04/07/2026 | News release | Distributed by Public on 04/08/2026 00:34
Trente-deux ans après le génocide contre les Tutsis au Rwanda, l'un des crimes les plus atroces du XXe siècle, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a qualifié mardi cette tragédie de « l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire de l'humanité », rappelant que « plus d'un million de personnes ont été tuées » en cent jours, en grande majorité des Tutsis, mais aussi des Hutus et d'autres opposants.
En l'espace de cent jours, « des familles entières ont été brutalement anéanties », a-t-il souligné.
Rendant hommage aux victimes et aux survivants, le chef de l'ONU a également reconnu « l'échec de la communauté internationale à répondre aux avertissements et à prendre des mesures immédiates pour sauver des vies ».
« Nous pleurons les victimes et honorons leur dignité perdue, tout en saluant les survivants, dont la résilience témoigne de la force de l'esprit humain ».
Pour António Guterres, la commémoration ne saurait se limiter au souvenir. « Il ne suffit pas de se souvenir des morts, nous devons tirer les leçons des échecs du passé et protéger les vivants », a-t-il insisté, appelant à « rejeter la haine, les discours incendiaires et l'incitation à la violence » et à renforcer la cohésion sociale.
Le Secrétaire général a exhorté tous les États à adhérer sans délai à la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide et à en assurer la pleine mise en œuvre. « L'ONU se tient aux côtés du peuple rwandais, et de tous ceux qui refusent de laisser notre avenir être pris en otage par la peur, la division ou le silence », a-t-il affirmé.
Concluant son message, il a plaidé pour un engagement renouvelé : « Que cette journée soit l'occasion de se souvenir, d'écouter et d'agir. Que l'histoire nous serve de leçon et que notre objectif soit de prévenir le génocide. »
De son côté, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a averti que « le génocide ne se produit pas du jour au lendemain, ni de manière aléatoire ».
Qualifiant l'inaction passée de « tache honteuse sur notre conscience », il a insisté sur l'obligation juridique fondamentale des États de prévenir les violations dès l'apparition de signes avant-coureurs. Parmi ces signaux figurent la discrimination systémique, la rhétorique déshumanisante et l'incitation à la haine.
Dans les contextes de conflit armé, il a rappelé que toutes les parties doivent respecter le droit international. Les États, a-t-il ajouté, doivent également cesser tout soutien susceptible de faciliter de graves violations du droit de la guerre.
« Les violations graves doivent être condamnées de manière cohérente et sans exception ; elles ne doivent jamais être ignorées ni acceptées comme une norme », a-t-il insisté.
Le Haut-Commissaire a enfin mis en garde contre des « signes horrifiants » observés dans plusieurs régions du monde, qui pourraient annoncer la commission de crimes d'atrocité.
Face à ces risques, il a souligné l'impératif de rendre justice lorsque de tels crimes se produisent, notamment par des enquêtes crédibles, la poursuite des responsables et un soutien accru aux survivants.
Alors que la Flamme de l'espoir « Kuebuka » continue de brûler au siège de l'ONU en mémoire des victimes, le message des Nations Unies est sans équivoque : le génocide peut être évité, à condition d'agir tôt, avec détermination, et de ne jamais tolérer la haine.