04/22/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/22/2026 07:56
Niamey - À la salle de simulation SONU de la Faculté des Sciences de la Santé de l'Université Abdou Moumouni de Niamey, conçue pour les Soins Obstétricaux et Néonataux d'Urgence, les futurs spécialistes s'entraînent à gérer les complications avant de faire face à la réalité du terrain. Parmi eux, la Dre Amina Garba Amadou, médecin en spécialisation et résidente en quatrième année de gynécologie-obstétrique, consacre plusieurs heures par semaine à s'exercer sur un mannequin néonatal. Cet outil reproduit des situations critiques et transforme concrètement son apprentissage. « Avec les mannequins, je peux répéter chaque geste jusqu'à le maîtriser, et cela me rend beaucoup plus sûre », dit elle.
Au Niger, ce dispositif intervient à un moment important pour le renforcement des soins. La pression sur les structures de santé maternelle reste importante, notamment à la maternité Issa Gazobi à Niamey, qui a enregistré 7 507 accouchements en 2019 et 8212 en 2025. Les césariennes y sont majoritaires, avec 5758 en 2025. Ce volume important reflète la pression exercée sur les équipes soignantes, qui doivent intervenir rapidement et efficacement souvent dans un contexte d'urgence.
Face à ces contraintes, la salle SONU offre une réponse concrète. Les étudiants et résidents y développent leurs compétences dans un environnement sécurisé, avant toute prise en charge réelle. Cette approche favorise une progression structurée et améliore la qualité des soins. Le matériel de simulation avancé, dont 78 mannequins, mis à disposition grâce à l'appui de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et au financement d'un partenaire majeur, permet de reproduire un large éventail de situations cliniques proches des réalités du terrain.
Les mannequins utilisés dans la salle SONU ne se limitent pas aux situations obstétricales. Ils permettent également de simuler des actes d'anesthésie, des procédures de réanimation et des scénarios d'urgences néonatales. Cette diversité d'exercices renforce la polyvalence des apprenants et leur capacité à intervenir dans différents contextes cliniques.
Pour le professeur Mady Nayama, directeur général de la maternité Issa Gazobi et professeur titulaire de gynécologie obstétrique, les effets sont visibles au quotidien. L'afflux constant de patientes impose des interventions rapides et coordonnées, nécessitant des équipes bien préparées. « La simulation a un impact direct sur l'apprentissage. Depuis l'introduction des mannequins, les performances des résidents se sont nettement renforcées », souligne t il.
Au sein de la maternité, la mortalité maternelle est passée de 1,87 % en 2019 à 1,47 % en 2025, tandis que la mortalité néonatale précoce a reculé de 7,98 % à 6 %. Ces résultats montrent des progrès concrets pour les mères et les nouveau nés, dans un contexte où les complications obstétricales demeurent un défi majeur.
L'OMS mise sur des outils de formation adaptés aux réalités du terrain tout en garantissant la sécurité des patientes. Avec un nombre d'étudiants croissant et des terrains de stage souvent saturés, de nouvelles approches pédagogiques s'imposent. La salle SONU offre un espace où les futurs professionnels peuvent s'exercer, consolider leurs acquis et gagner en assurance avant d'intégrer les services cliniques. La Dre Laouali Aissata Abdou, responsable du programme santé reproductive au Bureau de l'OMS au Niger, met en avant cet apport. « La salle SONU répond à un besoin réel en offrant un espace pédagogique où les étudiants peuvent pratiquer, réviser et consolider leurs acquis avant de rejoindre les services cliniques », explique t elle.
Pour les apprenants, la simulation dépasse largement le cadre théorique : elle renforce la précision, l'autonomie et la capacité à intervenir dans un environnement exigeant. Dre Amina Garba Amadou en témoigne : « Cela nous permet d'éviter certaines erreurs que nous pouvions commettre auprès des mères », dit elle. S'entraîner sans risque, analyser ses gestes et bénéficier d'un encadrement régulier favorise une progression continue. Les scénarios répétés autant que nécessaire leur permettent d'intervenir avec davantage de maîtrise en situation réelle.
Au fil de son parcours, Dre Amina voit dans la simulation un outil indispensable pour répondre aux exigences du terrain. Dans des maternités confrontées à des complications parfois complexes, un haut niveau de préparation est essentiel. Le dispositif SONU lui offre un cadre structuré pour affiner ses compétences et agir efficacement dans des situations susceptibles d'évoluer rapidement.
Lorsqu'elle évoque son avenir professionnel, elle met en avant l'évolution que ces heures d'entraînement lui ont apportée. Pour elle, la simulation représente une étape déterminante dans la construction de sa pratique et lui permet de se projeter avec sérénité dans son futur rôle. « La simulation m'aide à gagner en maturité dans ma pratique et à me projeter sereinement dans la suite du métier », dit elle.
Intégrée aujourd'hui au parcours de formation des futurs gynécologues obstétriciens, la salle SONU marque un tournant pour les soins maternels au Niger. Grâce à un appui ciblé et à un dispositif adapté, les apprenants acquièrent les compétences nécessaires pour accompagner les femmes et leurs nouveau nés dans les moments les plus critiques, contribuant ainsi à améliorer durablement la qualité des soins.
Chargée de communication
Bureau Régional de l'OMS pour l'Afrique
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Communications Officer
WHO Niger
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