04/02/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/02/2026 08:47
Le 27 mars, un journaliste tunisien a été condamné à deux ans de prison par le tribunal de première instance de Tunis pour sa gestion présumée d'une page Facebook qui aurait diffusé des informations considérées comme fausses par les autorités. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) dénonce une nouvelle atteinte à la liberté de la presse et demande la levée immédiate de la condamnation pesant sur Ghassen Ben Khelifa.
Photo facebook. DR
Ghassen Ben Khelifa, rédacteur en chef du journal Inhiyez, est poursuivi en vertu du décret-loi 54, relatif à la lutte contre les fausses informations et les rumeurs en ligne. Il est accusé d'avoir géré une page Facebook ayant diffusé des contenus jugés mensongers et portant atteinte à la sécurité publique, dans une affaire remontant à plus de trois ans.
Sur sa page Facebook, le journaliste a contesté fermement ces accusations, nié toute responsabilité dans la gestion de cette page et rejeté l'ensemble des faits qui lui sont imputés.
Depuis l'adoption du décret-loi 54, les journalistes tunisiens sont confrontés à une pressionaccrue qui menace leurs droits et la liberté de la presse. Ce décret-loi, qui rend possible la criminalisation de toute déclaration publique qui ne plairait pas au pouvoir en place, est contesté ainsi par tous les journalistes tunisiens et par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), affiliée à la FIJ.
Le SNJT a condamné la décision du tribunal dans un communiquéet dénonce la construction du dossier de Ghassen Ben Khelifa sur la base de «rapports techniques incomplets et mal étayés», constituant ainsi« une violation flagrante de la présomption d'innocence, du droit à la défense et des garanties d'un procès équitable».
La FIJ exprime sa solidarité envers Ben Khelifa et tous les professionnel.les des médias en Tunisie qui font face à une répression accrue du pouvoir. Elle appelle les autorités tunisiennes à mettre fin aux pressions judiciaires exercées à l'encontre des journalistes et à lever immédiatement la condamnation pesant sur Ghassen Ben Khelifa.