08/17/2026 | Press release | Distributed by Public on 08/17/2026 02:45
Stress thermique
Les travailleurs agricoles, les assembleurs ainsi que les professions intermédiaires de la santé et les professionnels de l'enseignement figurent parmi les groupes professionnels exposés aux risques de mortalité les plus élevés liés aux fortes températures, selon un nouveau document de travail de l'OIT.
17 août 2026
Stress thermique lié au climat et mortalité professionnelle en Colombie
Document de travail de l'OIT 178
GENÈVE (OIT Infos) : Les températures élevées sont associées à une augmentation significative de la mortalité parmi les travailleurs en Colombie, certains groupes professionnels étant exposés à des risques nettement plus importants que d'autres, selon une nouvelle étude de l'Organisation internationale du Travail.
Le document de travail, Climate-Related Heat Stress and Occupational Mortality in Colombia (« Stress thermique lié au climat et mortalité professionnelle en Colombie »), combine les données de décès concernant les personnes âgées de 15 à 59 ans issues du système colombien de statistiques de l'état civil entre 2017 et 2021, les relevés de température des stations météorologiques et les données sur la population active. L'échantillon final couvre 297 municipalités, représentant environ 59 pour cent de la population colombienne.
Toutes professions confondues, des températures maximales mensuelles comprises entre 26 °C et 32 °C ont été associées à 0,04 décès supplémentaire pour 1 000 travailleurs, par rapport aux mois durant lesquels les températures maximales sont restées inférieures à 26 °C. Lorsque les températures dépassaient 32 °C, ce chiffre atteignait 0,09 décès supplémentaire pour 1 000 travailleurs.
Les résultats montrent que les travailleurs agricoles, les assembleurs, les professions intermédiaires de la santé et les professionnels de l'enseignement figurent parmi les groupes professionnels les plus touchés par les conséquences mortelles des températures élevées.
Les assembleurs présentent les taux estimés les plus élevés : des températures maximales mensuelles supérieures à 32 °C sont associées à 1,33 décès pour 1 000 travailleurs. Les estimations correspondantes sont de 0,40 décès pour 1 000 personnes exerçant une profession intermédiaire de la santé, de 0,26 parmi les travailleurs agricoles et de 0,21 parmi les professionnels de l'enseignement.
Les travailleurs des métiers de la métallurgie et de la construction mécanique, les conducteurs d'installations fixes et de machines, ainsi que les travailleurs exerçant des emplois à forte intensité de main-d'œuvre dans les industries extractives, la construction, l'industrie manufacturière et les transports sont également exposés à des risques de mortalité relativement élevés.
Les auteurs soulignent que les risques encourus par les travailleurs agricoles pourraient être sous-estimés, les stations météorologiques couvrant moins fréquemment les zones reculées et rurales où vivent et travaillent nombre d'entre eux.
L'étude montre que les hommes enregistrent généralement une mortalité plus élevée associée aux fortes températures. Toutes professions confondues, des températures supérieures à 32 °C sont associées à environ 0,12 décès pour 1 000 travailleurs masculins, soit plus du double du taux estimé pour les femmes.
Les résultats mettent toutefois également en évidence d'importantes différences selon les professions. Les femmes exerçant des professions intermédiaires de la santé sont particulièrement vulnérables : des températures supérieures à 32 °C sont associées à 0,48 décès pour 1 000 travailleuses. Les femmes représentent environ les deux tiers de l'emploi dans ce groupe professionnel.
Le document suggère que les différences liées aux conditions de travail, à la charge physique, à l'exposition en extérieur, à la ventilation sur le lieu de travail, à la chaleur générée par les processus de production et à l'utilisation d'équipements de protection individuelle peuvent toutes influencer la vulnérabilité des travailleurs.
L'étude appelle à renforcer les mesures de sécurité et de santé au travail, en particulier dans les professions où la mortalité liée à la chaleur est déjà élevée.
Parmi les mesures recommandées figurent l'évaluation des risques liés à la chaleur sur le lieu de travail, l'accès à l'eau potable, des pauses plus fréquentes, l'adaptation des horaires de travail, la mise à disposition de zones de repos fraîches et ventilées, des équipements de protection appropriés, la formation des travailleurs, des mesures d'acclimatation et un suivi régulier de la santé.
La participation des travailleurs et des employeurs dans le cadre du dialogue social est également essentielle pour identifier les risques et concevoir des réponses efficaces sur les lieux de travail.
Si le régime général d'assurance maladie de la Colombie couvre près de 99 pour cent de la population, seulement environ 53 pour cent de la population active était couverte par le système national de protection contre les risques professionnels en décembre 2024. De nombreux travailleurs, en particulier ceux qui exercent dans l'économie informelle, restent ainsi insuffisamment protégés contre les accidents du travail et les maladies professionnelles.
Le document de travail conclut que des recherches supplémentaires sont nécessaires, notamment sur les maladies liées à la chaleur et sur l'efficacité des mesures de prévention selon les différentes professions. Alors que le changement climatique accroît la fréquence et l'intensité des températures élevées, le renforcement de la prévention, de l'adaptation et de la protection sociale deviendra de plus en plus important pour protéger la santé des travailleurs.
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