06/26/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/26/2026 18:40
Washington. Le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la cinquième revue de l'accord quadriennal approuvé le 21 septembre 2023 au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) et a consenti à une augmentation de l'accès aux termes dudit accord. L'augmentation de 50 % de la quote-part (60,20 millions de DTS) porte l'accès total au titre de cet accord à 240 % de la quote-part (288,96 millions de DTS). L'achèvement de la cinquième revue et l'approbation de l'augmentation ouvrent la voie à un décaissement immédiat de 60,20 millions de DTS, ce qui porte le total du soutien financier accordé à ce jour par le FMI au titre de l'accord FEC à 180,60 millions de DTS. Le conseil d'administration a également achevé la première revue de l'accord au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), qu'il avait approuvé le 18 février 2026 pour un montant total de 90,30 millions de DTS, ce qui permet un décaissement de 16,42 millions de DTS.
Le Conseil d'administration a également conclu les consultations au titre de l'article IV pour l'année 2026 [1]. Les autorités ont consenti à la publication du rapport des services du FMI préparé pour ces consultations[2].
Les prix élevés de l'or, associés aux réformes menées dans le secteur minier, ont dynamisé l'activité économique au Burkina Faso en 2025. La croissance du PIB réel a atteint 5,3 %, tandis que l'inflation moyenne a reculé à -0,5 %, reflétant la baisse des prix des denrées alimentaires et de l'énergie. La vigueur des exportations d'or a aussi soutenu la position extérieure, qui est passée d'un déficit de 3,5 % du PIB en 2024 à un excédent de 6,3 % en 2025.
L'assainissement des finances publiques mis en œuvre a dépassé les attentes. Le déficit budgétaire global est passé de 5,8 % du PIB en 2024 à 1,8 % du PIB en 2025, alors que l'objectif fixé par le programme était de 4,0 %, ce qui permet aux pouvoirs publics de disposer d'une marge de manœuvre appréciable pour atténuer les chocs dans le contexte actuel d'instabilité mondiale et régionale.
Le programme mené dans le cadre de l'accord FEC a enregistré une solide performance. Tous les critères de réalisation quantitatifs et tous les objectifs indicatifs à l'exception de deux ont été respectés. Les autorités ont atteint tous les repères structurels et ont réalisé des progrès notables dans le cadre des efforts qu'elles mènent plus généralement à l'appui de la gestion des finances publiques et de la gouvernance. Les deux mesures de réforme prévues pour la première revue de l'accord au titre de la FRD ont été mises en œuvre, et l'avancement des futures mesures de réforme reste conforme au programme.
Des risques considérables de ralentissement pèsent toujours sur les perspectives macroéconomiques. Du fait de sa dépendance aux importations de produits pétroliers et d'engrais, le Burkina Faso reste exposé au choc des cours des matières premières engendré par le conflit au Moyen-Orient. Les perturbations de l'approvisionnement mondial, la hausse des prix du pétrole, du gaz et des engrais, la réduction des financements destinés à l'aide humanitaire et l'aggravation des risques en matière de sécurité assombrissent les perspectives à court terme. Ainsi, les mesures de politique économique convenues en appui de l'augmentation approuvée au titre de l'accord FEC ont pour objectif de garantir que les ressources supplémentaires apportées par le FMI contribuent à atténuer les répercussions socioéconomiques du choc, tout en maintenant la dynamique de réforme afin de favoriser la viabilité budgétaire.
À l'issue de la réunion du conseil d'administration, M. Kenji Okamura, directeur général adjoint et président par intérim, a fait la déclaration suivante :
« L'économie du Burkina Faso demeure résiliente malgré des pressions sur le plan sécuritaire et humanitaire. Des politiques économiques prudentes ont contribué à dégager des marges de manœuvre budgétaires, à soutenir la croissance, à maîtriser l'inflation et à maintenir la viabilité de la dette publique.
« Le programme des autorités soutenu par l'accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) demeure solidement sur une bonne trajectoire. Elles ont fait progresser des réformes visant à renforcer la gouvernance et la mobilisation des recettes intérieures, tout en promouvant les investissements stratégiques et les filets de protection sociale. L'augmentation de l'accès aux termes de l'accord au titre de la FEC aidera à compenser les chocs sur l'approvisionnement en engrais et en énergie liés à la guerre au Moyen-Orient.
« Le rééquilibrage des finances publiques demeure essentiel pour préserver la stabilité macroéconomique. Afin de rendre la croissance plus inclusive, les subventions à l'énergie devraient être ciblées et temporaires, tandis que les dépenses dans la santé, l'éducation et la protection sociale devraient être protégées et priorisées dans le cadre de programmes pluriannuels. La poursuite des gains d'efficacité dans l'investissement public, conjuguée à une mise en œuvre résolue du plan d'action dans le domaine de la gouvernance, soutiendra la réalisation des objectifs de développement des autorités. Il sera primordial d'améliorer l'environnement des affaires et de limiter l'exposition à la volatilité des cours des matières premières pour favoriser durablement une croissance largement partagée.
« Les autorités ont également achevé les réformes prévues en vertu de l'accord au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) : adoption d'une stratégie nationale de financement des risques de catastrophe et publication de cartes des dangers et des risques climatiques. La poursuite de la mise en œuvre du programme de réformes soutenu par l'accord au titre de la FRD contribuera à réduire les risques climatiques et à mobiliser des investissements en vue de renforcer la résilience. »
Évaluation par le conseil d'administration [3]
Les administrateurs souscrivent à l'orientation générale de l'évaluation effectuée par les services du FMI. Ils saluent les résultats économiques solides et le rééquilibrage notable des finances publiques enregistrés en 2025, soutenus par le boom des prix de l'or et par la mise en œuvre résolue, par les autorités burkinabè, des programmes appuyés par le Fonds. Les administrateurs notent toutefois que la situation sécuritaire et humanitaire difficile s'est aggravée sous l'effet des chocs sur l'approvisionnement en engrais et en énergie liés à la guerre au Moyen-Orient, de l'insécurité régionale et de la baisse de l'aide humanitaire. Dans ce contexte, ils invitent les autorités à poursuivre le rééquilibrage des finances publiques à moyen terme ainsi que la mise en œuvre des réformes en matière de gouvernance et de transparence afin de soutenir la résilience macroéconomique, de mobiliser des financements supplémentaires ainsi que de favoriser une croissance inclusive et la diversification.
Les administrateurs conviennent qu'un assouplissement temporaire de l'orientation budgétaire est justifié afin d'amortir les effets des récents chocs extérieurs, tout en restant fermement attachés à la convergence à moyen terme vers le critère de déficit fixé par l'UEMOA, afin de préserver la viabilité de la dette. Ils soulignent la nécessité de renforcer encore la mobilisation des recettes intérieures et de maintenir des pratiques rigoureuses en matière de transparence, de passation des marchés et de reddition de comptes dans l'utilisation des ressources destinées à faire face à la crise. Les administrateurs insistent également sur l'importance d'élaborer des plans d'urgence et de rationaliser les dépenses face au choc des cours des matières premières, notamment afin de veiller à ce que les subventions à l'énergie soient ciblées et temporaires et que des marges de manœuvre budgétaires suffisantes soient préservées pour les dépenses sociales et de développement prioritaires. Ils recommandent de renforcer la gestion de la dette et d'adopter une approche prudente à l'égard des emprunts extérieurs privilégiant les financements concessionnels. Les administrateurs encouragent aussi les autorités à adopter un cadre budgétaire contracyclique afin de protéger la politique budgétaire de la volatilité des prix de l'or.
Les administrateurs appellent de leurs vœux la poursuite de la mise en œuvre des réformes structurelles afin de favoriser une croissance inclusive et la diversification, ainsi que de renforcer la résilience climatique. Ils accueillent avec satisfaction les progrès réalisés s'agissant des réformes de la protection sociale et, récemment, de la gouvernance, et soulignent que des avancées résolues, en particulier dans la mise en œuvre des recommandations issues du rapport sur l'évaluation diagnostique de la gouvernance - malgré l'absence de sa publication - sont essentielles pour renforcer la crédibilité des réformes. Les administrateurs recommandent de renforcer la supervision bancaire, de remédier aux problèmes en matière de qualité des actifs et de réduire les liens d'interdépendance entre les banques et l'État, parallèlement aux efforts visant à soutenir la reprise du crédit et à améliorer l'inclusion financière. Ils se félicitent des progrès accomplis dans le renforcement de la résilience climatique et attendent avec intérêt la poursuite des efforts dans ce domaine.
Les prochaines consultations au titre de l'article IV avec le Burkina Faso devraient se tenir conformément à la décision du conseil d'administration relative au cycle des consultations avec les pays membres ayant conclu des accords avec le FMI.
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Tableau 1. Burkina Faso : principaux indicateurs économiques et financiers, 2023-30
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[1] Conformément à l'article IV de ses statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses pays membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du conseil d'administration.
[2] Conformément aux Statuts du FMI, la publication des documents qui ont trait aux pays membres est facultative et nécessite l'approbation de l'État membre. Le rapport des services du FMI sera publié prochainement sur la page www.imf.org/en/countries/bfa.
[3] À l'issue des délibérations, la Directrice générale, en qualité de présidente du conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. Une explication des termes utilisés dans ledit résumé se trouve ici : https://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm.