du reste de la manifestation, l'ambiance était combative, solidaire et joyeuse, malgré un déploiement massif des forces de l'ordre, barricades le long de tout le parcours et fouilles arbitraires. Ce dispositif policier massif, annoncé depuis des semaines, a découragé de nombreuses personnes de venir manifester, ce qui est de fait une restriction du droit de manifester.

Alors que la manifestation touchait à la fin, la situation a brutalement basculé. La police a décidé unilatéralement de dissoudre le cortège dans un chaos indescriptible. Des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des tirs de balles en caoutchouc ont alors été utilisés contre des milliers de manifestant·es, hébété·es et pris·es au piège parce que les voies de sorties étaient fermées par des cordons de police ou des barrières.

Après ces actes de violence, des centaines de personnes ont été encerclées puis nassées par la police sans que l'ordre public le justifie et sans aucune considération pour les personnes qui s'y trouvaient. C'est ainsi qu'ont été séquestré·es des mineur·es, des employé·es de la buvette, de simples touristes et personnes déjà présentes dans ce parc public, pendant de longues heures, dans des conditions indignes, dégradantes et abusives.

Cette garde à vue à ciel ouvert, pratiquement sans accès à de l'eau, à de la nourriture, ni à des WC, sans explication des motifs ni respect des droits, s'est soldée par la prise des identités et des photographies de chaque individu. Pour certaines personnes, elle s'est prolongée au-delà de 6h le lendemain matin. Les données rendues publiques par la Télévision suisse romande achèvent de démontrer la disproportion de cette nasse : 549 contrôles, 3 arrestations/auditions.

Ce qui s'est passé le 14 juin à Genève est grave, d'autant plus que la conseillère d'Etat socialiste Anne-Carole Kast a déclaré dans Le Temps le 15 juin: «A mes yeux, le dispositif de maintien de l'ordre a été proche de la perfection». La violence policière qui s'est exprimée dimanche 14 juin à Genève n'est pas un cas isolé, mais fait partie d'une lame de fond qui menace nos libertés et criminalise les mouvements sociaux. La récente décision du Grand Conseil bernois de vouloir interdire les groupes antifascistes en est un triste exemple.

Partout en Suisse, syndicats, associations de défense des droits humains et mouvements sociaux dénoncent des atteintes toujours plus nombreuses au droit de manifester: procédures d'autorisation pénibles, modifications de parcours de dernière minute, émoluments disproportionnés, dispositifs policiers menaçants, encerclements, nasses, recours croissant à la force, fichage et poursuites judiciaires.

Depuis octobre 2025, plusieurs manifestations en Suisse ont fait l'objet de mesures policières controversées : nasses, gaz lacrymogènes, canons à eau, tirs de balles et lourdes sanctions contre des organisateurs. Berne, Neuchâtel, Valais, Genève : les exemples de répressions policières se multiplient.

Il y a à peine un mois, la Suisse a encore été condamnée par la Cour européenne des droits de l'Homme pour avoir violé la liberté de réunion et d'association des suites d'une manifestation féministe.

Devant nous se dessine un schéma qui se répète et qui s'aggrave. Les autorités répondent à la colère légitime et à l'expression démocratique par la surveillance, l'intimidation et la répression. Les personnes se rendant à des manifestations sont a priori considérées comme dangereuses et sont soumises à une répression préventive. Les organisateurs·trices sont criminalisé·es.

Pour le SSP, l'usage de la force contre des manifestant·es, le recours à des armes contre des civils, les pratiques d'encerclement, de fichage et d'humiliation constituent des atteintes graves aux droits démocratiques fondamentaux. Le droit de s'opposer à des politiques antisociales, à des politiques de casse des services publics, à des logiques guerrières et de démantèlement de nos acquis est aujourd'hui mis en danger.

A travers cette répression dans la rue, ce sont aussi nos droits syndicaux sur nos lieux de travail qui sont visés.

Parce que la démocratie ne s'arrête pas aux urnes et qu'elle s'exerce aussi dans l'espace public et sur les lieux de travail, nous dénonçons la violence policière, appelons toutes celles et ceux qui ont à cœur la démocratie à s'insurger contre ces pratiques. Nous continuerons à nous mobiliser pour défendre le droit de s'organiser, de s'exprimer, de manifester et de lutter collectivement pour la justice sociale. Là où les autorités tenteront de nous faire taire, nous organiserons la résistance.

Enfin, le Syndicat des services publics soutient la demande de sa région Genève et de la Coalition NOG7, à savoir la démission de la Conseillère d'Etat Kast et celle du Procureur Jornot.

SSP-VPOD - Syndicat des Services Publics published this content on June 20, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on June 20, 2026 at 15:15 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]